Club des rats de biblio-net


9725 critiques, 3710 livres, 1481 auteurs



Jens Christian Grondahl

Bruits du coeur
(Gallimard/Folio, 2004, 322 pages)

Adrian, ami d'enfance du narrateur meurt subitement à 40 ans. C'est l'occasion pour lui de revisiter cette amitié, ces deux vies étroitement liées, ces échecs sentimentaux, ces choix professionnels mais aussi cette irrésistible envie d'être à la place de l'autre, cette jalousie sous-jacente d'Adrien qui paradoxalement avait tout pour être le plus heureux. Mais avant tout, le narrateur (dont on ne saura jamais le nom) cherche à comprendre les mouvements du coeur et du désir qui ont donné à la vie d'Adrian et à la sienne ces contours parfois chaotiques.

Dans un roman très dense, aux intrigues entrelassées, j'ai éprouvé une immense tendresse pour ces personnages. C'est une lecture riche d'interrogations et d'une grande subtilité! Une superbe nostalgie douce-amère sur le mystère de l'attraction entre les êtres.

Lisez-le!

Note : 4.5/5
(Calou)
**********

Pas de plus beau titre pour ce roman de Jens Christian Grondahl, dont l'adéquation saute vite aux yeux! Un narrateur livre le chaos de ses sentiments, suite au décès subit de son meilleur ami, Adrian. Un ami de la petite enfance, un peu perdu de vue, et jamais très prolixe dans ses confessions, mais une connivence hors pair entre les deux. Le narrateur raconte cette amitié et déborde pour parler de lui. Son cheminement personnel, teinté de loupés, de manqués et de regrets, résonne comme une mélopée lancinante, à la façon Modiano. Oui, il y a une vague ressemblance entre les deux auteurs: le Danois et le Français possédent tous deux cette profonde tristesse des sentiments, du descriptif des choses, et de cet accablement face à la destinée.

Quelques nostalgie et mélancolie pointent ici et là pour un ensemble merveilleux: un beau, grand roman dense et subtil. Qui agacera certains pour le côté parfois poussif du tenant de la plume. Mais moi j'ai beaucoup apprécié ce très beau texte, suintant de délicatesse et de ces aléas qui cheminent toute existence ordinaire.

Un très beau moment.

Note : 4/5
(Clarabel)
**********

Bizarrement, il m'est difficile de parler de ce roman, que j'ai tant aimé. Peut-être parce que son charme vient pour beaucoup de la musique des mots qui content cette lente introspection. Cette histoire aurait pu être banale mais l'auteur a su lui donner une tonalité très personnelle qui donne envie au lecteur de s'impliquer au point que j'ai eu grand peine à admettre, une fois le livre fini, que je n'entendrai plus jamais parler de ces personnages, voire qu'ils n'étaient pas réels!

Une plume subtile qui met à nu les remous intérieurs du narrateur, si humains et universels que l'on ne peut que se sentir concerné par son cheminement. C'est un livre dense mais au style fluide et particulièrement agréable, trop peut-être à mes yeux car j'en oubliais parfois l'intrigue. Très beau titre qui correspond parfaitement tant à la forme qu'au fond du roman.

Je n'ai désormais plus qu'une envie: lire un autre Grondahl!

Note : 5/5
(Flo)
**********

Adrian, l'ami d'enfance du narrateur vient de mourir, à 40 ans, d'une crise cardiaque. Le narrateur se remémore alors leurs moments d'amitié et d'intimité, tente de découvrir des pans inconnus de la vie de son ami et remonte, à cette occasion, en même temps, le fil de sa propre histoire.

L'écriture très dense et les nombreux retours en arrière pourraient rendre ce roman très confus. Il n'en est rien. Dans cette introspection très poussée, J.C. Grondahl réussit à accrocher le lecteur et on se (com)plaît dans ces histoires qui s'entremêlent.

"Un abîme sépare le chemin parcouru et le regard qui contemple celui-ci. On est toujours plus vieux que sa propre histoire. Celui qui raconte n'est jamais le même que celui dont on parle; c'est pour cela que l'histoire peut être narrée."

