Club des rats de biblio-net


9295 critiques, 3554 livres, 1434 auteurs



Arnaldur Indridason

La femme en vert
(Métailié, 2006, 298 pages)

Loin des cartes postales.

Second roman de cet auteur islandais, qui nous décrit un Reykjavik cauchemardesque.

Un jour d'anniversaire dans une banlieue de Reykjavik, une enfant suce un objet qui s'avère être un bout d'os humain. Dans ce quartier en pleine reconstruction, un corps a été enfoui environ soixante ans plutôt! Commence alors quatre histoires qui s'imbriquent les unes dans les autres. Deux sont actuelles, le commissaire Erlendur mène cette enquête avec ses adjoints Elinborg, une des rares femmes de la police islandaise et Sigurdur Oli. Mais Erlendur en plus, doit veiller sur sa fille qui, droguée et enceinte, vient de l'appeler au secours? Quand il la retrouve, elle a perdu son bébé et est dans le coma à l'hôpital. Le médecin lui conseille de parler, alors le père se raconte à sa fille, lui explique que ses parents et lui ont quitté la campagne islandaise pour la capitale, il lui parle de son ex-femme, oubliant toute pudeur. Mais l'enquête est là, est-elle nécessaire d'ailleurs?

Que s'est-il passé soixante ans avant dans ce qui n'était à l'époque que des résidences d'été; la présence de plusieurs groseilliers laisse à penser qu'il y avait une maison pas loin de l'endroit où le corps a été découvert, laquelle laissée à l'abandon a été détruite. Les témoins de l'époque sont rares, leurs mémoires sont un peu chancelantes. Les troupes anglaises et américaines ont stationné dans les environs, s'agit-il d'un des leurs?

Une femme sans nom raconte sa vie, ou plutôt son calvaire avec un mari à la violence extrême, elle est mère d'une petite fille handicapée qui n'est pas de lui. Nous les retrouverons tout au long de l'enquête quand sa vie deviendra un véritable cauchemar, avec deux enfants de plus et un mari de pire en pire, monstre de sadisme.

Nous rencontrerons aussi Benjamin, riche commerçant : il était le propriétaire de cette maison, mais n'y habitait pas. Sa soeur raconte à la police que sa fiancée a disparu juste avant son mariage. Quelles en sont les raisons, où est-elle partie? Quels secrets de famille sont enfouis dans les mémoires? Les interrogatoires des proches de la famille de Benjamin restant en vie sonnent faux, ce qu'ils cachent a-t'il un rapport avec le cadavre? Les archéologues, chargés de sortir le corps de terre, prennent milles précautions, pendant près qu'une semaine, les policiers se posent la question, homme ou femme?

Erlandur, le commissaire est un homme solitaire, il a quitté sa femme il y a très longtemps, son fils le voit rarement et les visites de sa fille se terminent sous un flot de reproches. Pourquoi l'avoir appelé ce soir-là?

La femme, celle des années passées (la mère), épouse martyre, porte le poids de ses fautes. Fille mère d'une fillette handicapée, seule contre un monstre, après deux tentatives de fugues, elle s'est résignée. Ses enfants, Mikkelina et Simon aident leur mère de toutes leurs forces, seul Thomas qui ressemble à son père bénéficie de quelques bontés, les scènes de brutalités sont impressionnantes, Grimur, son mari est une brute abjecte, sorte de Docteur Jekill et Mister Hyde. Sa famille aura six mois de bonheur quand il sera emprisonné pour vol de vivre dans une base américaine, mais six mois, ce n'est pas long, l'enfer est de retour.

Le style de narration, avec ses nombreux retours en arrière est malgré tout facile à lire, car l'écriture est simple. Certains passages sont très durs, comme quand Erlendur recherche sa fille dans les quartiers de drogués de la capitale islandaise.

Un très bon roman qui m'incite à lire bientôt "La cité des jarres".

Extraits :

"Au cours de ses rares sorties, Simon avait l'impression que son père était presque un être humain. Presque un père."

"Le seul pouvoir qu'il a dans ce monde, est celui qu'il a sur nous et il n'a pas envie de le lâcher. Et il ne le lâchera jamais."

Note : 4/5
(Eireann)
**********

Après lecture de ce deuxième roman d'Indridason, je ne peux que dire le plus grand bien de cet auteur. Car non seulement, il offre ici une intrigue passionnante de bout en bout mais il a un talent fou pour créer des personnages que l'on ne peut pas oublier. Ils continuent à vivre dès la dernière ligne lue, le livre refermé. Et ça c'est une réussite. C'est bien simple, je n'ai pas pu quitter le livre avant la dernière page et c'est avec la gorge serrée que j'ai eu bien du mal à le refermer.

L'alternance des passages entre le présent (où Erlendur et son équipe travaillent à l'exhumation du passé autant que celle du corps) et le passé (où ce qui se passe dans cette maison aux groseilliers a de quoi vous faire cauchemarder) est d'une efficacité redoutable. On veut savoir et en fait non. Oh et puis si. Et c'est l'occasion d'en apprendre un peu plus sur Erlendur et ses démêlés avec son ex-femme, sa tentative maladroite pour se rapprocher de sa fille qui a ses propres démons à combattre et nous est offert un pan de son enfance avec l'explication de sa fascination pour les histoires de disparitions mystérieuses et les affaires dont les racines remontent loin dans les histoires de familles.

Je suis devenue fan d'Indridason et je dis que j'en veux encore. C'est plus que du polar ses romans, c'est un vrai univers d'auteur...

Note : 4,5/5
(Chimère)
**********

Arnaldur Indridason me plaît beaucoup! (enfin son écriture...) Un récit fort, troublant, très dense, dans lequel son héros n'en est pas vraiment un, ressemble à un type désabusé avec plein de soucis familiaux et ressent encore beaucoup d'émotions face aux enquêtes qu'il doit mener.

Il y a ici une intrigue à démêler (la découverte d'ossements humains datant d'un demi-siècle) et une belle exploration psychologique de chaque personnage, habilement menée par un procédé d'écriture en écho. Deux récits se chevauchent, se croisent et finissent par se rejoindre. Lorsque j'ai lu le résumé du livre en librairie, je me demandais si ça n'allait pas trop ressembler à "Wonderland Avenue" de Connelly (des os, des décennies écoulées, des maltraitances...), mais non, pas du tout. Indridason possède un style bien particulier qui le différencie des autres.

Une lecture très plaisante, à l'exception toutefois des dernières lignes. Ce happy end me paraît superflu, voire décalé et en trop, je m'en serais bien passée, il n'apporte rien. L'auteur avait déjà fait pareil avec "La cité des jarres", il fallait clore sur une note d'espoir. Idem ici, dommage. Mais cela ne retire rien à la qualité de ce livre que je recommande chaudement.

Note : 4/5
(Sahkti)
**********

Encore meilleur que le premier! Roman très bien construit, suspense jusqu'au bout, personnages attachants. Une réussite.

Note : 5/5
(Odilette)







La cité des jarres,
La femme en vert,
La voix



Arnaldur Indridason est né à Reykjavik (Islande) en 1961, où il vit actuellement. Diplômé en histoire, il a été journaliste et critique de cinéma. Il est l'auteur de romans noirs, dont "La Cité des jarres"; plusieurs sont des best-sellers internationaux.




Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net