La touche étoile
(LGF, 2007, 247 pages)
Au départ elles étaient deux soeurs Benoîte et Flora Groult. Elles
ont écrit toutes les deux de nombreux livres sous leurs deux noms, et ont
mené aussi leur carrière d'écrivain en solo.
J'ai lu beaucoup de leurs romans à la fin des années 60 et dans les
années 70. Ils se lisaient facilement mais n'étaient pas
inintéressants. Elles parlaient du couple, de la vie de famille, de la
difficulté à être femmes actives, mères, amoureuses et
féministes, pour elles nées dans les années 20. Leurs romans
étaient largement autobiographiques.
"La touche étoile" continue sur cette lancée. Benoîte Groult a plus de
80 ans. Dans son roman elle parle de la vieillesse (qui serait, sans doute, un peu
moins difficile à vivre si on ne vous la lançait pas toujours dans les
dents) avec beaucoup de verve et d'humour. Il y a le personnage d'Alice, presque
octogénaire, qui dit :
"L'âge est un secret bien gardé. Dire ce qu'est la vieillesse, c'est
chercher à décrire la neige à des gens qui vivent sous les
Tropiques. Pourquoi leur gâcher la vie sans soulager la sienne?"
"Quand je me présente en haut d'une volée de marches, mes genoux
m'interpellent :
- Tu ne comptes pas nous faire descendre ça, tout de même?
- Ne m'emmerdez pas. Qui c'est qui commande ici?
Ils ricanent. Rira bien qui rira le dernier."
Vous voyez c'est plaisamment raconté.
(n'empêche après Simone de Beauvoir, ça plombe un peu)
Il y a l'histoire de sa fille Marion, femme mûre, qui vit encore une histoire
d'amour. Là cela se gâte un peu.
Un roman c'est aussi un produit, qui doit rapporter de l'argent à
l'éditeur et à l'auteur. Nous les amoureux des Livres on veut
l'oublier un peu. J'avais beaucoup aimé un précédent roman de
Benoîte Groult - "Les Vaisseaux du Coeur" (1988). Dans ce roman
l'héroïne, mariée à un homme inconstant se consolait en
entretenant, pendant de longues années, une liaison avec un homme qu'elle
avait brièvement aimé dans sa prime jeunesse, et retrouvé dans
sa trentaine. Cette liaison secrète, passionnée, charnelle et tendre,
était en fait le grand amour de sa vie et à l'approche de la
soixantaine elle en prenait conscience. L'amant en question était marin breton, ils se retrouvaient pour des
escapades amoureuses dans cette région que Benoîte Groult adore et raconte
très bien.
Ce roman a eu du succès, il s'est bien vendu... d'où la tentation
d'en remettre une couche dans "La touche étoile". Donc l'histoire de Marion est
quasiment similaire. Le marin breton est là un pilote irlandais, la Bretagne
l'Irlande, à part ça, on retrouve les mêmes ingrédients.
Il n'y a sans doute pas que du mercantilisme à l'origine de cette
répétition. L'auteur n'arrive peut-être pas à se
débarasser d'une histoire qu'elle a vécue. Mais je l'ai
déjà dit, je n'ai pas envie de lire toujours le même livre.
Mais si voulez essayer du Benoîte Groult, il y en a des bons (pour mon
goût).
Note : 3/5
(Zeta_B)
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Les sentiments d'Alice, quasi octogénaire et de sa fille Marion,
sexagénaire face à la vieillesse qui les prend d'assaut.
Un livre "testament", l'auteure a dépassé sa huitième
décennie et nous livre sous couvert d'un humour féroce ses sentiments
les plus profonds. Féministe acharnée lors de sa jeunesse, elle
déplore que les femmes d'aujourd'hui ne sachent pas reconnaître ce qu'elles
doivent à leurs aînées et combien leur liberté est
"récente". Mais on parle ici surtout de la vieillesse, de l'approche de la
mort, des renoncements, les personnages se retournent sur leur passé.
Beaucoup d'humour, de tendresse et un énorme amour de la vie. Un livre
très émouvant.
Note : 4,5/5
(Doriane)
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Haaa!!! Que je me suis amusée à lire ce livre à l'humour
corrosif sur la vieillesse avec une superbe plaidoirie sur le rejet de la
société souvent hostile aux plus démunis, un hymne à
la vie tout simplement clamé par cette auteure que j'aime beaucoup, car
je me suis souvent retrouvée dans ces écrits avec une certaine
émotion.
Note : 5/5
(Lalyre)
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