Stevenson sous les palmiers
(Actes Sud, 2005, 87 pages)
Ce petit roman de 88 pages est magnifique. On y raconte les derniers jours de la
vie du célèbre auteur du Dr Jekyll et Mr. Hyde. Alberto Manguel a eu la
brillante idée de montrer que, dans la vie même de Stevenson, le mal et le bien
sont intimement liés. Accusé de meurtre à cause des manigances d'un
missionnaire, l'auteur devra quitter son île indonésienne, mais comme il est
déjà très malade, il mourra avant.
Manguel a joué habilement avec la biographie de Stevenson et la fiction en
plongeant cet auteur dans l'univers de son oeuvre. À cause des événements, la
foudre de la population s'abat sur cet émigrant écossais installé dans l'une des
îles Samoas. Bref, Manguel a eu une idée de génie.
Note : 4,7/5
(Polo)
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Le roman nous raconte les dernières semaines de la vie de Robert Louis Stevenson,
l'auteur de Robinson Crusoé, entre autres. L'écrivain écossais habitait
alors les îles Samoa, dans le Pacifique sud. À l'époque, de nombreux
missionnaires parcouraient les îles de cette région pour convertir les autochtones
et les libérer du péché, entre autres de la luxure. Tout ça à
cause d'un mode de vie très différent des britanniques puritains de
l'époque.
Dans le roman (je ne sais pas s'il s'agit d'une fiction ou si l'histoire est basée sur
des faits réels...) Stevenson, malade et sur le point de mourir est accusé du
meurtre et du viol d'une jeune fille ainsi que d'avoir allumé un feu qui a ravagé
tout un village. Selon la légende, son esprit, avide de désir pour les membres
de la communauté, aurait pris possession de son âme et son fantôme aurait
perpétré tous les crimes. C'est donc ce récit auquel on a droit.
Je suis assez embêtée de noter ce court roman. Le début m'a semblé
bien nébuleux et j'avais parfois de la difficulté à rester
concentrée sur l'histoire. Par contre, la finale m'a beaucoup plu. Manguel a aussi
très bien su rendre l'atmosphère des lieux et de l'époque. Donc c'est un
roman qui est intéressant, sans toutefois être un grand
chef-d'oeuvre.
Note : 3,25/5
(Frisette)
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Alberto Manguel, auteur de naissance argentinien, naturalisé canadien, grand
voyageur mais surtout spécialiste de l'histoire de la lecture, ce qui n'est
pas la même chose que l'histoire de la littérature. Dans ce livre il
raconte en fiction les derniers jours de Robert Louis Stevenson.
Dans cette fiction de Manguel, Stevenson qui séjourne à l'île Samoa,
tuberculeux au stade avancé, rencontre un autre Écossais, sorte de
prédicateur noir, qui pourrait être son alter ego. (Le lecteur averti
pense spontanément à "Dr. Jekill et Mr. Hyde" de Stevenson).
Stevenson est admiré à l'île pour ses histoires
imaginées, que les autochtones considèrent comme réelles. Mais en
même temps Stevenson, étranger à l'île, n'y est pas
intégré et par là il est porteur de malheur (déjà sa
maladie). Les fantaisies de malheur qui viennent dans la tête de Stevenson
fiévreux par la tuberculose, sont aussi des faits réels sur l'île:
rapt, meurtre, incendie. C'est l'alter ego qui a réalisé tout ce que
Stevenson a imaginé. Stevenson crachant du sang, dans une
sorte de délire - alcool ou fièvre? - en tout cas de plus en plus
fiévreux, excité, s'éteint d'un coup.
L'histoire est présentée comme un roman, mais les quelques
détails biographiques et la vivacité du récit donnent
l'impression d'assister réellement aux derniers jours de Stevenson. Le livre
en tant que tel est une curiosité pour celui qui connaît un peu cet auteur
écossais de la deuxième moitié du 19e siècle. Mais le livre
est aussi une invitation à réfléchir sur la relation entre
la fiction et la réalité, relation qui concerne aussi bien le
lecteur que l'écrivain. J'ai pris avec plaisir connaissance de cet auteur
Manguel, dont je connaisssais le nom par les rats (par le livre du mois de juin
2007).
Note : 4/5
(Gallomaniac)
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