Une trop bruyante solitude (Seuil/Points, 1997, 125 pages)
Hanta est pressier depuis 35 ans, avec sa machine il détruit des livres et
du papier qui sont destinés au recyclage, il réussit à sauver un
livre par-ci par-là. L'histoire se déroule à Prague, à l'époque de la
deuxième guerre mondiale, du temps où
les livres étaient censurés, par millier des chef-d'oeuvres de grands auteurs
furent détruits.
Voilà un beau roman car tout est beau dans ce livre. D'abord l'écriture, chaque
mot, chaque syllabe m'absorbait littéralement, j'étais ancrée profondément. Une plume
fluide, poétique, intimiste. De plus plein de belles choses sont dites, des phrases
juste pour la beauté des mots mais aussi des phrases pour la beauté des
idées.
L'histoire est très touchante, je ne conçois pas qu'un lecteur puisse rester
insensible à cet amour de Hanta envers les livres. Hanta, un homme ordinaire, sans
éducation, qui a connu et aimé la littérature en détruisant des
livres, dans un sous-sol avec sa solitude trop bruyante.
Aussi c'est tout à fait réjouissant tous ces auteurs cités, on a juste le
goût de se garrocher dans la littérature
de l'Europe de l'Est et de lire Goethe, Schopenhauer, Kafka, Schiller, Nietzsche, Hegel...
Je le recommande très fortement, un petit livre mais un grand roman!
Note : 5/5
(Mousseline)
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L'écriture de Hrabal ruisselle comme une cascade: on commence une phrase et on est
emporté jusqu'au bout de l'histoire. En chemin, on aura visité la cave où
Hanta presse de vieux papiers en buvant de la bière, son appartement où les
livres s'entassent au risque de l'écraser à son tour, le jardin de son oncle où
tourne une vieille locomotive. Le style passe sans prévenir du mode le plus trivial au
mode poétique, voire philosophique. Hanta écrase des souris, chasse les mouches
en lisant Kant, en admirant le ciel étoilé et en voyant apparaître (sous
l'effet de la bière) Lao-Tseu et Jésus.
"Une trop bruyante solitude" n'est rien d'autre que la longue méditation d'un vieil
ouvrier qui s'interroge sur la disparition d'une certaine culture et voit venir la fin de son
monde.
Note : 5/5
(Papillon)
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Hanta écrase des livres sous sa presse depuis 35 ans. Dans l'avalanche de livres qui se
déversent dans sa cave, il fait son choix, arrachant les uns à la mort,
réservant à d'autres un traitement plus digne que celui auxquels ils
étaient promis. Et le lecteur de suivre Hanta dans ses journées entre travail,
alcool, soliloques et délires divers. Mais quand je parle de délires, il s'agit
la plupart du temps de dérives inspirées, témoin la scène entre
Lao Tseu et Jésus (lisez, vous comprendrez!). Hanta a acquis grâce à ces
livres une culture autrement inaccessible.
Son regard sur les livres et sa façon d'orner les paquets de reproductions de tableaux
est empreint de poésie. C'est typiquement le genre de livre dont on souligne
compulsivement des passages entiers (et je sais que je ne suis pas la seule à avoir
cette déviance). Cela manque parfois de rythme, puisque le livre repose sur le fil de la
pensée du héros, plus que sur des faits. Le final est très réussi.
Un petit livre qui vaut le déplacement (et qui m'a donné grande envie de lire la
Théorie générale du ciel de Kant – il faut le faire!).
Note : 4.25/5
(Flo)
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Dans ce roman, Bohumul Habral nous livre Hanta, seul et vieillissant dans le bruit de son
monologue et de sa presse, dans le bruit du passé qu'il fait ressurgir à tout
moment, qu'il ressasse, dont il fait son compagnon, le mêlant au présent, alors
qu'il se trouve confronté au vacarme d'une société tchèque en
pleine évolution.
Roman très court, qui se lit en quelques heures, mais qui a une force incroyable, qui
condense énormément de thèmes. Étonnant aussi, cet ouvrage
résolument à part, impressionne par ses partis pris esthétiques radicaux
grâce à un texte tout en nuances.
Avec ses nombreuses répétitions et ses phrases qui reviennent comme des
leitmotivs, grâce à un style incantatoire, Hrabal finit par nous charmer malgré
l'univers glauque qu'il décrit.
Note : 4.75/5 (Sereine)
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Peut-être lu au mauvais moment, peut-être pas assez de concentration de
ma part mais je n'ai pas réussi à me laisser émouvoir par le
personnage et son histoire.
