Club des rats de biblio-net


9467 critiques, 3612 livres, 1451 auteurs



Franz Kafka

Lettre au père
(Gallimard/Folio, 2002, 98 pages)

Cette "Lettre au père" fait naître en moi divers sentiments. D'abord un certain malaise face à ce texte intime, reflet d'une réalité qui pourtant, sent par moment la fiction, à cause d'un procédé littéraire qui a voulu que Kafka, au lieu de simplement cracher des mots de haine et de rage, les emballe avec de jolies phrases et des tournures travaillées. Ce qui ne m'empêche pourtant pas de penser que sur le plan littéraire, ce texte n'est pas mûr et de qualité très moyenne.

Passé ce premier malaise (on lit différemment selon que l'on soit devant fiction ou réalité face à de pareils faits évoqués), je me pose alors la question des références que nous avons, nous lecteurs, pour juger de ce qu'était l'éducation d'un père à la fin du 19e siècle. Ce qui nous paraît aujourd'hui ignoble ou outrancier entrait dans les normes de l'époque et on dirait que Kafka juge avec le regard d'un homme d'aujourd'hui les actes d'hier. Ce décalage est encore accentué par le fait que cette lettre n'est qu'on long reproche du début à la fin, même si l'amour est très présent. Les échecs, le gâchis, les peurs, le manque de confiance... tout cela c'est la faute du père, en tout ou partie (mais beaucoup en tout). Cette subjectivité, ajoutée au regard anachronique de Kafka fils, donne au texte une saveur particulière qui me déplaît. Le sujet est sérieux, la crise est grave mais j'ai le désagréable sentiment que Kafka a laissé l'exercice d'écriture prendre le dessus sur l'explosion des sentiments et lorsque ces émotions se sont fait trop fortes, il a voulu s'en défaire en jetant au visage d'autrui toute cette rancoeur qu'il ressent, et dans laquelle on peut voir pourtant des complexes et des coinçures pas forcément toutes liées à la figure paternelle. Un dédouanement donc, que je trouve facile et malsain, comme si l'auteur manquait cruellement de maturité. Du coup, ce qui pouvait passer pour un vibrant cri de désespoir sonne faux à mes yeux et mes oreilles.

Un texte que je trouve très narcissique et à la fin duquel Kafka ne sort pas grandi, mais ce n'est bien sûr que mon avis!

Note : 3,5/5
(Sahkti)

Ajoutez votre critique

Pour avoir plus d'infos:

Europe: Amazon.fr
Québec/Canada/USA : Amazon.ca








Le procès,
Le Château,
Amerika ou le Disparu,
La métamorphose et autres récits,
Le verdict,
Journal,
Lettre au père,
Contemplation

Biographie



Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net