Etoile errante
(Gallimard/folio, 1994, 349 pages)
Sujet : Comment deux adolescentes font l'apprentissage de LEUR vie, et de ce qu'elle peuvent en
comprendre.
Résumé: "Pendant l'été 1943, dans un petit village de
l'arrière pays niçois transformé en ghetto par les occupants italiens,
Esther découvre ce que peut signifier être juif en temps de guerre: adolescente
jusqu'alors sereine, elle va connaître la peur, l'humiliation, la fuite à travers
les montagnes, la mort de son père.
Une fois la guerre terminée, Esther décide avec sa mère de rejoindre le
jeune état d'Israël. Mais la Terre Promise ne lui apportera pas la paix: c'est en
arrivant qu'elle fait la rencontre, fugitive, de Nejma, qui quitte son pays avec les colonnes
de Palestiniens en direction de camps de réfugiés.
Esther et Nejma ne se rencontreront plus. Elles n'auront échangé qu'un regard et
leur nom. Mais dans leurs exils respectifs, elles ne cesseront plus de penser l'une à
l'autre. On retrouve le voyage vers la conscience de soi; tant que le mal existera, tant que
les enfants continueront d'être captifs de la guerre, tant que l'idée de la
nécessité de la guerre ne sera pas rejettée, Esther et Nejma resteront des
étoiles errantes."
Mon avis: Esther est juive, et découvre la misère de la fuite.
Nejma est palestinienne, et découvre la misère de la misère, celle qui
traîte identiquement l'humain et l'animal.
C'est le roman d'un humaniste, sensible et universel: il ressent tout et nous donne tout.
Et quelle écriture somptueuse!
Note : 5/5 (et je ne suis pas appointé par Gallimard!)
(Nimbus)
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