D'amour et d'ombre
(LGF - Livre de Poche, 1987, 371 pages)
Et oui, j'ai finalement terminé et ça valait la peine.
Si vous êtes fatigués, je ne vous le conseille pas, parce que
c'est un livre plein de petits détails, de détour et de retour
en arrière. Allende a favorisé le narrateur omniscient.
Tour à tour, il introduit des brides de vie des personnages et de leur
famille, de leur classe sociale et de leur idéologie. C'est parfois
un peu déroutant, on cherche le fil et on s'emmêle. Faut être
attentif, puisqu'ils se croissent et s'entrecroisent. Un peu comme Marquez,
elle a une manière poétique de décrire les gestes les
plus quotidiens.
D'amour et d'ombre, c'est pas seulement une histoire d'amour, mais c'est
également l'histoire du Chili. Le Chili de Pinochet, celui de la
torture, de la mort. Le Chili où le simple fait de dire qu'on a faim
est extrêmement dangereux. Le Chili de la junte militaire, féroce,
avide de sang et protégée par le pouvoir. Et surtout celui des
disparitions. Des hommes, des femmes qui disparaissent, qui s'évaporent,
dont on ne retrouve plus aucune trace. Encore aujourd'hui, les gens se
rassemblent sur les places publiques, avec le portrait d'un père,
d'une mère, d'un frère, d'une soeur qu'on n'a jamais revu.
Allende est très habile, parce que D'amour et d'ombre ce n'est pas un
livre politique, mais un livre sur la politique de la vie. Rappelez-vous
Carmen Canterra, cette petite Chilienne venue au Québec pour être
opérée, de multiples greffes de la peau, parce qu'elle avait
été arrosée d'essence et brûlée vive par
un militaire fou. Son seul tort, s'être trouvée dans la rue au
moment d'une rafle.
Belle histoire que celle d'Irène et de Francisco qui n'auraient pas
dû se rencontrer. Éloge de l'amitié qui se transforme en
amour, quand l'ombre s'épaissit. Jeux d'ombre et jeu de lumière,
personnages farfelus, déconcertants, grandioses; que ce soit les
petits vieux d'Irène à la sainte - épileptique - populaire
d'un village perdu, ils sont tous attachants et troublants.
Personnages de mères, forts, présents jusqu'à
l'omniprésence. Bref, un livre intéressant, pas un livre qu'on
dévore, plutôt du genre à lire à petite dose.
Note: 4.8/5
(Chatminou)
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J'ai eu vraiment de la difficulté à embarquer au début. Les personnages
sont hyper attachants mais on va faire des tours n'ayant pas vraiment rapport dans le passé,
ce qui m'énervait.
D'amour et d'ombre c'est la façon dont vivent certains habitants de l'oppression de la
police (armée) qui a tous les droits, venir enlever des gens la nuit et ensuite
les relâcher (mais plus personne ne les revoit). Irène et Francisco,
deux amis/amoureux travaillant pour un journal, mettent à jour cet état des choses avec
la découverte d'un charnier clandestin contenant plus de cinquante cadavres. Ils relatent les faits à
l'Église qui elle prend la situation en main. Les coupables s'en sortent mais à
peine et tous ceux qui les ont dénoncés doivent se sauver du pays.
Note : 3/5
(Mamanlouve)
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