De Marquette à Veracruz
(Christian Bourgois, 2004, 485 pages)
David Burkett, le narrateur, a des comptes à régler avec sa famille
(aisée) qui, pendant trois générations, a mené, en
partie, la déforestation sauvage du Michigan, et aussi et surtout des
comptes à régler avec son père, alcoolique et
obsédé sexuel, surtout attiré par les très, très
jeunes filles.
Sur trois décennies, le lecteur va suivre la crise d'identité de cet
homme, 4ème du nom, amoureux de la nature et de la pêche, qui, pour
survivre, va s'engager dans l'écriture de l'histoire des dégâts
causés par sa famille, pour clamer sa honte, sa haine, et essayer de se
déculpabiliser.
On retrouve dans ce livre tous les thèmes chers à Jim Harrison: la
nature, la pêche, l'écologie, les relations filiales, les relations
homme/femme, homme/chien, la compensation des difficultés dans l'alcool, le
sexe, la religion... L'écriture est très dense, foisonnante, avec son
habituel humour "pince-sans-rire", et pleine de disgressions qui finalement n'en
sont pas... On vit avec ce héros terriblement mal dans sa peau et
terriblement égocentrique, qui agace parfois, mais auquel on
s'attache, qui tâtonne, se trompe, et est souvent remis "sur les rails" par les
femmes de sa vie. On voyage dans tout le Nord-Michigan, sur les bords du Lac
Supérieur, avant de rejoindre le Mexique et Véracruz où se termine l'histoire.
Histoire très prenante, écriture toujours aussi réjouissante.
Je regrette juste un côté un peu répétitif vers la fin,
et un dénouement un peu rapide. Je pense que les amateurs de Jim Harrison ne
sont et ne seront pas déçus, tout comme moi.
Note : 4.5/5
(Chantal)
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Un vrai bonheur de lecture. Il y a tellement de richesse et de thèmes
abordés dans ce livre qu'il est difficile de résumer ou de parler de
tout. Je me contenterai simplement d'évoquer mon ressenti.
Le personnage de David Burkett m'a superbement agacée et profondément
touchée. Parce qu'il me ressemble, parce qu'il nous ressemble, nous
êtres humains qui aimons nous apitoyer sur nous-mêmes et trouver des
alibis à notre souffrance. Dans son cas, c'était facile, sa famille a
commis les pires outrages environnementaux qui soient dans sa belle région.
Mais ce qu'il pensait être au début un travail documentaire
réalisable sans grosses difficultés se révèle
très vite être une véritable quête initiatique qui
bousculera ses certitudes, ses habitudes et lèvera de nombreux
lièvres, pas dans les papiers qu'il fouille et qui regorgent finalement
assez peu de scandales, mais dans la vision qu'il a de sa famille, de lui et du
monde qui l'entoure.
David Burkett entame ce récit en étant narcissique, il le termine de
la même façon (j'ai trouvé la fin un peu bâclée,
comme un cinéaste à court de pellicule qui devrait boucler en cinq
plans au lieu des quinze nécessaires, c'est dommage), son
égocentrisme a cependant un peu changé. David est toujours au centre
de son univers mais son univers s'est désormais peuplé d'êtres,
la plupart du temps éphémères, comme ses conquêtes
féminines. Ouvrant peu à peu les yeux sur les autres existences,
David apprend la vie, péniblement certes, mais il apprend et il avance tant
bien que mal. Le livre s'étire lentement, comme un gros chat devant un feu,
autour de la vie d'un homme et des siens vus par lui.
J'ai particulièrement apprécié la dose d'humanisme
réaliste que Harrison insuffle à son récit. Burkett n'est pas
un héros, loin de là, il brille même par moments par sa
faiblesse et sa lâcheté mais ce type est incroyablement humain, on se
glisse si aisément dans sa peau, on ressent ses douleurs et ses nombreuses
interrogations. Et la certitude du début, celle liée à
l'agacement ressenti face à ce personnage énervant
d'égocentrisme, finit par disparaître lorsqu'on se rend compte que
dans une situation identique, nous n'aurions su quoi faire. Nous sommes comme lui,
humains et rien d'autre.
