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John Irving

Un enfant de la balle
(Seuil/Points, 1998, 765 pages)

Un très bon roman de John Irving dans lequel on retrouve son humour incomparable, sa verve, ses longues descriptions colorées, un nombre de pages considérable, bref tout ce qui fait le charme de John Irving... non pas tout, en fait ici on est en Inde au lieu d'être en Nouvelle-Angleterre et ça, ça m'a énormément déçue en partant. Car j'aime la Nouvelle-Angleterre, le Vermont, le New Hampshire... mais l'Inde franchement ça ne m'attire pas du tout. Mais John Irving étant ce qu'il est il a réussi à me séduire quand même.

Il y a l'Inde, des cirques, des clowns, des médecins, des nains, Toronto, un club sélect à Bombay, le cinéma, Vienne, des meurtres, du sexe, de l'amour, des prostituées, des bordels, des travestis, des jumeaux, des mendiants, des dessins d'éléphants, des missionnaires... Bref un véritable méli-mélo de thèmes, de personnages excentriques et de péripéties abracadabrantes.

Le personnage principal, le docteur Farrokh Daruwalla, un homme d'une soixantaine d'années médecin orthopédiste est un Indien mais il vit à Toronto. Il séjourne régulièrement à Bombay. Il se sent chez-lui nulle part, à Bombay il détonne parmi les Indiens et il parle l'hindi avec un accent terrible, à Toronto il n'est qu'un immigrant de plus. Finalement le seul véritable endroit où il est bien, est le Duckworth. John Irving est revenu souvent avec cette phrase du père de Farrokh : "Un émigré reste un émigré toute sa vie"... Finalement c'est le thème central du roman même s'il est enrobé de bien autres choses.

Quoique John Irving se défend bien au début d'écrire un roman sur l'Inde, on y est bien en Inde tellement ses descriptions sont suggestives. L'odeur, le bruit, la misère sociale, les enfants dans la rue, les infirmes... Ça reste que c'est avec une voix bien américaine et voilà tout le charme.

Pour un roman de cet ampleur, il y a peu de longueurs mais il y en a, surtout quand John Irving fait trop dans le loufoque. N'empêche que j'ai beaucoup aimé, pas autant que certains de ses autres romans, mais un incontournable pour les fans de l'auteur.

À noter que John Irving a dédié ce roman, qu'il a mis six ans à écrire, à son grand ami : Salman Rushdie.

Note : 4/5
(Mousseline)

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