Le jardin d'Eden
(Gallimard/folio, 2003, 325 pages)
France, l'après-seconde guerre. David Bourne est un jeune écrivain,
il a rencontré Catherine qui devient sa femme. La passion les unit avant
d'être progressivement détruite par les errances mentales de
Catherine, sa jalousie, sa possessivité et ce besoin de dominer tout et
surtout son mari, à qui elle impose ses fureurs, une compagne et une
certaine forme de mépris. Parallèlement à cette vie
privée difficile, David Bourne tente d'écrire, avec toutes les
difficultés que cela comporte.
Un roman inachevé pour Hemingway, un de plus. Avec toujours cette question
de savoir si il faut toucher ou non aux textes non terminés avant de les
publier... J'insiste ici sur le fait qu'il est indispensable au lecteur de savoir
que ce roman n'a pas été achevé et qu'il convient de lire la
préface de Michel Mohrt, sous peine de refermer l'ouvrage avant la fin,
déçu et interloqué par ces lignes de Hemingway.
Ce roman est très différent de l'oeuvre habituellement connue et
peut-être a-t-il moins acquis les faveurs du grand public que d'autres textes
de l'auteur. C'est un roman dur et difficile, dans lequel le malaise du
héros, ainsi que celui de sa femme, prennent beaucoup de place, au point
d'en devenir étouffants. Progressivement, le lecteur se sent prisonnier d'un
enfermement, tout comme David. Cela est dû à la trame, aux
idées que Hemingway voulait exploiter mais aussi (et surtout?) au fait que
ce roman n'a pas été retravaillé et ressemble par moments
à un brouillon, avec des phrases trop longues, des répétitions,
voire des incohérences.
Cette maladresse apporte malgré tout un certain charme à cette oeuvre
qui ressemble à s'y méprendre à une autobiographie. Hemingway,
à travers son personnage, se livre à une longue réflexion sur
le processus d'écriture, et fait part de ses regrets et de ses
désillusions sur certains sujets, tels l'amour.
Intéressant, sans aucun doute, pour entrevoir différemment la
personnalité de l'auteur mais sur un plan littéraire, il y a bien
mieux dans l'oeuvre d'Hemingway que ce texte.
Note : 2.5/5
(Sahkti)
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