L'art de l'oisiveté
(LGF, 2007, 278 pages)
Qui n'a pas rêvé un jour du plaisir de ne rien faire? Rien faire du
tout, farniente total. Avec, souvent, assez rapidement l'arrivée de la
réflexion "je finirais pas m'ennuyer", reflet d'une époque qui a
placé le travail et l'activité au centre des préoccupations de
tout un chacun. Après tout comme on dit, il faut bien payer le loyer.
Hermann Hesse s'est penché sur la question, à travers des fragments
rédigés entre 1899 et 1959, relativement peu connus, ce qui est bien
dommage, tant ils apportent une touche d'humanité supplémentaire au
portrait de cet homme considéré comme austère et froid.
Hesse nous raconte un tas de petites histoires, d'aventures, d'anecdotes, de
tranches de vie qui donnent tout son sens (et sa noblesse!) au mot
oisiveté.
Certains textes peuvent paraître décalés, car ce qui
était courant au début du XXe siècle ne l'est plus
forcément aujourd'hui mais tout de même, il faut reconnaître que
le trait féroce de Hesse n'a pas pris une ride lorsqu'il dénonce le
tourisme de masse ou l'extase collective devant les phénomènes de
mode.
J'ai aimé la légèreté de son trait, le ton juste et cet
humour qui se faufile au gré des pages pour nous apprendre à profiter
du temps qui passe et d'une certaine forme de solitude, celle qui nous entraîne
loin des courants trop fréquentés par nos pairs.
Note : 4,5/5
(Sahkti1)
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