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Ernest Hemingway

Paris est une fête
(Gallimard/folio, 1973, 240 pages)

Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1918 - n'avait pas pu faire le nécessaire, ou n'avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n'avait pas été sérieux et le patron l'avait sévèrement réprimandé après que Miss Stein eut manifesté son mécontentement. Le patron avait dit à son employé: "Vous êtes tous une génération perdue." "C'est ce que vous êtes. C'est ce que vous êtes tous, dit Miss Stein. Vous autres, jeunes gens qui avez fait la guerre, vous êtes tous une génération perdue."

Ce recueil de textes est très inspirant pour qui s'intéresse un peu au Paris des années vingt et aux auteurs américains installés en France à l'époque. Hemingway y parle de tout ce qui faisait sa vie de jeune écrivain: sa méthode de travail, sa découverte de Paris, ses rencontres avec Gertrude Stein, Ezra Pound, Sylvia Beach, Scott Fitzgerald, etc. Autant je ne suis pas très sensible au style d'Hemingway, autant j'ai été sous le charme de l'ambiance qu'il a su recréer. On imagine très bien les lieux et on a le sentiment de cheminer à ses côtés, de voir ce qu'il voit.

Un excellent moment de lecture! C'est le genre de livre que l'on a envie de posséder pour en souligner les bonnes trouvailles.

Note : 4.75/5
(Flo)
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Ce livre raconte les souvenirs de la période parisienne de l'auteur, soit 1921-1927. Trop bon conteur, Hemingway aurait un peu romancé ses mémoires, écrites près de quarante ans après les événements. Le résultat est un bijou. C'est un plaisir de lire ce regard à la fois humoristique et perçant de l'auteur sur sa vie et celle de son cercle d'amis.

"Quand le printemps venait, même le faux printemps, il ne se posait qu'un seul problème, celui d'être aussi heureux que possible. Rien ne pouvait gâter une journée, sauf les gens, et si vous pouviez vous arranger pour ne pas avoir de rendez-vous, la journée n'avait pas de frontières. C'étaient toujours les gens qui mettaient des bornes au bonheur, sauf ceux, très rares, qui étaient aussi bienfaisants que le printemps lui-même."

Hemingway et sa femme, obligés de vivre austèrement, partagent une très belle et touchante complicité.

" - Bon. Nous rentrerons dîner ici et nous ferons un gentil repas avec du vin de Beaune qu'on pourra acheter à la coopérative d'en face. On voit d'ici, par la fenêtre, le prix marqué à la devanture. Et après, nous lirons et nous irons nous coucher et nous ferons l'amour.
- Et nous n'aimerons jamais personne d'autres que toi et moi.
- Non jamais.
- Quel bon après-midi et quelle bonne soirée. Maintenant on ferait mieux de déjeuner."

Tout comme Flo, je vais retourner avec plaisir me plonger dans l'ambiance de ce livre.

Note : 4.5/5
(Le-réaliste-romantique)
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Est-ce un roman? est-ce une chronique? Un peu beaucoup des deux à la fois. C'est un vaste témoignage rédigé par Hemingway et publié à titre posthume (la question sera toujours de savoir quelle forme finale Hemingway aurait donné à ce texte...). Des scènes de vie, des chroniques, des instantanés parisiens lorsqu'il vivait avec son épouse dans la capitale française (1921-1926) et côtoyait bon nombre d'écrivains américains et tout ce que Paname comptait comme milieu artistique et culturel.

C'est le Paris de la Lost Generation, des écrivains exilés ou désabusés, des jeunes qui se cherchent, d'une époque qui vient de vivre la guerre et hésite à s'en remettre. C'est Paris aussi, sa folie, son petit monde, son ambiance et déjà, encore, ce rôle de place dominante de la culture. Hemingway rend hommage à tout cela et aux personnes qu'il a croisées: Ezra Pound, Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Sylvia Beach...

Ernest et Hadley Hemingway débarquent à l'hôtel Jacob et d'Angleterre, rue de Jacob, le 20 décembre 1921. Le premier jour de cinq années d'un bonheur certain que Hemingway ne couchera sur papier que quarante ans plus tard, juste avant de mourir. Le souvenir et la force de ce bonheur ont-ils fait naître trop de regrets? Nous ne le saurons pas. Peut-être...

C'est une belle promenade à laquelle nous sommes conviés, pas trop touristique, éminemment cultivée, pleine d'anecdotes (parfois un peu trop) et de souvenirs qui permettent de cerner autrement la stature de Ernest Hemingway, alors jeune journaliste. On peut par moments ressentir un sentiment d'étouffement devant la profusion de détails ou bien se sentir étranger à tout cela, face à des gens et des épisodes peu connus de nous. C'est le cas de tout journal, toute chronique; l'intérêt est de s'y plonger, d'un coup ou par petits pas, et de s'imprégner de cette époque. Une immersion que Hemingway permet de réussir grâce au talent de son écriture et la vivacité du récit. Et tant pis si les souvenirs sont quelque peu romancés, l'ambiance est là, les auteurs américains à Paris aussi et il est si agréable de se retrouver, l'espace de quelques heures, dans cette douce folie qui berçait la capitale.

Note : 4/5
(Sahkti)

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Paris est une fête,
Le vieil homme et la mer,
Les neiges du Kilimandjaro,
Pour qui sonne le glas,
La grande rivière au coeur double,
Mort dans l'après-midi,
L'étrange contrée,
Le jardin d'Eden,
La vérité à la lumière de l'aube,
L'été dangereux,
L'adieu aux armes,
Le soleil se lève aussi

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