Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer
(Le Serpent à Plumes, 1999, 169 pages)
Un livre se doit d'être une fenêtre vers un imaginaire qui n'est pas le
nôtre. Il doit pouvoir nous plonger dans des univers qu'il nous serait impossible de
concevoir autrement. En plus, il faut qu'il serve à l'évasion de notre esprit. Le
bouquin de Dany Laferrière réussi à plein sa mission en plus de faire
sourire. Au travers la lecture de ce roman, que j'ai lu d'une traite, j'ai reconnu un paysage
typique aux années 80. Il y a aussi ce regard de Montréal plein de verve, qui
n'aurait pu être brossé par personne d'autre.
Les tribulations de deux jeunes nègres vivant dans un minable 2 1/2 du centre-ville de
Montréal viennent, et ce dès les premières lignes, nous chercher le plus
naturellement du monde. On se prend au jeu du narrateur, à suivre ces histoires de coeur
décrit avec un humour que je qualifie de corrosif. Que dire aussi à propos de
Bouba, un des personnages central de ce livre. Cette espèce de gourou du divan m'a fait
rire plus d'une fois. Il est à des années lumière de mon intérieur
et pourtant, je pense que je l'envie secrètement.
Je crois que ce qu'il y a de plus drôle et en même temps de plus troublant, ce sont
les descriptions de femmes qui émanent de ce livre. Le narrateur nous décrit
l'autre moitié du monde comme une race avide de la sensualité du nègre.
Elles cherchent le partage de cette sexualité qui serait plus débridé,
plus totale que celle du "wasp". Au travers les aventures de nos deux bonhommes, nous
découvrons plusieurs portraits de femmes tout aussi fantaisistes les uns que les autres.
Je dois concéder que pour un nombre important de dames, la recherche d'un certain absolu
par la jouissance physique est le centre de leurs vies. Toutes celles qui vivent leurs
célibats dans le sillage de la vague féministe en savent quelque chose. Loin de
moi le fait de porter un jugement de valeur. Elles ont choisi de prendre leurs pieds et c'est
leurs affaires. À ce moment-là, quoi de plus naturel de le faire avec un homme
qui de par son éducation et de sa culture sait y faire.
Je peux comprendre le succès que ce roman a pu avoir lors de sa sortie en 1985. Car, en
plus de montrer un tableau peu conventionnel de la femme, il nous plonge dans le
Montréal profond. A travers les yeux du narrateur, j'ai reconnu des quartiers, des
odeurs, des maisons qui font parti de cette métropole québécoise.
On aime ou on n'aime pas ce genre de littérature. Pour ma part, j'ai adoré me
laisser emporter, même si parfois j'ai dû serrer les dents devant ce monde tellement loin
et en même temps si proche de moi. Pour le plaisir de saisir une autre facette des
lettres québécoises, je vous le conseille fortement.
(Wilder)
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C'est l'histoire de deux immigrants Nègres (il n'est jamais question explicitement de
leur provenance) fraîchement débarqués à Montréal qui
habitent un minable appartement sur la rue St-Denis, qui n'ont pas un sous en poche mais qui
vivent d'amour et d'espoir!
Ça faisait très longtemps que je voulais lire ce livre. Je me rappelle même
de sa sortie en 1985. J'avais alors 11 ans et je me souviens de tout le remous qu'il avait
causé. Il m'était formellement interdit de le lire, mais maintenant que j'ai
grandi un peu, je peux! Et j'ai adoré. Le livre a un semblant de suite dans les
événements qui se déroulent mais il est plutôt divisé en
petites "scènettes", style que j'adore. L'écriture de Laferrière en est
une que j'aime depuis longtemps (il a une chronique dans La Presse chaque dimanche) et je l'ai
retrouvée ici. Il a le talent de nous en dire beaucoup sans prendre de grands airs et en
étant mordant. C'est un livre parfois politically incorrect: les femmes qui sont
obsédées par l'idée de baiser des Nègres, pour la nouveauté,
pour faire in, etc. J'ai aimé ce genre d'écriture, car tout est si souvent
épuré de nos jours. J'ai beaucoup aimé la manie que les personnages ont de
donner des surnoms aux filles qu'ils rencontrent: Miz Littérature (elle étudie en
littérature à McGill), Mizz Chat parce qu'elle a deux chats, etc. C'est simple,
mais très rigolo parfois. Un livre rempli d'histoire et d'humour!
À la fin du livre, il y avait une petite biographie de l'auteur. Il est né en
1953 à Port-au-Prince et est arrivé à Montréal en 1976. On dit
aussi qu'entre 76-82 à Montréal ce fut "l'époque de la drague, du vin, des repas
simples, du salaire minimum et des chambres crasseuses et ensoleillées". J'aimerais bien
rencontrer l'auteur et lui demander si sa vie, ou
celle de ses compatriotes, ressemblait vraiment à celle des personnages du livre...
Note : 4/5
(Mélodie)
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J'ai bien ri, le défilé de "miss" auquel on a droit est
franchement hilarant, Bouba est extraordinaire. Je ne m'attendais pas
à ça, mais je n'ai aucun regret. Merci aux rats de m'avoir
fait découvrir cet auteur.
Note : 4/5
(Van)
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Deux jeunes noirs musulmans partagent un appartement dans un quartier
populaire de Montréal. L'un essaie d'écrire un roman et passe
son temps à draguer les filles, blanches de préférence.
L'autre dort beaucoup, lit Freud et récite le Coran. C'est la vie de
bohème, version montréalaise et version black.
Dany Laferrière tente de démonter tous les clichés dont sont
victimes les Noirs, et il en rajoute bien sûr, le tout dans un style
nerveux, goûteux et imagé. Ça se lit tout seul et avec
beaucoup de plaisir.
Note : 4.5/5
(Papillon)
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