Hier
(Seuil/Points, 1996, 146 pages)
Tobias Horvarth travaille dans une usine d'horlogerie, à la chaine et ne supporte plus
sa vie routinière, les mêmes gestes tous les jours, les mêmes visages. Pour
survivre, il s'accroche à la croyance qu'une femme existe, elle s'appelle Line et
qu'elle est née pour le retrouver...
Un roman très sombre, encore une fois. Tobias est exilé et survit comme il le
peut dans son pays d'accueil. On ressent ce malaise face à la société (est-ce qu'on
travaille pour vivre, ou bien vit-on pour travailler?), face à l'exil bien sûr,
à la vie qui n'a pas de sens.
On reste dans la même ambiance que la trilogie, on ne sait pas où l'auteur nous
emmène, ce que l'on doit croire dans les paroles de Tobias, ce qui relève du
rêve, de la réalité...
Note : 3/5
(Cryssilda)
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Tobias, né d'une mère prostituée et d'un père prétendument
inconnu, a vécu une enfance dans la misère jusqu'au jour où il s'enfuit.
Pratiquement tout le reste de sa vie, il va rechercher Line, une jeune femme parfaite, telle
qu'il l'a imaginée jusqu'au jour où il va la trouver...
Bon ce n'est pas le livre du siècle, c'est léger, un peu flou mais c'est tout
à fait le style étrange d'Agota Kristof. J'ai moins aimé que la trilogie
du Grand Cahier.
Note : 3/5
(Michelle)
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Le roman commence par un texte qu'a écrit Tobias,
incompréhensible. Il a cru être mort, en parle au psychiatre
qui essaie de l'aider, mais triche. Il ne lui dira pas qu'il ne s'appelle
pas Sandor Lester, que Line n'est pas une femme qu'il attendrait mais sa
demie-soeur. En croyant avoir assassiné son père et sa
mère, en quittant son pays qu'il qualifie de sans importance, il a
entamé une vie vaine, qui l'étouffe dans ce nouveau pays où
il a atterri.
Il la reprend pourtant cette vie, travail à l'usine, maitresse
inconsistante, esprit qui souffre et tente de persister dans
l'écriture.
Mais la vraie Line apparait, l'amour s'éclôt et l'espoir renait.
Quand on est intimement désespéré, peut-on vivre
malgré soi?...
C'est tout l'indiscible de ce roman, criant sous l'écriture si
particulière d'Agota Kristof. C'est puissant. Pas troublant, mais
interpellant, même si ce terme a été largement
galvaudé. La condition d'émigrant, la solitude si largement
partagée, le sens même de la vie, tout ça est là,
dans le roman.
Note : 4/5
(Cuné)
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De l'amour, certes, mais également beaucoup de tristesse, à la limite
parfois du cauchemar. De A à Z, on est plongé en plein pessimisme, on
n'arrive pas à s'en sortir. Cela commence avec Tobias Horvath, enfant
illégitime d'un instituteur et d'une tzigane. A douze ans, il poignarde ses
parents en train de faire l'amour, il s'enfuit, prend le patronyme de Sandor Lester
et se fait engager dans une usine d'horlogerie.
Malgré ses relations épisodiques avec Yolande, il ne vit que pour et
par Line, fille de l'instituteur du village. Y a-t-il là une quelconque
nostalgie par rapport au métier de ce père qu'il croit avoir
tué? On apprend qu'elle est sa demi-soeur, ils l'ignorent. La
tragédie se poursuit, le noir devient de plus en plus noir. Près de
quinze années s'écoulent, Sandor et Line se retrouvent dans cette
usine qui les emploie désormais tous les deux. L'amour fou reprend vigueur,
Sandor rêve d'épouser Line, peu importe leur lien de
consanguinité. Line tombe enceinte, son mari jure que cet enfant doit
être celui de Sandor, il oblige sa femme à avorter et de rage, Sandor
poignarde le mari. Qui n'en meurt pas (tout comme d'ailleurs n'en était pas
mort le père de Tobias-Sandor). La suite n'est guère plus gaie, c'est
le lent déclin d'un homme sans espoir.
Sans doute avais-je, au moment de la lecture, besoin de nourritures spirituelles
plus reposantes ou plus légères, toujours est-il que malgré
son caractère poétique, cet ouvrage ne m'a pas emballée.
La mort et le désespoir, j'aime les lire et les parcourir, me glisser dans
leur peau fictionnelle et y confondre mes émotions réelles. Dans le
cas présent, il n'en fut rien, simplement une plongée dans un
misérabilisme peu attirant.
Note : 2.5/5
(Sahkti)
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