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Hermann Hesse

Le loup des steppes
(LGF - Livre de Poche, 1991, 224 pages)

Résumé : A force de renier ce qui constitue le bonheur quotidien des hommes, Harry se sent devenir "un loup des steppes" inapte à frayer avec ses semblables, de plus en plus solitaire et voué à l'isolement. Il n'entrevoit qu'une solution: se tuer, mais la peur de la mort l'empêche soudainement de rentrer chez lui et de mettre son dessin à exécution. Il erre dans la rue et rencontre son homologue féminin qui a choisi la pratique de ces plaisirs que lui-même a fui. Hermine va véritablement l'initier à la vie.

Tout simplement sublime.

Herman Hesse nous présente ici sa philosophie. Il dévoile son personnage comme quelqu'un qui ne maîtrise sa vie que par la logique, la réflexion et l'intellect sans pour autant la vivre telle qu'elle est. Hesse fait une description magnifique de la quête troublante pour trouver le difficile équilibre entre le corps et l'esprit sans lequel l'homme ne peut atteindre la plénitude. Harry est un homme plus réfléchi que le reste des hommes qui a, en touchant aux choses de l'esprit, cette souveraineté presque glacée de ceux qui n'ont plus besoin que des faits, qui ont pensé, qui savent.

Il s'agit d'une oeuvre riche d'enseignements. Dès les premières pages, je me suis laissée aller au gré du récit qui a maintenu mon intérêt jusqu'à la dernière phrase. L'écriture raffinée, recherchée et profonde de l'auteur est un plaisir en soi. J'ai littéralement été séduite par cette lecture qui d'ailleurs est considéré comme un livre-culte. Ce livre est notamment une véritable re-découverte (je l'ai lu dans la vingtaine) pour moi et reflète l'homme et les futilités de ce monde. Si Harry a un loup en lui, je crois qu'il en existe un en chacun de nous. Maintenant, il ne reste qu'à l'apprivoiser pour trouver la vraie personne qui existe en nous afin d'éviter le suicide de l'âme et la monotonie de la vie des gens trop perdus dans leur propre monde pour voir qu'il existe un ailleurs.

C'est une riche et splendide création littéraire ainsi qu'un récit poignant où Hesse soupèse chaque mot. Certains ouvrages nous tiennent particulièrement à coeur et celui-ci ne passe pas inaperçu. Herman Hesse est un auteur existentialiste qui exprime la souffrance de l'homme.

Lisez ce livre comme un gourmet mange un parfait aux amandes: avec sentiment, raison et discernement. Bref, ce roman vient rejoindre les rangs de mes coups de coeur de l'année et sans hésitation aucune je vous enjoint de faire connaissance avec cet auteur.

Note : 5/5
(Sereine)
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"Seulement... pour... les... fous."

Je me demande comment on en vient à écrire un tel livre... et, quand on l'écrit, est-ce qu'on se rend compte de ce qu'on est en train de faire?...

Ne sachant absolument pas comment résumer cet OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), autant faire simple, et citer directement un extrait (qui n'ouvre pas le roman) : "Il y avait une fois un nommé Harry, au sobriquet de Loup des steppes. Il marchait sur deux jambes, portait des vêtements et était un homme, bien qu'au fond, il ne fût quand même qu'un loup des steppes. Il avait appris bien des choses comme en peuvent apprendre les gens sensés, et c'était un homme assez intelligent. Mais ce qu'il n'avait pas appris, c'est à être content de lui-même et de sa vie." Alors Harry décide de se suicider - mais le soir du grand soir, il a peur, il n'ose plus rentrer chez lui. C'est ainsi qu'il va rencontrer Hermine, troublante jeune femme, qui va faire découvrir au "Loup des steppes" un monde incroyable...

Hermann Hesse écrit comme un dieu. Non seulement c'est magnifique à lire, mais en plus, les phrases ne se contentent pas d'être belles : elles contiennent un vrai sens, une folie absolue, une noirceur évidente, elles deviennent miroir... elles brillent. Hesse dit tellement de choses qu'il faudrait lire et relire "Le Loup des steppes", parce que je suis sûre qu'on y trouverait des leçons différentes à chaque fois, parce que, de toute façon, vu la profondeur de l'oeuvre, c'est impossible d'en saisir toute la sève en une seule lecture.

