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David Lodge

Thérapie
(Rivages, 1998, 512 pages)

Lawrence Passmore, écrivian et scénariste, a mal à un genou. Cette douleur finit par prendre de telles proportions dans sa tête que sa vie s'en trouve bouleversée, tout comme sa vision du monde et des autres.

Ce que j'ai apprécié dans cet ouvrage, c'est cette forme d'autodérision maniée avec talent par David Lodge (dont j'aime beaucoup l'humour) via son personnage de Lawrence Passmore. On sent la moquerie pour certains de ses pairs dans tout ça, mais aussi de lui-même, d'une forme de narcissisme qui nous atteint tous un jour ou l'autre. Il est si facile de jeter un regard condescendant sur certaines catégories de la population, sur le monde des médias, sur les destinations touristiques bidochons; c'est assez vaniteux et témoigne assez bien à mes yeux de cet état d'esprit qui anime le narrateur mais aussi une bonne partie du lectorat, il ne faut pas s'en cacher!

Le portrait dressé de cette société peut paraître désabusé, caricatural, voire pessimiste; il me semble plutôt réaliste et nous oblige à regarder en nous, sans forcément nous remettre en question (je ne pense pas que cela soit un des buts recherchés dans ce livre).

D'ailleurs, David Lodge le sait, le sent, car dès qu'il est question d'aborder plus en détails nos travers, il le fait avec humour, nous offrant ainsi une porte de sortie pour éviter d'avoir à trop se regarder en face. Je pense par exemple à ces passages consacrés à l'hôpital public et l'opération du genou effectuée dans le public plutôt que dans le privé pour des questions de rapidité (un passe-droit et rien d'autre!). Tout est présenté avec férocité et le narrateur donne l'impression qu'il se retrouve dans une prison, voire un mouroir organisé, alors que la plupart des hôpitaux sont exactement comme cela. C'est toute la subtilité de nous faire voir les choses comme on aime les voir et de nous faire glisser en douceur vers l'absurdité de cette volonté d'aveuglement à tout prix que nous pratiquons.

Bref, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman caustique, même si je lui reproche certaines longueurs et ai éprouvé par moments une sorte de lassitude pour ce personnage si peu empathique de Passmore.

Note : 3,5/5
(Sahkti)
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Lawrence Passmore, a une belle vie : il est le créateur d'une sitcom à succès, il gagne beaucoup d'argent, sa femme est belle et désirable. Il jouit donc d'une certaine réussite sociale et affective et pourtant... Il a cinquante-huit ans, son physique s'est singulièrement dégradé, il souffre de maux récurrents, dont une douleur au genou inexpliquée, qui l'amènent à consulter toutes sortes de médecins et avoir recours à des thérapies parfois fantaisistes pour résoudre ses problèmes et juguler sa dépression.

Lawrence Passmore est un personnage pour lequel on oscille sans cesse entre sympathie et agacement. Il manie l'humour et l'autodérision avec talent, il analyse son comportement et celui de ses proches lucidement mais soudain le voilà parti dans un autisme affectif qui le rend sourd et aveugle à tout ce qui n'est pas lui et ses bobos.

On le voit compliquer sa vie à plaisir, accumuler les bourdes et partir sur des chemins hasardeux pour rééquilibrer son existence qu'il vient inconsciemment de démolir.

Lawrence Passmore c'est un peu nous tous, gens d'âge mûr, devant supporter le poids des ans et renoncer à notre jeunesse, et c'est pour cela qu'on lui accorde beaucoup d'indulgence, surtout qu'il nous fait rire et dénonce adroitement au passage certains aspects de notre société.

Je ne sais pas si ce livre peut plaire à tous, sans doute pas, mais moi il m'a bien amusée et j'ai pardonné à Lawrence Passmore toutes ses incohérences.

Un petit extrait pour vous faire apprécier l'écriture de David Lodge.

(Le héros assiste à un tournage avec public d'un épisode de sa série télévisée)

"Les gens qui s'inscrivent pour avoir des entrées sont en général des fans, et on peut compter sur eux pour éclater de rire aux bons moments, mais comme les billets sont gratuits, le risque n'est pas exclu que certains ne viennent pas. Pour être sûr de remplir les fauteuils, Heartland s'appuie au maximum sur des groupes organisés, comités d'entreprise et autres associations, intéressés par une soirée de spectacle à bon compte, qui débarquent d'un car leurs brebis de sorte qu'elles ne peuvent plus s'échapper. Cela donne parfois une cargaison de spectateurs sortis d'une maison de retraite et trop gagas pour suivre l'intrigue, trop sourds pour saisir le dialogue ou trop bigleux pour voir l'image sur les moniteurs, et une fois nous avons eu un groupe de Japonais qui ne possédaient pas un mot d'anglais à eux tous et ont souri poliment dans un silence de plomb de bout en bout".

(Zeta_b)







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