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Ian McEwan

Les chiens noirs
(Gallimard, 1994, 196 pages)

Les murs.

Première oeuvre de Ian McEwan que je lis, alors que je l'ai dans ma bibliothèque depuis très longtemps.

Jeremy est orphelin, il vit (enfin si l'on peut appeler cela vivre) avec sa soeur, son beau-frère et sa petite nièce. Vu la chaleureuse ambiance familiale, il emprunte les familles de ses amis et il a ses préférences et ses habitudes. Mais plus tard tout ces gens-là ont disparu de sa vie. Puis à plus de trente ans, vient le temps du mariage. Ainsi se termine un long prologue qui donne certaines clefs pour l'avenir.

Plusieurs années après, Jeremy, fasciné par la personnalité de sa belle-mère et son parcours personnel, lui fait égrener son passé, alors qu'elle lutte contre la mort dans une maison de retraite. Il pense écrire des chroniques et souvenirs de June, ce qui n'est pas du goût de tout le monde dans la famille.

Elle évoque son mariage, à la fin de la guerre, leur engagement à Bernard et elle dans les mouvements communistes, leur voyage de noces. Et aussi dans le sud de la France, la vue de chiens noirs, puis leurs premières disputes. June devient plus tard mystique, et retourne seule vivre dans le Larzac. A sa mort, Jeremy tente encore de percer le secret de ce couple, si amoureux, puis si opposé. Il ne lui reste plus qu'à obtenir les confidences de Bernard. Il essayera de lui parler de la fin de leur engagement politique, dans une scène que symboliquement l'auteur situera au pied du mur de Berlin pendant sa chute.

Jeremy, pour lui, c'est la quête de ses parents qu'il effectue par belle-famille interposée. June et Bernard, les beaux-parents, surtout June qui le fascine et qu'il sera un des derniers à aller voir avant sa mort, sont pour lui une source d'interrogations. Plus tard il connaîtra mieux Bernard, mais il ne percera toujours pas les mystères de leur vie, mais il connaîtra ce qui semble être l'histoire et le symbolisme des chiens noirs.

C'est bien écrit, l'histoire suit la réalité de certains militants communistes, ayant petit à petit perdu leurs illusions, et pour qui l'invasion de la Hongrie sera le coup de grâce et les purges dans certains pays socialistes, une ombre sur leurs idéaux.

Malgré tout il me manque un petit quelque chose pour dire que j'ai beaucoup aimé ce livre et ses personnages.

Extraits :

"Le doute ne m'a jamais effleuré; à un certain niveau on reste orphelin toute sa vie."

"Ces parents ne plaisaient-ils pour la simple raison qu'il n'étaient pas les miens?"

"Elle m'a dit qu'elle t'avait toujours aimé. Tu m'as dit la même chose. Comment avez-vous pu perdre tant de temps, et celui de tout le monde, et celui de vos enfants..."

Note : 3.5/5
(Eireann)








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