"A certains moments, l'ancien et l'actuel, la douleur et le plaisir, la crainte et la joie, se mêlaient en moi étrangement. Tantôt, j'étais au ciel, tantôt en enfer, mais, le plus souvent, dans les deux en même temps."

Ce n'est même pas la peine que j'essaie de critiquer ce conte, je n'y arriverai pas... J'écris "conte" parce qu'à mes yeux, ça en est un. Ce livre en contient toute la folie, le rêve, la peur et, même si l'auteur est profondément marqué par son époque (la guerre, absurde, est un motif qui revient plusieurs fois) et son horreur, le lecteur se laisse emporter dans son Théâtre Magique... Il faut accepter de perdre pied, de suivre Harry dans ses dédales fous et dans ses contradictions, de rencontrer des personnages fantastiques (dans tous les sens du terme), de...

"Oppressé, je rôdais de long en large, sentais dans ma bouche le goût du sang et du chocolat, l'un aussi répugnant que l'autre, souhaitais ardemment m'affranchir de cette vague immonde, luttais, fébrile, en moi-même, pour créer des images douces et plus supportables. "Pas cela, pas cela!" me disais-je..."

Même s'il est évident que je suis passée à côté de milliards d'enseignements de ce roman, je suis au moins sûre d'une chose : "Le Loup des steppes" est un chef-d'oeuvre.

Note : 5/5
(louve-épine)
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Faut peut-être se sentir marginal soi-même, un peu du moins, pour apprécier à juste titre cette oeuvre comme elle le mérite.

Harry Heller est venu bien près de se suicider le soir où il a rencontré Hermine. Harry est un intellectuel qui méprise le bourgeoisisme, l'industrialisation et tous les plaisirs de la vie courante : dancing, jazz, cinéma... il ne vénère que la pensée, la musique de goût telle que celle de Mozart, la vie de l'esprit. Mais n'empêche qu'Harry a des liens qui le retiennent à une certaine vie bourgeoise et pour ce il se méprise. Harry Heller est un très beau personnage, décrit à la perfection. On le suit pas à pas. On sait qu'il en existe encore des Harry Heller. Des gens qui ne sont pas à leur place dans ce siècle.

Comme lecteur on peut se retrouver quelque peu en Harry Heller, dans le sens qu'on peut se sentir marginal, entouré de non lecteurs. Mais pour moi qui aime tant la vie et trouve du bonheur dans la moindre des petites choses la comparaison avec Harry Heller ne va pas plus loin. Même que ce personnage m'a souvent été désagréable. Il se targue d'apprécier ce qui vaut la peine d'être apprécié et a du mépris envers le reste. Si c'est ça être intellectuel... c'est bien triste.

Une lecture pas vraiment divertissante mais très formatrice, c'est de la philosophie. Ce n'est pas un livre que je quittais difficilement au contraire après quelques pages j'en avais assez parce que c'est rigoureux, mais pas rigide pour autant. J'avais parfois l'impression de lire un essai philosophique plutôt qu'un roman. Ce n'est certes pas déplaisant, parce que c'est enrichissant. En fait, c'est une lecture qui m'aurait réjouit énormément voilà quinze ans, en ce temps-là je me plaisais énormément à lire des ouvrages du genre. Maintenant c'est sans doute trop intellectuel pour moi.

Finalement j'ai ai pris un certain plaisir, plusieurs extraits m'ont soulevée et m'ont ramenée à des années en arrière. Mais mes attentes qui étaient très élevées sont déçues. Ce livre est souvent cité parmi les chefs-d'oeuvre de la littérature et je suis d'accord mais ça ne m'a pas rejoint entièrement, en fait c'est loin de moi, de mes préoccupations actuelles. N'empêche, je suis très contente de l'avoir lu et découvert. Je ne vais probablement pas relire Hermann Hesse, deux romans c'est suffisant, il y a d'autres auteurs qui m'intéressent bien davantage.

