Peter Camenzind
(LGF, 1991, 217 pages)
Peter Camenzind est un jeune homme, élevé à la campagne,
à la dure par un père qui croit dans la rédemption par le
châtiment corporel. Sa mère meurt, son pèe s'endurcit. Peter
s'intéresse peu aux travaux des champs et à certaines matières
scolaires. Il préfère la poésie, les grands auteurs, les rêves
et l'évasion littéraire. De quoi lui valoir les inimités de certains
professeurs et la colère paternelle. Alors Peter s'en va, parcourir le
monde. Le contraste ville-campagne le frappe, l'inspire aussi. Tout comme les
drames amoureux qui vont jalonner son existence et lui offrir une souffrance qui le
poussera à écrire davantage. Peu à peu, son statut
d'écrivain se confirme, cumulé à un alcoolisme grandissant qui
fait de Peter l'archétype de l'artiste maudit, adulé et haï à
la fois par ses pairs.
Peter Camenzind, on s'en rend compte très vite, c'est Hermann Hesse qui se
confie et nous parle de lui-même et de son parcours. Ce roman initiatique,
teinté d'une écriture romantique et poétique, raconte les
errances d'un jeune homme qui apprend petit à petit à surmonter les
difficultés de la vie et à vivre de son métier
d'écrivain.
Camenzind se livre dans de longues descriptions, dans de touchants monologues
intérieurs. J'ai apprécié le côté réaliste
de l'écriture par moments, cette façon de dire les choses sans
fioritures lorsque ça ne va pas. En même temps, il y a une certaine
forme de narcissime, Peter Camenzind s'aime bien et le succès le grise un
peu.
Pas de grandes leçons de vie et de philosophie clairement
énoncées dans cet ouvrage initialement publié en 1904, comme
c'est le cas dans d'autres ouvrages de Hermann Hesse, mais la démarche
conduisant à la réflexion sur soi et sur les autres est là,
apparente et palpable. Le lecteur n'a qu'à s'en saisir et la mener lui-même
à bon port, en suivant les traces de ce jeune homme, attachant et
insupportable à la fois.
Note : 4/5
(Sahkti1)
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