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Ian McEwan

Amsterdam
(Gallimard/folio, 2002, 252 pages)

Amsterdam est l'histoire de deux amis: Clive Linley, compositeur célèbre et Vernon Halliday rédacteur en chef d'un quotidien londonnien qui se retrouvent à l'enterrement de leur ancienne maîtresse Molly, qui a perdu peu à peu la tête avant de mourir. Clive et Vernon discutent de la lente désintégration de Molly et confrontent leurs propres jours de décrépitude inéluctable. Convaincus que Molly aurait préféré une fin plus subite et digne, les deux font un pacte d'euthanasie lorsque le temps viendra, un arrangement qui croient-ils honorera leur amitié, amour et confiance. Mais au cours des semaines suivantes ils vont se trouver liés malgré eux par une sombre affaire de moeurs qui les ébranlera et qui amènera conflit et la fin de leur amitié et les premiers pas sur le sentier du meurtre.

Ian McEwan révèle la personnalité de ces hommes occupés à défendre leurs situations et n'hésitant pas à piétiner les valeurs morales, Clive au nom de son art et Vernon afin d'augmenter les chiffres de diffusion de son journal.

C'est un roman qui s'apparente à une farce macabre, une intrigue diabolique et qui révèle la noirceur des âmes, personnalités rongées par l'égoïsme et le cynisme qui est le trait qui prend le dessus. L'auteur a l'art de l'ironie et de l'humour corrosif très britannique.

Au début j'avais la vague impression de nager à contre-courant lors des 30 premières pages mais tout à coup s'en trop le réaliser j'étais totalement emportée dans le récit et j'admirais l'écriture laconique et pleine d'esprit de l'auteur ainsi que les personnages opportunistes, égocentriques et moralement indécis.

Le livre révèle le conflit des gens qui ont soit trouvé ou se sont placés dans des dilemnes moraux et cela engage le lecteur à contempler nos valeurs contemporaines et ce que sont devenues notre morale et éthique à la fin du 20e siècle. Une lecture agréable mais un peu complexe.

Note : 4/5
(Sereine)
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Lauréat du Booker Prize en 1998, "Amsterdam" est en apparence une histoire d'amitié, en Angleterre juste avant l'an 2000. Clive et Vernon ont partagé le lit de Molly chacun leur tour, et en sont restés liés et avec elle, et entre eux. Sa mort les entraînera dans une discorde profonde, les amenant tous deux au délire et à un acte extrême.

C'est une oeuvre profonde, à découvrir par-delà l'histoire. Chacun des deux héros oblitérera la réalité pour se réfugier dans la justification de leurs actes, immoraux différemment mais tout aussi condamnables.

Le style ne m'a pas embarquée, ça reste froid et longuement descriptif. Cependant une fois terminé, c'est un livre qui marque et qui amène à s'interroger sur ce qu'on pense de ce qui s'est passé. A chaud j'en retiens surtout la fragilité des liens d'amitié, qui au premier désaccord, fût-il profond, explosent et dégénèrent...

Note : 3.5/5
(Cuné)
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C'est l'histoire d'amis de trente ans... J'imagine que vous connaissez la suite! Voilà, en gros, la base de ce livre. Je l'ai globalement apprécié; c'est bien écrit, l'intrigue est maîtrisée et bien menée, les personnages sont plus vrais que nature sans être caricaturaux, on a envie de savoir comment cela va finir... Cependant, ce roman m'a paru victime de longueurs pas toujours utiles, même a posteriori. Toutefois, je suis très vite entrée dans l'histoire et j'ai suivi avec fascination l'évolution de cette amitié, complètement pourrie par les ambitions personnelles des deux personnages principaux. La critique d'une certaine tranche de la société, mais aussi de notre époque, est pleine de justesse et l'histoire est plus profonde que la présentation lapidaire que j'en fais dans les premières lignes.

Ce pourrait être une histoire vraiment intéressante, d'autant plus que McEwan s'y entend pour dépouiller sans pitié les âmes de chacun, mettant à nu les bassesses, les ambitions dévorantes, le cynisme et autres aspects peu sympathiques, s'il n'y avait pas cette fin que, malheureusement, je ne peux que qualifier de grotesque. On la devine quelques chapitres à l'avance mais, jusqu'au bout, j'étais persuadée que l'auteur ne ferait pas une telle erreur! Je n'en reviens pas qu'il ait osé saboter un tel roman. Cela ne m'empêche pas d'être toujours très intéressée pour lire d'autres titres de cet écrivain. Le prochain sur la liste étant "Le jardin de ciment" et j'ai également en ligne de mire "Délire d'amour" (même si le titre n'est pas très inspirant...).

(Flo)

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