La route du retour
(Editions 10/18, 2001, 585 pages)
Le grand Jim Harrison frappe fort ici, "La route du retour" n'est ni plus ni moins
qu'un chef-d'oeuvre. À chaque fois que je lis Jim Harrison, j'ai le
goût de partir vivre dans une cabane au nord du lac Michigan ou encore de
vagabonder à travers l'ouest américain, et cette pulsion est encore
plus forte dans ce bouquin.
Jim Harrison rend la nature comme nul autre ne sait le faire, ce qui la rend très
proche du lecteur et par la suite on devient plus attentif à tout ce qui
nous entoure. Les Indiens, rivières, chevaux, chiens, constellations,
prairies, oiseaux, arbres, fleurs, roches, truites, coyotes, ours avec de temps
à autres une imprécation contre ceux qui
détruisent tout ça par cupidité voilà Jim Harrison mais
"La route du retour" c'est aussi une très magnifique saga familiale.
Tour à tour les personnages prennent la parole, d'abord John Northridge, vieil
homme dur et intransigeant pour la plupart des gens, mais le plus adorable des
grands-pères pour sa petite-fille Dalva. On est en 1952, il va mourir
bientôt. Il revient sur sa vie passée, il est né (à
moitié indien de par sa mère), a grandi et a vécu dans un ranch
du Nebraska. Et puis Nelse, le fils de Dalva et Duane, sa mère avait 16 ans
à sa naissance et l'a donné en adoption. Nelse qui vit pour et par la
nature, un nomade qui à trente ans a déjà parcouru de long en large
tout l'Ouest américain. Naomi, la mère de Dalva, l'institutrice
au grand coeur, qui connaît le nom de tous les oiseaux. Paul, le frère
du père de Dalva mort à la guerre, Paul qui a
préféré sa mère à son père et puis Dalva
la très merveilleuse Dalva...
Voilà pour ce qui est du résumé c'est bref mais ça ne
se résume pas davantage. Autant que l'histoire, les mots, les idées
exprimées par Jim Harrison nous enchantent et donnent tout son sens
à ce roman. Et que de passages à souligner! À maintes
reprises, je me suis dis "faut que
je relise ce bouquin"... c'est trop riche pour qu'une seule lecture suffise.
Alors voilà si vous ne connaissez pas encore Jim Harrison, ne tardez pas, il fait
parti des rares incontournables, allez-y avec "Dalva" avant "La route du retour", ce
dernier est en quelque sorte la suite de l'autre...
Note : 5/5
(Mousseline)
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J'ai un peu de mal à parler de ce livre qui se décline à
plusieurs voix. Mon ressenti est donc tout à fait personnel.
Dalva, Paul, Naomi, Nesle et John Wesley sont de la même famille, même si certains
ne le savent pas au départ, et si certains ne se rencontreront pas, ainsi va
la vie.
Ce livre se décline aussi dans le temps, commençant dans les
années 50 pour se terminer dans les années 80/90...
Chaque personnage va raconter un moment de sa vie, en se confiant à un journal.
En fait, ces journaux sont prétextes pour chacun à évoquer de
nombreux souvenirs qui mis bout à bout donnent une image juste et
précise de cette famille. Le livre fonctionne comme un puzzle dont les
clés nous sont données au fur et à mesure que les
différents personnages se racontent.
Chaque narrateur est attachant à sa manière. Chacun cherche une
raison à sa vie et se sent impuissant face à la force de la nature.
Chacun est surtout un grand amoureux de cette nature.
La fin du roman est très poignante.
Bref, j'ai aimé, et j'ai très envie de lire "Dalva" qui est un roman
antérieur à celui-ci.
Le style particulier de Jim Harrison peut déconcerter car il est dense et
fourmille de réflexions philosophiques.
J'avoue avoir sauté certains passages, mais très peu.
Une belle découverte, je souhaiterais lire "Légendes d'automne",
mais il n'est pas à ma bibliothèque.
Toutefois, Jim Harrison ne peut détrôner pour moi, Le Très
Grand Steinbeck.
Note : 4/5
(Odilette)
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