L'été des saltimbanques (Table Ronde/Quai Voltaire, 2004, 382 pages)Je n'avais encore jamais lu Joanne Harris mais ce premier contact me fait dire que ce ne sera
pas le dernier. Alors comme j'ai beaucoup aimé je me suis dis que j'allais vous le
faire partager.
Résumé : Après 23 années passées à jouer les
saltimbanques sur les routes de la France du 17e siècle, les circonstances ont
forcé Juliette à chercher refuge avec sa fille Fleur au sein de l'abbaye
de Sainte-Marie-de-la-mer. Mais après cinq années de vie paisible sous les traits
de sœur Auguste, Juliette voit son existence remise en question par la mort de
l'abbesse et l'arrivée à la tête de l'abbaye,
d'Isabelle. Cette enfant gâtée de onze ans issue de la noblesse a
amené avec elle un fantôme du passé de Juliette, un homme
déguisé en prêtre et dont elle a toutes les raisons de se défier.
Critique : Harris recrée pour nous l'atmosphère troublée de ce
début de 17e siècle, entre superstitions, intégrisme religieux et
chasse aux sorcières.
La narration originale offre successivement le point de vue des deux personnages centraux,
mettant ainsi en évidence les non-dits et les mensonges.
Juliette se débat entre son amour pour sa fille, sa loyauté vis-à-vis de
ses "sœurs" et les sentiments ambigus qu'elle nourri envers cet
homme qui, sans doute pour le meilleur mais surtout pour le pire, a marqué son
existence. Les passages évoquant le passé de Juliette dépeignent un monde plein
de mouvement, de couleur et de senteur qui contraste avec l'atmosphère de
suspicion et de folie qui s'installe peu à peu dans l'abbaye. De la
même façon que le paganisme vivant et pragmatique de Juliette s'oppose
à l'austérité et l'aveuglement de la religion qu'elle
prétend servir.
En bref un livre à conseiller à tous ceux qui aiment se plonger dans une autre
époque et qui ne sont pas allergiques aux histoires d'amour tortueuses parce que
comme disait la mère de Juliette: "Love not often, but for ever."
Note : 4/5
(--o-shiny-o--)
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