J'ai voulu me laisser émouvoir mais je n'y suis pas arrivée...
Note : 2/5 (Lagrande)
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Comme Lagrande, je n'ai pas été touchée plus que ça par
ce roman. Est-ce parce j'avais de grandes attentes après toutes ces
critiques dithyrambiques? Peut-être... Mais il reste que je l'ai lu de façon
très détachée, sans m'attacher au héros.
Malgré tout, j'ai apprécié certains passages et
références, comme sa peur face à ceux qui négligent la
culture, qui la détruisent sans émotion, ou la tendresse qu'il a
éprouvé pour sa petite tsigane.
Mais pour le reste, je suis restée froide malgré une belle
écriture et de belles réflexions. Ça arrive parfois... La
petite touche magique qu'on ne parvient pas à identifier n'est tout
simplement pas là... Dommage.
Note : 3/5 (Frisette)
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J'ai été quelque peu déçue par ce livre. J'ai eu de la
peine à le terminer même s'il ne fait que 125 pages! Certains passages
m'ont plu surtout ceux qui me faisaient découvrir la culture tchèque,
mais mon intérêt n'a pas été maintenu. Je
décrochais de l'histoire souvent et perdais le fil.
Note : 3/5 (Cocotte)
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Hanta détruit des livres, c'est son métier. A longueur de
journée, avec une vieille presse, il détruit, détruit... il
est seul et il boit de la bière. Mais, amoureux des livres, il arrive aussi
à en sauver des centaines, qu'il entasse chez lui dans tous les coins,
jusqu'au-dessus de son lit. Et si c'était lui qui finissait
écrasé par ces livres au-dessus de lui?, se demande-t-il. Et le
lecteur entre dans les pensées de cet homme seul, dans ses questions, ses
réflexions, ses souffrances...
C'est un livre résistant. Il nous parle de l'écrit, de la
littérature mais aussi des totalitarismes, de la résistance, de
l'extermination des tsiganes par les nazis, de la fin du monde des petits ouvriers
remplacés avec le progrès par d'énormes machines...
C'est sombre, pesant, mais très beau, très prenant et inducteur de
plein de réflexions personnelles. Une écriture très belle, un
style très particulier que j'ai beaucoup appréciés.
Note : 4.5/5 (Chantal)
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Il y a deux histoires pour ce livre : l'histoire racontée par le livre et
l'histoire du livre.
"Une trop bruyante solitude" est un roman sur l'amour des livres, sur la censure et
le totalitarisme et sur le désarroi d'un homme. Hanta est presseur de livres
depuis 35 ans. Seul et malheureux il a sombré dans l'alcoolisme. Sa vie
n'est qu'une suite de ratages en tous genres. Illettré son métier de
croque mort des livres lui a permis de découvrir la littérature et le
pouvoir des mots. Et il en est devenu un résistant. En 35 ans il en a
sauvé des livres du pilon, des livres politiquement incorrects que la
censure a envoyé dans sa cave à un rythme effréné.
Détruire, éradiquer la culture, tuer les mots et maintenir le peuple
dans l'ignorance et l'oppression, voici ce que dénonce Bohumil Hrabal dans
son livre. Et la gigantesque presse décrite au chapitre 6, outil
mécanique au service d'une idéologie politique destructrice, m'a
donné des sueurs froides.
Le sujet du livre est horrible. Le personnage principal est détestable au
début, puis on le prend en pitié et au final on finit par l'aimer. Le
ton est grinçant, le lecteur oscille entre rire jaune et profond
dégoût. Parfois le livre est drôle parfois il file la
nausée. C'est un livre remarquable par la diversité des
émotions qu'il procure et par la réflexion qu'il provoque.
L'histoire du livre est elle même aussi remarquable. "Une trop bruyante
solitude" est un récit d'inspiration autobiographique. Bohumil Hrabal a
travaillé pendant cinq ans comme presseur de papier dans un entrepôt
de vieux papiers, rue Spalena, où est située l'action du roman.
Hanta, était son collègue de travail. "Une trop bruyante solitude" a
été publié clandestinement en Tchécoslovaquie. Bohumil
Hrabal a été longtemps censuré sous prétexte de
grossièreté et de pornographie et deux de ses livres furent
envoyés au pilon. Son oeuvre a toujours été surveillée
par les autorités communistes. "Une trop bruyante solitude" a
été adapté au cinéma et en BD.
Note : 4/5 (Lhisbei)
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