Ajoutons à cela les appartés avec la nature que Jim Harrison dispose
ci et là, apportant à son récit une séduisante torpeur,
comme un tableau qui se remplirait de couleurs sous nos yeux. Les arbres sont
vivants, la neige palpable, j'ai presque entendu couler les rivières et
aboyer Carla...
Note : 4.5/5
(Sahkti)
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L'histoire : Depuis quatre générations, la famille de David est en
partie responsable de la déforestation de la Péninsule Nord.
David le vit mal d'autant plus que son père est loin d'être quelqu'un
dont on peut être fier (alcoolique et obsédé sexuel).
Pour se venger et échapper à cet héritage, il tente de
rétablir la vérité sur les monstruosités commises par
ses ascendants.
Mon avis : J'avoue être dans une position délicate.
Même si je suis convaincue que Jim Harrison est un très bon
écrivain, je n'ai pas du tout accrochée avec ce livre.
Etant donné que c'est le seul que j'ai lu de lui, la lecture d'un autre de
ses romans (mais dans quelques temps...) me paraît nécessaire pour
confirmer mon jugement. Enfin bref, je n'ai pas pu aller plus loin que les 2/3.
Soyons franche, j'ai trouvé ça ennuyeux.
Les lamentations répétitives d'un garçon, qui somme toute,
à tout pour être heureux, sont au finale lassantes. J'ai eu
l'impression de n'avoir lu que ça. Même les descriptions de la nature
où Harrison a apparemment l'air d'exceller, m'ont laissée de marbre.
Pourtant, on découvre des paysages, des techniques de pêche qui ont
dû en enchanter plus d'un... Un peu déçue donc par cette
lecture, même si je sais être une des rares à ne pas avoir
été touchée.
Note : 2.5/5
(Pounette)
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C'est une histoire de famille. Un fils qui cherche un sens à sa vie.
Le 4e David Burkett a honte de ses origines. Sa famille a fait fortune en exploitant
honteusement les richesses forestières du Nord du Michigan. Ils ont fait des coupes
à blanc sans vergogne sur des terres qui ne leur appartenaient pas.
Alors ce roman c'est l'histoire d'un fils qui méprise sa famille et ce sur plusieurs
générations même si sa haine est avant tout dirigée vers son père.
"J'adorais les corneilles est l'idée d'en tuer une me dégoûtait, mais pas celle
de tuer mon père.
Alcoolisme, dépression, violence familiale, haine, sexe, pédophiliie...
C'est très intéressant l'histoire de la famille Burkett : ce sont des
gens qui ont exploité les ressources d'une région pour s'enrichir. Et le père du
narrateur, qui lui n'a plus rien d'autres à faire que de
se laisser vivre, de courir les jeunes mineures, on le qualifierait de
pédophile aujourd'hui, de boire comme un défoncé, de dépenser honteusement
l'argent de ses enfants... Mais à chaque fois la réputation de la Famille
lui pardonne ses délits... mais pas de pardon du côté de ses enfants.
Le personnage de David Burkett n'a m'a pas toujours emballée, sa quête existentielle
m'a lassée durant un certain nombre de pages, peu à vrai dire.
Aussi je ne pouvais m'empêcher de comparer ce roman avec "Dalva" où les personnages
sont davantages fouillés et où l'écriture est plus poétique,
plus somptueuse, plus touffue...
Certaines critiques sur le net disent que "De Marquette à Veracruz"
est aussi bien que "Dalva", je ne suis pas d'accord.
Mais j'apprécie encore ici chez Jim Harrison cette façon qu'il
a de se servir de la littérature pour dénoncer l'inacceptable...
Dans "Dalva", Jim Harrison dénonce ce qu'ont fait subir aux Amérindiens
les Blancs, dans "De Marquette à Veracruz" c'est la destruction de la nature
à cause de la cupidité de certains.
Je ne me lasse pas et je me lasserai sans doute jamais de la Nature de Jim
Harrison. Ses descriptions ne sont jamais trop ni pas assez longues,
le ton est juste est très réaliste, il n'exagère en rien. C'est la nature telle
qu'il la voit, qu'il la ressent, et ça me rejoint. Aussi jamais je n'ai autant vécu
le Nord du Michigan que dans ce roman, je veux visiter cette région pour de vrai.
Il me fait aimer les lieux dont il parle.
Alors encore une fois le plaisir était au rendez-vous avec Jim Harrison!
Note : 4.25/5
(Mousseline)
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