Le Marin de Dublin
(Editions Phébus, 2007, 301 pages)
Bis répétitas!
La suite de "Sang impur", Hugo Hamilton revient sur sa jeunesse, entre deux
cultures et sur ses tourments d'enfant, puis d'adolescent. J'avais à
l'époque été relativement déçu par "Sang impur", qui,
à mon goût, ne méritait pas toutes ces éloges. J'avais
également été surpris par certaines erreurs, notamment de dire
en parlant de Peig Sayers, célèbre conteur gaélique, il ceci,
il cela etc... Alors que Peig Sayers était mère de neuf enfants!
Hugo a grandi, il travaille comme pêcheur dans un petit port irlandais, son
père est toujours un fanatique (même pire que cela) de la langue
irlandaise, et a toujours des idées farfelues et la main leste. Hugo et ses
frères sont toujours isolés et catalogués comme nazis.
Il participe, avec son frère Franz, à un grand feu pour la fête
d'Halloween, il pense être enfin admis par ses amis d'école, mais il a
maille à partir avec les pompiers; de héros, il redevient
pestiféré, puis tente de devenir sa propre ombre, s'effaçant devant
son entourage.
Les visites et les conseils de membres de la famille n'apaisent pas le père,
et les coups continuent de tomber à la maison, ainsi qu'à
l'école.
Il se lie d'amitié avec Packer, puis, pour eux deux viendra le temps de
l'exil, la Grande-Bretagne d'abord, puis pour Hugo, ultime retour sur lui-même
l'Allemagne.
Les mêmes personnages depuis "Sang impur", le père farouche
nationaliste qui a fait sienne une phrase de Jonathan Swift "Brûlons tout ce
qui vient d'Angleterre, sauf le charbon". La mère qui essaye d'oublier son
passé de femme allemande, qui, malgré son anti-nazisme, ne sera pas
très bien traitée par les troupes anglaises, ce qui amplifie encore
le sentiment anti-britannique de son mari. Une mère dont le rôle
ressemble à un casque bleu de l'O.N.U séparant deux forces
belligérantes : le père et le narrateur.
Hugo Hamilton semble profiter du succès de "Sang impur" pour nous en donner
la suite. Dommage, mais j'ai l'impression que d'un livre à l'autre il se
répète : difficulté de vivre entre deux cultures, son manque
d'amis et les brimades de son enfance.
Autant "Déjanté" (qui est une oeuvre de fiction) m'avait beaucoup
plu, autant là, je reste dans l'expectative, car pour moi cette suite ne
s'imposait vraiment pas, malgré une écriture jamais lassante, et un
survol assez complet de l'histoire de l'Irlande en parallèle avec celle de
l'auteur.
Extraits :
"Le tambour Lamgeg est un instrument conçu pour offenser les catholiques et leur
rappeler qu'ils ne sont pas à leur place dans leur propre pays."
"Il faut rester vivant dans sa propre langue."
"Ils se fichaient du sort des Juifs, pourvu que la question du Nord soit
réglée et que cesse la domination bigote et
ségrégationniste des loyalistes protestants."
Note : 3/5
(Eireann)
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