La métamorphose et autres récits
(Gallimard/folio, 1989, 220 pages)
Il ne s'agit pas d'un recueil de nouvelles. On a plutôt l'impression de lire le cahier
de l'auteur. Certains des textes font à peine un paragraphe. L'écriture est
très "intérieure" si je puis dire tout en étant très symbolique.
Les dialogues ont presque toujours une aura d'irréalisme.
Quant à "La métamorphose", c'est un bel exemple de ce que je décris
précédemment.
Un homme, Gregor Samsa, travaillant pour faire vivre ses parents et sa soeur se réveille
un matin transformé en cancrelat (une coquerelle! ouach!).
Tout se passe à l'intérieur de l'appartement. La transformation est symbolique de
l'espace qu'il occupe dans la famille, de comment Gregor se perçoit. C'est très
noir, très pessimiste comme écriture.
Ma note de 3.5 serait un 4 si elle ne cotait que "La métamorphose". Mais certains des
autres textes sont suffisamment obtus pour que j'aie douté de ma compréhension
à certains moments.
Note : 3.5/5
(Boogok)
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Après avoir lu ces deux nouvelles, j'ai eu une pensée pour Edgar Allan Poe et
Lautréamont, que de points communs entre ces trois auteurs là!!!
Je me suis "régalée" avec ce livre. Ces deux histoires sont tellement riches,
noires et pessimistes.
"La métamorphose" touche à ce qui nous est cher: le noyau familial, père,
mère, frère ou soeur. L'auteur anéantit l'amour maternel, paternel et entre fatrie.
Dans "La colonie pénitencière" le pouvoir, s'autochâtit, s'autocondamne
pour les meurtres commis. La description de la machine à tuer (à torturer?) est
franchement horrible, répugnante et monstrueuse.
Et si elle existait? Cela n'est pas impossible...
Ce petit livre fait réfléchir longtemps après l'avoir refermé et
donne une très grande envie de lire d'autres livres de cet auteur.
Note : 5/5
(Philaera)
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(Commentaire pour seulement "La métamorphose")
"Lorsque Gregor Samsa s'éveilla un matin au sortir de rêves
agités, il se trouva transformé dans son lit en une monstrueuse
vermine. Il était couché sur son dos, dur comme une carapace, et vit,
en levant un peu la tête, son ventre voûté, brun, divisé
par des nervures en forme d'arc, et sur le sommet duquel, la couverture toute
prête à glisser complètement par terre, parvenait à
peine à se maintenir. Ses nombreuses pattes, pitoyablement minces
comparées à son volume propre, papillotaient malgré elles
devant ses yeux."
Grégor se réveille un jour transformé en un cafard infect et
monstrueux (il est énorme). Passé les premiers moments de stupeur, le
jeune homme doit affronter le regard de sa famille, dégoûtée et
apeurée. Il doit également vivre avec la culpabilité de ne
plus faire bouillir la marmite, lui qui subvenait seul au besoin de ses parents et
de sa soeur. Lente descente aux enfers d'un homme qui ne comprend pas ce qui lui
arrive mais doit apprendre à se mouvoir dans son nouveau corps, à
faire face à la terreur et aux grimaces horrifiées qu'il provoque.
"La Métamorphose" est à mes yeux un des récits les plus riches
de Kafka. Un texte qui regroupe plusieurs thèmes chers à
l'écrivain, comme ceux de la haine, de la bourgeoisie misérable et du
conformisme familial étouffant. Pour expliquer cela, Kafka ne se contente
pas d'une simple métaphore, il pousse son analyse très loin,
réduisant l'homme à l'animalité dans tout ce qu'elle a de plus
bestial et répugnant. J'avoue qu'à certains moments, je sentais se
dessiner une certaine moue de rejet sur mon visage lorsque je lisais les
descriptions de Gregor Samsa.
Dans la lecture de la correspondance de Franz Kafka avec Felice Bauer, on se rend
compte que l'auteur comptait consacrer peu de temps à ce récit, que
c'était une histoire qui le démangeait et dont il voulait rapidement
se faire quitte. Cependant, au fil de la création littéraire, Kafka
s'est senti emporté par un tourbillon qu'il ne contrôlait plus, il a eu
besoin d'aligner sur papier autant d'idées sombres pour espérer s'en
défaire.
Et peu importe si le lecteur est dérangé par ce récit, Kafka
n'en a que faire. Il n'explique à aucun moment pourquoi et comment Gregor se
transforme en insecte. Est-ce à nous de l'imaginer? Certainement, mais Kafka
ne nous laisse pas le temps de le faire, le récit est un huis-clos vif et
rapide dont la première partie est une introspection douloureuse de Gregor
sur son nouveau statut. Il sait qu'il effraie mais aimerait obtenir un peu plus
d'affection ou de compréhension de la part des siens. Il y a ensuite
amélioration, des contacts sont noués, la plupart du temps
difficiles. Puis vient la déchéance, la descente aux enfers et en
même temps la libération de chacun. J'ai refermé le bouquin
avec un profond sentiment de tristesse pour cet homme incompris et rejeté.
Gregor, que le malheur accable, devient l'objet de la honte et de la
culpabilité. Or il n'a rien fait. Rage devant sa famille obtuse mais
parallèlement, on éprouve soi-même des impressions
répugnantes face au personnage qui finit par se complaire dans la crasse et
les ordures. Compassion nouvelle pour la famille, qui passe par le rejet de
quelqu'un. Dilemme dérangeant auquel nous confronte Kafka. Et la fin du
récit n'arrange rien, nous nous retrouvons le bec dans l'eau avec nos
interrogations et cet espoir qui naît dans les dernières lignes a une
saveur très amère et empêche de ressentir un véritable
soulagement. C'est cruel, très cruel.
Note : 4,5/5
(Sahkti)
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J'ai lu ce récit dans une édition folio bilingue,
préfacée et annotée par le traducteur, ce qui m'a
apporté certains éléments de compréhension au fur et
à mesure de ma lecture. Quelques photos et illustrations au milieu du livre,
une notice biographique à la fin, vraiment c'est un poche très
complet que j'ai eu entre les mains!
L'histoire de la métamorphose de Gregor Samsa en gros insecte effrayant est
terriblement insolite et renvoie le lecteur à de nombreux questionnements
sur l'identité, la famille, le travail, l'apparence...
Ne serait-ce que pour cette idée, ce thème, je suis
déjà totalement enthousiaste car j'aime être surprise par des
situations originales, fantastiques tout en étant ancrées dans un
réel apparemment ordinaire.
Ici, ce qui me plaît beaucoup également, c'est la forme, le
découpage en trois parties qui représentent différentes phases
dans l'évolution de la situation familiale.
Parfois j'ai ri durant ma lecture, parce que certaines scènes ont aussi un
aspect grotesque (Gregor rampant sur les murs et au plafond). Cela vient surtout
du fait que Gregor est devenu un insecte, certes, mais de taille
démesurée.
"La métamorphose" est le premier récit de Kafka que je lis, pourtant
j'ai depuis longtemps le projet de découvrir davantage cet auteur. Et dans
le texte original, c'est pour moi encore plus riche, bien que pas toujours facile.
Note : 4/5
(Ysla)
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