Trains étroitement surveillés
(Gallimard/Folio, 2004, 124 pages)
Un stagiaire de gare raconte avec une verve peu ordinaire mais de façon
très humaine et poétique les périples dans cette gare à
la fin de la guerre 40-45 juste avant et pendant le bombardement de Dresde. Le tout
est constitué de petits traits variant du comique et du tendre au
sérieux et affreux dans une suite de scènes burlesques,
émouvantes, attendrissantes et saisissantes: quelques notions sur le
passé, ensuite la vie de gare et ses collègues mêlés
dans des affaires sexuelles peu ordinaires, et les trains qui passent: des trains de
bêtes pour boucherie, des trains de soldats pour le front, un train
aménagé en hôpital venant du front, les trains de
l'armée étroitement surveillés, son premier chagrin d'amour,
comment il devient un homme pour finir en héros.
Un petit récit d'un grand auteur pour être lu d'un seul trait. Quelques
citations pour donner une impression:
"(...) et grand-père continuait d'avancer droit sur ce tank, il avait les
bras tendus et par les yeux il injectait aux Allemands sa pensée, faites
demi-tour et retournez d'où vous venez... et de fait le premier tank
stoppa, toute l'armée s'arrêtait pile, grand-père touchait ce
tank du bout des doigts et ne cessait d'émettre la même
pensée... faites demi-tour et retournez d'où vous venez, faites
demi-tour et retournez d'où vous venez, faites demi-tour... puis(...)"
"(...) nous regardions droit devant nous, occupés à peindre la
clôture, chacun de son côté, toujours face à face, il y
avait en tout cinq kilomètres de clôture, nous avons passé
comme ça tous les jours, face à face pendant cinq mois et nous nous
sommes tout dit, Macha et moi, mais il y avait toujours la clôture entre
nous; un jour, après avoir peint deux kilomètres de cette
clôture (...)"
"Puis un Allemand se mit à pleurer si bizarrement (...); et ensuite cet
Allemand pleura comme un être humain, et (...)"
Note : 4,5/5
(Gallomaniac)
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