Thomas le Rimeur
(Gallimard/folio, 2002, 370 pages)
Il y a des romans qui vous atteignent d'abord par l'esprit, pour la construction du
récit, l'intelligence du propos, les réflexions nouvelles qu'ils apportent et
ensuite par le coeur parce que l'histoire est belle, parce qu'elle vous transporte. Et puis,
plus rare, il y a ces livres qui vont d'abord droit par le coeur et s'y installe pour ne plus
jamais en repartir. Thomas le Rimeur est de ceux là.
Résumé : Pour avoir embrassé la Reine des Elfes, Thomas le rimeur se
retrouve pour sept années au Pays des Elfes afin de la servir. Il s'en retournera
ensuite dans le monde des hommes avec le double don de Prophétie et de la Parole Vraie.
Mon avis :
C'est une histoire à quatre voix.
Il y a le récit de Gavin : lui et sa femme Meg recueille un ménestrel du nom de
Thomas. Il raconte la rencontre de Tom avec Elspeth une jeune fille du voisinage. Et puis son
récit s'achève à la disparition de Thomas le Rimeur.
Il y a le récit de Thomas : c'est le passage le plus long. Il reprend là où
Gavin nous a laissé et raconte son aventure dans le Pays des Elfes. Comment il est
devenu l'amant de la Reine des Elfes, ce qu'il a vu, vécu là-bas et ce qu'il a
gagné pour son retour.
Il y a le récit de Meg : c'est elle qui raconte le retour de Thomas et note les
changements de sa personnalité. Car il a changé le Rimeur. Il est revenu avec le
don de Prophétie et l'impossibilité de mentir. Il va lui en falloir du temps pour
se réhabituer à la vie dans le monde humain.
Il y a le récit d'Elspeth : elle clôt l'histoire, celle qui est devenu
l'épouse de Thomas que tous les nobles viennent consulter pour son don de
prophétie. C'est à elle que reviennent les dernières pages, les
dernières lignes (et quel enchantement que ces dernières paroles).
Chacune de ces quatre voix est bien distincte l'une de l'autre (Gavin est un pragmatique, un
peu borné mais avec un bon coeur, Meg est une fine psychologue etc..). Et le
récit est adapté en fonction de ces personnalités diverses. Une intrigue
commencée dans le 1er récit s'achève dans le dernier. Chaque personnage
est vu de façon différente par les autres. Mais le plus important c'est que l'ensemble
de ces quatre voix forment un choeur harmonieux où chacun complète l'autre pour
offrir un récit complet et entier dont on ressort émerveillé.
Et puis, il y a le Pays des Elfes avec tout ce que la tradition populaire du Moyen Âge en
rapporte. On y croise le Roi qui attend (peut-être Arthur qui selon la légende
n'est pas mort et reviendra un jour), des créatures étranges, certaines
très belles, d'autres grotesques. Les paysages paraissent sortir tout droit d'un
rêve. Mais, il est dangereux pour un humain de séjourner là et Thomas en
fera l'expérience.
Vous croyez que j'en ai trop dit... et bien pas du tout.
Vous n'avez encore rien lu. Ce livre est bien la preuve qu'il n'est pas nécessaire de
sortir des cycles entiers pour construire un chef-d'oeuvre. Voilà 367 pages de pur bonheur.
Note : 5/5 (et je dirai même plus)
(Chimère)
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J'ai passé un très bon moment avec Thomas le Sincère, la lecture de ce roman
coule toute seule, et une fois refermé il continue à nous trotter dans la
tête. Troublante la façon dont Tom est ressenti par la Reine par exemple
après son don de parole vraie.
Mais je n'ai pas eu le coup de coeur de Chimère.
Note : 4/5
(Cuné)
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Thomas le Rimeur est le 2ème roman d'Ellen Kushner et a remporté en 1991 le
Mythopoetic Award et le World Fantasy Award. L'auteur a repris le thème de
"Thomas the Rhymer", un poème d'auteur inconnu, daté selon les sources du 15e ou
du 17e siècle, qui racontait l'enlèvement par la reine des fées d'un
poète harpiste, et ce qu'il va y gagner. Le poème lui-même est probablement
inspiré par un personnage historique, Thomas d'Erceldoune, poète et oracle ayant
vécu au 13e siècle. Ce dernier a acquis un statut quasi légendaire par la
suite, et est réputé être l'auteur de nombreuses prédictions
(pour la plupart fabriquées).
