La reine des pommes (Gallimard/Folio Policier, 1999, 281 pages)
Des truands transforment, soi-disant, des billets de dix dollars en billets de cent.
Jackson est un noir des plus naïf qui a perdu tout son fric aux mains de ces bandits. En
fait sa vie a complètement dérapé, en plus de son argent, il perd sa
copine, son boulot... L'histoire se passe dans Harlem, possiblement dans les années cinquante, comme la traduction en
français a paru pour la première fois en 1958.
C'est un roman très noir, mais aussi très drôle, on rigole du début
à la fin. Le sordide et le loufoque font ici un mélange savoureux. Plus qu'un
roman policier, c'est aussi et peut-être surtout un roman social. Chester Himes
décrit Harlem dans tous ses coins et recoins, la misère,
la saleté, la violence, c'est la vie dans ce qu'elle a de plus pathétique. On ne
s'ennuie jamais dans les descriptions de Chester Himes car le rythme est rapide. J'avais
souvent l'impression d'être dans l'un de ces vieux films de gangsters américains
où il y a toujours de l'action.
La Reine des pommes est le premier roman d'une série qui met en vedette deux
inspecteurs noirs, Ed Cercueil Johnson et Fossoyeur Jones. Il a obtenu le Grand Prix de
littérature policière.
Je vous le recommande chaleureusement, sous le couvert d'un humour irrésistible et d'une
histoire policière c'est un roman qui démontre la condition déplorable
des noirs américains.
Note : 4.5/5
(Mousseline)
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