Club des rats de biblio-net


9725 critiques, 3710 livres, 1481 auteurs



Agota Kristof
Hier
(Seuil/Points, 1996, 146 pages)

Tobias Horvarth travaille dans une usine d'horlogerie, à la chaine et ne supporte plus sa vie routinière, les mêmes gestes tous les jours, les mêmes visages. Pour survivre, il s'accroche à la croyance qu'une femme existe, elle s'appelle Line et qu'elle est née pour le retrouver...

Un roman très sombre, encore une fois. Tobias est exilé et survit comme il le peut dans son pays d'accueil. On ressent ce malaise face à la société (est-ce qu'on travaille pour vivre, ou bien vit-on pour travailler?), face à l'exil bien sûr, à la vie qui n'a pas de sens.

On reste dans la même ambiance que la trilogie, on ne sait pas où l'auteur nous emmène, ce que l'on doit croire dans les paroles de Tobias, ce qui relève du rêve, de la réalité...

Note : 3/5
(Cryssilda)
**********

Tobias, né d'une mère prostituée et d'un père prétendument inconnu, a vécu une enfance dans la misère jusqu'au jour où il s'enfuit. Pratiquement tout le reste de sa vie, il va rechercher Line, une jeune femme parfaite, telle qu'il l'a imaginée jusqu'au jour où il va la trouver...

Bon ce n'est pas le livre du siècle, c'est léger, un peu flou mais c'est tout à fait le style étrange d'Agota Kristof. J'ai moins aimé que la trilogie du Grand Cahier.

Note : 3/5
(Michelle)
**********

Le roman commence par un texte qu'a écrit Tobias, incompréhensible. Il a cru être mort, en parle au psychiatre qui essaie de l'aider, mais triche. Il ne lui dira pas qu'il ne s'appelle pas Sandor Lester, que Line n'est pas une femme qu'il attendrait mais sa demie-soeur. En croyant avoir assassiné son père et sa mère, en quittant son pays qu'il qualifie de sans importance, il a entamé une vie vaine, qui l'étouffe dans ce nouveau pays où il a atterri.

Il la reprend pourtant cette vie, travail à l'usine, maitresse inconsistante, esprit qui souffre et tente de persister dans l'écriture.

Mais la vraie Line apparait, l'amour s'éclôt et l'espoir renait.

Quand on est intimement désespéré, peut-on vivre malgré soi?...

C'est tout l'indiscible de ce roman, criant sous l'écriture si particulière d'Agota Kristof. C'est puissant. Pas troublant, mais interpellant, même si ce terme a été largement galvaudé. La condition d'émigrant, la solitude si largement partagée, le sens même de la vie, tout ça est là, dans le roman.

Note : 4/5
(Cuné)
**********

De l'amour, certes, mais également beaucoup de tristesse, à la limite parfois du cauchemar. De A à Z, on est plongé en plein pessimisme, on n'arrive pas à s'en sortir. Cela commence avec Tobias Horvath, enfant illégitime d'un instituteur et d'une tzigane. A douze ans, il poignarde ses parents en train de faire l'amour, il s'enfuit, prend le patronyme de Sandor Lester et se fait engager dans une usine d'horlogerie.

Malgré ses relations épisodiques avec Yolande, il ne vit que pour et par Line, fille de l'instituteur du village. Y a-t-il là une quelconque nostalgie par rapport au métier de ce père qu'il croit avoir tué? On apprend qu'elle est sa demi-soeur, ils l'ignorent. La tragédie se poursuit, le noir devient de plus en plus noir. Près de quinze années s'écoulent, Sandor et Line se retrouvent dans cette usine qui les emploie désormais tous les deux. L'amour fou reprend vigueur, Sandor rêve d'épouser Line, peu importe leur lien de consanguinité. Line tombe enceinte, son mari jure que cet enfant doit être celui de Sandor, il oblige sa femme à avorter et de rage, Sandor poignarde le mari. Qui n'en meurt pas (tout comme d'ailleurs n'en était pas mort le père de Tobias-Sandor). La suite n'est guère plus gaie, c'est le lent déclin d'un homme sans espoir.

Sans doute avais-je, au moment de la lecture, besoin de nourritures spirituelles plus reposantes ou plus légères, toujours est-il que malgré son caractère poétique, cet ouvrage ne m'a pas emballée. La mort et le désespoir, j'aime les lire et les parcourir, me glisser dans leur peau fictionnelle et y confondre mes émotions réelles. Dans le cas présent, il n'en fut rien, simplement une plongée dans un misérabilisme peu attirant.

Note : 2.5/5
(Sahkti)

Ajoutez votre critique

Pour avoir plus d'infos:

Europe: Amazon.fr
Québec/Canada/USA : Amazon.ca








C'est égal,
L'analphabète,
Le Grand cahier,
La Preuve,
Le Troisième mensonge,
La trilogie,
Hier

Biographie et bibliographie




Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net