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Cormac McCarthy

De si jolis chevaux
(Editions Du Seuil/Points, 1998, 337 pages)

Fin des années quarante, deux jeunes garçons de 16 ans John Grady Cole et Lacey Rawlins quittent (avec leurs chevaux) leurs familles et le Texas (San Angelo) en espérant trouver au Mexique une vie de vrais cowboys. En chemin un autre jeune fugitif, Jimmy Blevins, se joint à eux, qui fera malgré lui leur malheur à tous. Entre temps John et Lacey se font engager dans une hacienda et là ils mènent la vie qu'ils rêvaient. Mais il semble que John soit doué pour courir après les problèmes, il fait les yeux doux à la fille unique du propriétaire, un riche descendant d'une famille espagnole.

Un thème très intéressant soulevé par Cormac McCarthy : Deux adolescents refusent la vie du Texas moderne des années presque cinquante. Ils tentent alors de trouver au Mexique la vie qu'ont vécue leurs grands-pères.

Ça faisait bien longtemps que je n'avais été prise à ce point dans un roman. Et enfin un roman avec un super héros, jeune, très fort, très calé en matière de chevaux et qui a su séduire la plus belle et la plus riche fille du domaine. Rien que ça direz-vous mais voilà quel changement d'avec les personnages de la littérature francophone des dernières années - le portrait type qu'on voit partout: l'homme ou la femme de 40 ans qui soudain réalise qu'il ou qu'elle a râté sa vie, qu'il ou qu'elle n'est pas heureux (se) et qui remet tout en question en se posant une tonne de questions sans trouver de réponse. Ici on est fort éloigné de tout ça, John vit des aventures palpitantes, sa vie est constamment en danger mais il s'en sort car il est le plus fort, et on embarque à fond, et on l'aime passionnément ce jeune héros! Malgré ce que j'en dis ne vous y trompez pas, ce n'est pas un roman à l'eau de rose, l'auteur a du style, un style rigoureux d'ailleurs qui déconcerte au départ, aussi j'ai dû chercher plusieurs mots dans le dictionnaire. On regrette d'être obligé de dévorer ce roman (tellement il est prenant) car il mérite et exige d'être savouré; il faut alors le lire deux fois. Mais il y a bien un défaut: il y a plusieurs passages en espagnol qui ne sont pas traduits, quoique souvent on devine le sens.

Si vous aimez les romans d'aventures, les chevaux, le Mexique de la fin des années 40 où la vie est rude et impitoyable alors ce roman est aussi pour vous.

Un extrait :

"Il pensait que dans la beauté du monde il y avait un secret qui était caché. Il pensait que pour que batte le coeur du monde il y avait un prix terrible à payer et que la souffrance du monde et sa beauté évoluaient l'une par rapport à l'autre selon des principes de justice divergents et que dans cet abyssal déficit le sang des multitudes pourrait être le prix finalement exigé pour la vision d'une seule fleur."

Je le suggère très très fortement!

Note : 5/5
(Mousseline)

p.s. Ce roman, qui a remporté le National Book Award en 1992, est le premier tome d'une trilogie, la trilogie du confin.

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