Le chant de Dolorès
(Belfond, 2000, 655 pages)
Etymologiquement parlant "Dolorès" est à rapprocher de "douleur" et on peut
facilement dire que l'héroïne principale du roman porte sa croix. Le frère
cadet de Dolorès Price, Anthony Junior, meurt à la naissance. Ce malheur accentue
la désunion de ses parents, Tony et Bernice. Son père quitte la maison lorsque
Dolorès a onze ans, sa mère est victime d'une importante dépression
nerveuse et Dolorès s'installe donc chez sa grand-mère maternelle. Elle compense
alors son mal d'être en se repliant sur elle-même, en se gavant de sucreries et en
passant des heures et des heures à regarder les feuilletons
télévisés. Dolorès a treize ans quand elle est violée par
Jack Speight, le locataire de sa grand-mère. Ses problèmes de poids s'amplifient
et la pauvre jeune fille devient obèse. Sa scolarité est un peu chaotique parce
que bien qu'elle soit sérieuse dans son travail, les relations qu'elle a avec les autres
élèves perturbent beaucoup ses résultats. Cependant, sur les conseils de
l'orienteur scolaire, Monsieur Pucci, Dolorès s'inscrit à l'université. Sa
compagne de chambre à l'université, Kippy, lui mène la vie dure, Dolorès
en veut à la terre entière et décide d'arrêter ses études
pour aller voir les baleines de Cape Cod. Elle affectionne particulièrement cet animal
car elle trouve qu'elle a elle-même une apparence de baleine.
Après une tentative de suicide et des années de thérapie auprès du
docteur Shaw, Dolorès va mieux et est devenue mince. Elle retrouve Dante, l'ancien petit
ami de Kippy dont elle était secrètement amoureuse. Mais, après quelques
mois d'apparent bonheur, la vie de Dolorès redevient une succession de malheurs. Est-ce
que Dolorès finira par avoir une chance?
Ce roman semble être "noir", pessimiste et pourtant il est seulement émouvant. Il
y est beaucoup question de psychologie, de relations humaines. La sexualité y joue un
grand rôle. Il y est question de viol, de naissance, d'avortement, de contraception, de
masturbation, d'homosexualité, de SIDA, de fivette, etc. Malgré les 604 pages,
pas une ligne n'ennuie.
Note : 5/5
(Bernie)
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J'ai lu Le chant de Dolorès et j'ai beaucoup aimé.
Comme c'est une traduction, je peux difficilement qualifier l'écriture autrement que
comme "agréable", mais l'histoire, surtout, m'a ravie et surprise. En gros, c'est
l'histoire d'une fille obèse, pleine de défauts. Ça fait changement des
belles blondes professionnelles et parfaites. :)
Malgré ses nombreux défauts, le personnage est attachant et plus vrai que nature.
L'histoire est imprévisible.
Note : 4.3/5
(Fabiola)
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Dolorès, petite fille de l'Amérique moyenne, se délite
peu à peu à partir de la mort de son petit frère à
sa naissance. S'enchaînent une cascade de coups durs, qui vont la miner
petit à petit, comme la ronger pendant qu'elle compensera par la
nourriture. Elle se sortira un jour de l'obésité, mais
l'âme reste la même, noyée de kilos ou pas. Alors
cahin-caha, Dolorès vit, et nous on l'aime, on aspire tous les
évènements quotidiens, on se repaît de ce portrait des
USA quand l'homme marchait sur la lune pour la première fois, quand
Kennedy était assassiné, quand les
filles se repassaient les cheveux pour qu'ils soient lisses...
Roman d'atmosphère par excellence, puissance d'oppression assez
incroyable, à plusieurs reprises je me suis dit "c'est trop
là, mince, tu abuses Wally..." mais il est totalement impossible de
lâcher ce bouquin une fois commencé. Je l'ai lu entourée
de bruit et de monde, il ouvrait pour moi la porte d'un univers
parallèle, feutré et silencieux. Une fois terminé, je
pense qu'il manque un tout petit peu de quelque chose, qui en ferait le
coup de coeur absolu, sans doute est-il trop facile à lire, rien
à décrypter, tout est disséqué pour nous.
Mais il restera gravé à jamais dans ma tête, parce qu'il
dépote gravement, comme on dit...
C'est intéressant de noter qu'il a créé un
véritable phénomène aux Etats-Unis à sa sortie,
beaucoup de jeunes fille se reconnaissant dans Dolorès.
Note : 4.75/5
(Cuné)
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