Thomas le Rimeur est un roman imprégné de la poésie inspirée des
vieilles ballades et légendes. La musique qui imprègne la vie de Thomas
s'infiltre dans la narration et chaque personnage possède sa propre voix. C'est un livre
merveilleux dans tous les sens du terme. Et ce livre prouve que la fantasy peut exister sans
dragons, magiciens et chevaliers, c'est un énorme coup de coeur. La magie des mots ne
s'éteint pas une fois le livre refermé mais continue à vivre dans le coeur
et l'esprit. Il faut aussi souligner le travail remarquable du traducteur qui a su rendre en
français le ton si différent et exceptionnel de l'auteur.
Merci Chimère de l'avoir présenté lors de ce thème. je suis plus
qu'heureuse de l'avoir lu. Une note de 5/5 ne me paraît pas suffisante si je pouvais je
lui donnerais un 10/5.
Note : 5/5
(Lhisbei)
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Que dire de plus après les critiques de Lhisbei et Chimère. Pour moi qui ne lit
guère ce genre, ce fut un grand coup de coeur. Tout m'a plu: l'écriture,
l'histoire, la construction de la narration en 4 parties où les 4 personnages principaux
racontent chacun un épisode tout en suivant la chronologie. Ce livre est "merveilleux",
poétique. Je l'ai lu en 2 jours et j'ai eu du mal à en décrocher
après avoir tourné la dernière page.
Note : 5/5
(Chantal)
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Résumé : Thomas the Rhymer, c'est une vieille ballade écossaise où
un baiser donné par Thomas à la reine des Elfes le voue à sept ans de
service au pays des Elfes, n'ayant le droit de ne parler qu'à la reine. Au bout de ces
sept années, elle le relâche en lui laissant le don de ne dire que la vérité.
Une petite recherche Google suffit pour trouver le texte entier de cette courte ballade.
Mon avis : Ellen Kushner a pris cette légende et l'a étoffée, en donnant un
passé, un futur et une personnalité à Thomas. Comme l'a expliqué
Chimère, ce récit est narré du point de vue de quatre personnes
successives, Thomas et ses proches. Grâce à la narration à la
première personne, on a l'impression d'être en présence de ces raconteurs
ambulants du passé: les phrases sont courtes, poétiques de par leur simplicité,
pas trop descriptives, laissant libre court à notre imagination. Ellen Kushner a su
parfaitement capturer et rendre l'atmosphère médiévale dont est
imprégnée ce roman.
J'en suis restée habitée pendant quelques
jours, et je cherche maintenant à me procurer les deux autres romans écrits par
Ellen Kushner, afin de replonger dans son écriture. Je l'ai lu trop vite,
malheureusement. Avoir su que c'était si bon, je l'aurais savouré.
Note : 5/5
(Venusia)
Un à-côté : j'ai connu la légende de Thomas the Rhymer lorsque j'ai
lu le roman de Diana Wynne Jones, Fire and Hemlock. Celui-ci combine les
légendes, écossaises toutes deux, de True Thomas et de Tam Lin dans un cadre
contemporain. Dans la ballade de Tam Lin (Tam est une vieille façon d'écrire
Tom, et donc Thomas), celui-ci, kidnappé par la reine des Elfes, est voué à
être sacrifié afin de redonné vigueur au consort de la reine des Elfes. Il
est finalement sauvé par Janet, sa dulcinée enceinte de lui.
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Voilà un roman qu'il fait bon de lire pour sa douceur, pour la mélodie
et la poésie dont est imprégnée l'écriture. Avec Thomas
le Rimeur j'ai découvert un autre genre de fantasy soit "la fantasy poetic".
L'histoire n'est pas nécessairement palpitante, c'est
plutôt la force d'évocation des mots qui séduit.
Une belle découverte même si je ne crois pas avoir été
autant passionnée que celles qui me précèdent dans les
critiques, à lire pour faire différent - on peut
faire de la fantasy sans batailles!
Note : 4/5
(Mousseline)
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