Apocalypse
(Desjonquères, 2002, 192 pages)
Ce commentaire de l'Apocalypse est une publication posthume. Elle n'a
été traduite en français qu'en 1978. Il faut évidemment
avoir lu (ou relu) le texte biblique avant ce commentaire.
Lawrence développe plusieurs thèses dans son livre. Il soutient que
ce livre biblique a été écrit par plusieurs mains, selon les
différents styles et contenus qui en composent les parties. Entre autres, de
grosses parts de l'Apocalypse renvoient à des rites et mythes païens
préchrétiens. Les différents auteurs ont tenté de
gommer ces origines en "christianisant" le texte, mais certaines sections sont
demeurées presque intactes. Ne connaissant que peu de choses aux tribus
méditerranéennes du début de notre ère, je ne peux
juger si l'argument est fondé ou non. Une autre thèse
intéressante avancée par l'auteur est la distinction du style de ce
livre de celui de reste du Nouveau testament. Les évangiles servent
à illustrer le nouveau message de Dieu, un message d'amour,
d'abnégation et de pardon, très différent du message de
vengeance, de colère et de punitions de l'Ancien testament. Lawrence
qualifie les valeurs des évangiles d'aristocratiques, car elles
requièrent une distinction, une élévation au-dessus de la
masse. Selon lui, l'Apocalypse prône plutôt des valeurs des masses : la
destruction du pouvoir et de la richesse. Les masses veulent
généralement s'attaquer aux dominants de leurs sociétés,
par colère ou envie, et l'Apocalypse met en scène ce fantasme
à une échelle plus grande.
Ce livre contient des idées intéressantes, mais comme les discussions
bibliques ne sont plus très populaires dans mon milieu, je n'y ai pas
trouvé énormément d'intérêt, à part les
quelques idées mentionnées plus haut.
Note : 2,5/5
(le réaliste-romantique)
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