"Le bourgeois, précisément, n'apprécie rien autant que le moi. Ainsi, au détriment de l'intensité, il obtient la conservation et la sécurité; au lieu de la folie en Dieu, il récolte la tranquillité de la conscience; au lieu de la volupté, le confort; au lieu de la liberté, l'aisance; au lieu de l'ardeur mortelle, une température agréable. Le bourgeois, de par sa nature, est un être doué d'une faible vitalité, craintif, effrayé de tout abandon, facile à gouverner. C'est pourquoi, à la place de la puissance, il a mis la majorité; à la place de la force, la loi; à la place de la responsabilité, le droit de vote."

Note : 3,75/5
(Mousseline)
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Harry Haller, intellectuel solitaire, épris d'art et de philosophie, renie le monde bourgeois. Son terrible et incessant combat intérieur entre son moi humain (civilisé et intellectuel) et son moi animal (qui agresse et s'isole), le pousse à prendre la décision de se tuer. Mais la peur de la mort le retient, l'empêche de rentrer chez lui où il devait se trancher la gorge. Après avoir divagué dans les rues, il échoue dans un bar où il rencontre son double féminin, Hermine, qui va lui apprendre les plaisirs, et lui apprendre à concilier les besoins du corps et ceux de l'esprit...

C'est un roman philosophique qui me paraissait bien noir au début de ma lecture, mais dans lequel je me suis vite "embarquée", y trouvant des passages exceptionnels. C'est un roman existentiel qui nous dévoile un homme torturé, reniant le monde et la société de son époque, et à la recherche d'une paix intérieure. La fin du roman, tournant au "délire" fantastique m'a moins plu, (plusieurs voies s'ouvrent à Harry dans le Théâtre Magique"), l'auteur ouvrant des pistes et laissant le lecteur chercher seul sa méthode de recherche spirituelle, sans conclure véritablement le récit.

Note : 4/5
(Chantal)
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Harry Haller est tiraillé entre monde bourgeois et solitude, entre homme délicat, intellectuel et loup sauvage révolté par le monde dans lequel il vit. Un jour, cette dualité le met tellement mal à l'aise qu'il décide de mettre fin à ses jours, mais il est tellement effrayé par cette idée qu'il se rend dans un bar et rencontre Hermine, une femme espiègle aimant la vie par dessus tout. Elle lui apprendra à danser, à sortir, à profiter de la vie et de tous ses excès. Hermine semble être le contraire de Harry mais elle est son pendant, sa soeur. Il y a une certaine familiarité entre les deux personnages, familiarité teinté d'étrangeté aussi... (on retrouve ici le thème du double, de la même manière que chez E.T.A Hoffmann...). Hermine ne lui apprendra pas seulement les plaisirs de la vie mais aussi que l'homme n'est pas seulement dualité mais multiple...

Cette oeuvre est inclassable, s'agit-il d'un roman initiatique? d'un essai philosophique? d'une tragi-comédie? d'un roman fantastique? L'épisode du théâtre magique m'a vraiment fait penser aux diverses nouvelles d'E.T.A Hoffmann telles que "Don Juan" ou "Les aventures de la nuit de la Saint-Sylvestre". J'ai également trouvé ce passage tiré par les cheveux et heureusement que la fin est originale, parce que j'en aurait gardé une assez mauvaise image (une copie partielle de ce cher Hoffmann...). Par contre j'ai vraiment dû m'accrocher pour finir ce livre!!! Il y a des passages certes superbes mais le style est très dense et parfois il faut interrompre la lecture pour réfléchir à la pensée de l'auteur. Bref c'est un livre d'université, qui offrirait de nombreux sujets de dissertation ou de mémoire mais "Le loup des steppes" ne restera pas parmi mes meilleurs souvenirs de lecture.

Note : 3/5
(Catzoé )







Siddhartha,
Le loup des steppes,
Narcisse et Goldmund,
Brèves nouvelles de mon jardin,
Lettre à un jeune artiste,
L'art de l'oisiveté,
Peter Camenzind

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