Samedi
(Gallimard, 2006, 349 pages)
Ce roman relate les événements d'une journée dans la vie
d'Henry Perowne, neurochirurgien londonien. Le samedi en question est celui du 15
février 2003, date de la manifestation monstre contre l'imminente guerre en
Irak à Londres. Un banal incident routier tôt dans la journée
met Henry Perowne en confrontation avec un jeune révolté, Baxter,
confrontation qui aura son dénouement final dans les dernières heures
de la journée.
Le sujet de prédilection de Ian McEwan est réputé être
l'examination des effets d'un événement sur la vie de ses
protagonistes. Dans ce roman, l'événement catalyseur est l'attentat
du 11 septembre, et les sentiments de peur, d'insécurité, de revanche
qu'il a engendré. La caractérisation de Henry est très fine :
ses sentiments face à la guerre en Irak, sa relation avec ses enfants, sa
femme et sa mère, le vieillissement, la rationalisation versus
l'imagination, sont explorés de façon réaliste et sensible. Le motif
principal est celui de la réaction d'un humain face à la terreur,
tant au niveau mondial qu'au niveau plus personnel.
C'est un très bon roman, l'écriture est peut-être un peu sobre,
mais reflète parfaitement l'idée qu'on se ferait du cheminement de
pensée d'un neurochirurgien expérimenté habitué au
calme et au détachement. J'ai trouvé que la présentation des
enfants d'Henry était peut-être un peu idéalisée, mais
cela aussi reflète plausiblement l'état d'esprit d'un papa aimant et
fier.
Note : 4/5
(Venusia)
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