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Franz Kafka

La métamorphose et autres récits
(Gallimard/folio, 1989, 220 pages)

Il ne s'agit pas d'un recueil de nouvelles. On a plutôt l'impression de lire le cahier de l'auteur. Certains des textes font à peine un paragraphe. L'écriture est très "intérieure" si je puis dire tout en étant très symbolique. Les dialogues ont presque toujours une aura d'irréalisme.

Quant à "La métamorphose", c'est un bel exemple de ce que je décris précédemment.

Un homme, Gregor Samsa, travaillant pour faire vivre ses parents et sa soeur se réveille un matin transformé en cancrelat (une coquerelle! ouach!).

Tout se passe à l'intérieur de l'appartement. La transformation est symbolique de l'espace qu'il occupe dans la famille, de comment Gregor se perçoit. C'est très noir, très pessimiste comme écriture.

Ma note de 3.5 serait un 4 si elle ne cotait que "La métamorphose". Mais certains des autres textes sont suffisamment obtus pour que j'aie douté de ma compréhension à certains moments.

Note : 3.5/5
(Boogok)
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Après avoir lu ces deux nouvelles, j'ai eu une pensée pour Edgar Allan Poe et Lautréamont, que de points communs entre ces trois auteurs là!!! Je me suis "régalée" avec ce livre. Ces deux histoires sont tellement riches, noires et pessimistes. "La métamorphose" touche à ce qui nous est cher: le noyau familial, père, mère, frère ou soeur. L'auteur anéantit l'amour maternel, paternel et entre fatrie.

Dans "La colonie pénitencière" le pouvoir, s'autochâtit, s'autocondamne pour les meurtres commis. La description de la machine à tuer (à torturer?) est franchement horrible, répugnante et monstrueuse. Et si elle existait? Cela n'est pas impossible...

Ce petit livre fait réfléchir longtemps après l'avoir refermé et donne une très grande envie de lire d'autres livres de cet auteur.

Note : 5/5
(Philaera)
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(Commentaire pour seulement "La métamorphose")

"Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves agités, il se trouva transformé dans son lit en une monstrueuse vermine. Il était couché sur son dos, dur comme une carapace, et vit, en levant un peu la tête, son ventre voûté, brun, divisé par des nervures en forme d'arc, et sur le sommet duquel, la couverture toute prête à glisser complètement par terre, parvenait à peine à se maintenir. Ses nombreuses pattes, pitoyablement minces comparées à son volume propre, papillotaient malgré elles devant ses yeux."

Grégor se réveille un jour transformé en un cafard infect et monstrueux (il est énorme). Passé les premiers moments de stupeur, le jeune homme doit affronter le regard de sa famille, dégoûtée et apeurée. Il doit également vivre avec la culpabilité de ne plus faire bouillir la marmite, lui qui subvenait seul au besoin de ses parents et de sa soeur. Lente descente aux enfers d'un homme qui ne comprend pas ce qui lui arrive mais doit apprendre à se mouvoir dans son nouveau corps, à faire face à la terreur et aux grimaces horrifiées qu'il provoque.

"La Métamorphose" est à mes yeux un des récits les plus riches de Kafka. Un texte qui regroupe plusieurs thèmes chers à l'écrivain, comme ceux de la haine, de la bourgeoisie misérable et du conformisme familial étouffant. Pour expliquer cela, Kafka ne se contente pas d'une simple métaphore, il pousse son analyse très loin, réduisant l'homme à l'animalité dans tout ce qu'elle a de plus bestial et répugnant. J'avoue qu'à certains moments, je sentais se dessiner une certaine moue de rejet sur mon visage lorsque je lisais les descriptions de Gregor Samsa.

Dans la lecture de la correspondance de Franz Kafka avec Felice Bauer, on se rend compte que l'auteur comptait consacrer peu de temps à ce récit, que c'était une histoire qui le démangeait et dont il voulait rapidement se faire quitte. Cependant, au fil de la création littéraire, Kafka s'est senti emporté par un tourbillon qu'il ne contrôlait plus, il a eu besoin d'aligner sur papier autant d'idées sombres pour espérer s'en défaire.

Et peu importe si le lecteur est dérangé par ce récit, Kafka n'en a que faire. Il n'explique à aucun moment pourquoi et comment Gregor se transforme en insecte. Est-ce à nous de l'imaginer? Certainement, mais Kafka ne nous laisse pas le temps de le faire, le récit est un huis-clos vif et rapide dont la première partie est une introspection douloureuse de Gregor sur son nouveau statut. Il sait qu'il effraie mais aimerait obtenir un peu plus d'affection ou de compréhension de la part des siens. Il y a ensuite amélioration, des contacts sont noués, la plupart du temps difficiles. Puis vient la déchéance, la descente aux enfers et en même temps la libération de chacun. J'ai refermé le bouquin avec un profond sentiment de tristesse pour cet homme incompris et rejeté. Gregor, que le malheur accable, devient l'objet de la honte et de la culpabilité. Or il n'a rien fait. Rage devant sa famille obtuse mais parallèlement, on éprouve soi-même des impressions répugnantes face au personnage qui finit par se complaire dans la crasse et les ordures. Compassion nouvelle pour la famille, qui passe par le rejet de quelqu'un. Dilemme dérangeant auquel nous confronte Kafka. Et la fin du récit n'arrange rien, nous nous retrouvons le bec dans l'eau avec nos interrogations et cet espoir qui naît dans les dernières lignes a une saveur très amère et empêche de ressentir un véritable soulagement. C'est cruel, très cruel.

Note : 4,5/5
(Sahkti)
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J'ai lu ce récit dans une édition folio bilingue, préfacée et annotée par le traducteur, ce qui m'a apporté certains éléments de compréhension au fur et à mesure de ma lecture. Quelques photos et illustrations au milieu du livre, une notice biographique à la fin, vraiment c'est un poche très complet que j'ai eu entre les mains!

L'histoire de la métamorphose de Gregor Samsa en gros insecte effrayant est terriblement insolite et renvoie le lecteur à de nombreux questionnements sur l'identité, la famille, le travail, l'apparence... Ne serait-ce que pour cette idée, ce thème, je suis déjà totalement enthousiaste car j'aime être surprise par des situations originales, fantastiques tout en étant ancrées dans un réel apparemment ordinaire.

Ici, ce qui me plaît beaucoup également, c'est la forme, le découpage en trois parties qui représentent différentes phases dans l'évolution de la situation familiale. Parfois j'ai ri durant ma lecture, parce que certaines scènes ont aussi un aspect grotesque (Gregor rampant sur les murs et au plafond). Cela vient surtout du fait que Gregor est devenu un insecte, certes, mais de taille démesurée.

"La métamorphose" est le premier récit de Kafka que je lis, pourtant j'ai depuis longtemps le projet de découvrir davantage cet auteur. Et dans le texte original, c'est pour moi encore plus riche, bien que pas toujours facile.

Note : 4/5
(Ysla)







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