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Ismaïl Kadaré

La pyramide
(LGF - Livre de Poche, 1994, 158 pages)

L'édification de la pyramide de Chéops est l'héroïne de ce livre mais derrière elle, à sa place devrais-je dire, c'est surtout la dénonciation des totalitarismes et les rouages de la dictature qui sont exposés par Kadaré.

Très belle métaphore sur l'asservissement jusqu'à la mort, on devine derrière les barrières égyptiennes que Kadaré parle de lui, d'un peuple, d'un régime, qu'il dénonce l'insupportable en le glissant sous des airs de roman pseudo-historique.

Un roman qui effraie un peu, car les pyramides sont souvent associées à l'image de la beauté et on a tendance à oublier que pour arriver à cela, des dizaines d'hommes, cravachés à longueur de journée, y ont laissé la vie. Ces impressions colossales donnent une idée de la grandeur (et de la mégalomanie) de ceux qui ordonnèrent la construction de tels édifices, entraînant avec eux (et leur folie) tout un peuple. Un rêve fou, la plus haute pyramide du monde, tel est ce projet démentiel, à l'image en effet de ces bâtiments sinistres que l'on trouve en Albanie (ou ailleurs). Une oeuvre qui met une population entière au travail, un travail d'esclave que Kadaré dénonce.

Sans doute pas le meilleur roman de Kadaré, il est lourd et pesant par moments mais cela est dû à cette ambiance d'oppression que l'on retrouve à chaque page.

Note : 4/5
(Sahkti)








Clair de lune,
Chronique de la ville de pierre,
Le Dossier H,
La pyramide,
Avril brisé,
Le pont aux trois arches,
Récits d'outre-temps,
L'ombre,
Spiritus,
Vie jeu et mort de Lul Mazrek,
L'aigle



Ismaïl Kadaré est né en 1936 à Gjirokaster, dans le sud de l'Albanie. Il commence des études en lettres à Tirana mais les termine à Moscou, à l'institut Gorki. En 1960, il se lance dans le journalisme et publie ses premiers poèmes. En 1970, son premier roman intitulé "Le Général de l'Armée morte" paraît. Devenu écrivain à temps plein, il dirige, en même temps, la revue "Les Lettres albanaises". En 1990, il s'exile en France. Il se promène maintenant entre Paris et Tirana. En 1996, il a été élu membre associé étranger de l'Académie des Sciences morales et politiques.





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