Note : 4.5/5
(Laure)
**********

Pour des raisons sentimentales, j'essaie depuis quelques années de lire un maximum d'oeuvres scandinaves. Et je suis toujours aussi choquée! Peut-on s'habituer à la description de vies qui n'ont rien de commun avec la gloire, la richesse des vies ensoleillées de la majorité de l'Europe? Je ne me retrouve absolument pas dans ces récits, avec leur sexualité sale et leurs tempéraments brûlants, leur fierté et leur passion qui mènent au drame, tout en s'abritant sous le manteau froid et neigeux des apparences...

Encore un auteur en rouge et blanc, en passion et en pureté; et pourtant, encore un auteur scandinave dont je vais rechercher les autres oeuvres, car j'ai adoré!

Note : 4/5
(Louveloba)
**********

En stéréo!

Première lecture de l'oeuvre de cet écrivain danois né en 1959.

Le narrateur (nous n'en saurons pas plus sur son identité) reçoit une lettre de son meilleur ami, Adrian, cinq jours après la mort de celui-ci. Malgré leurs trente ans d'amitié, le connaissait-il vraiment? L'un habitant New-York et l'autre Copenhague, leurs rencontres se faisaient de plus en plus rares. L'un est un architecte reconnu, l'autre un commerçant d'estampes japonaises bénéficiant d'une certaine notoriété, mais pas d'aisance financière qui est sensée aller avec. Le narrateur revient sur leur enfance, la découverte de la connivence entre un frère et une soeur pour lui, fils unique. Puis son sentiment de jalousie naissant envers Ariane, se donnant à lui, mais gardant ses distances et ses amants.

D'autres personnes rentreront dans l'intimité du trio : la maîtresse d'Adrian, femme d'un avocat dont il deviendra fou et pourrira la vie, Bibi, ancienne strip-teaseuse, lesbienne, amie de sa mère, qui proposera un étonnant marché au narrateur avant de disparaître de sa vie. Adrian lui-même partira en Amérique, Ariane se mariera et gâchera sa carrière de musicienne et sa vie tout court aussi...

Que reste t-il de nos amours si longtemps après? Et de quoi Adrian voulait-il lui parler? Chose qu'à première vue, il pouvait être le seul à comprendre? Il se rappelle d'un lourd secret qu'il pensait être le seul à connaître; est-ce de cela que son ami voulait lui parler?

La vie du narrateur est chaotique, après Ariane et de nombreuses relations épisodiques avec elle, il se marie, fait un enfant, trompe sa femme, rompt avec sa maîtresse, mais sa femme le quitte. Pour Adrian, rien n'est simple non plus, il vit avec une ex-droguée, leurs relations sont pour le moins complexes. Puis Bibi réapparaîtra dans sa vie lui léguant un étrange héritage qui lui revenait de droit.

Tous ont été des enfants délaissés et livrés à eux-mêmes. Le narrateur vivait dans une maison close, sa mère est partie un moment vivre en France, suivant un amant de passage, son père, ancien musicien devenu alcoolique, oubliait souvent qu'il avait un fils. Adrian et sa soeur Ariane vivaient avec leur mère, le père étant parti avec sa secrétaire, la laissant à moitié folle avec ses deux enfants. Tous semblent démunis de la moindre notion de discipline, de responsabilité, tout les prédispose à des destins tragiques. Des personnages à l'extrême limite de la rupture, mais qui restent très attachants.

Un livre magnifique avec une écriture superbe descriptive sans être ennuyeuse. L'analyse des sentiments variés, amours, amitiés, jalousie, est disséquée avec intelligence. On a parfois le sentiment que l'auteur en rajoute une couche dans les problèmes de chacun, mais tout cela reste plausible. Certaines personnes peuvent à plaisir se compliquer la vie ou alors sont destinées à des vies pleines de confusions et de chocs émotionnels.

Extraits :

"Cette condescendance des adolescents qui croient que le monde leur appartient, ce qui a terme, sera effectivement le cas."

"Elle m'a fait souffrir, mais elle a également été la première à me faire rêver."

Note : 4,5/5
(Eireann)








Sous un autre jour,
Bruits du coeur,
Virginia,
Silence en octobre

Biographie



Abonnez-vous à la newsletter.

Hébergé par YourMailinglistProvider.com





©2000-2008 - Club des rats de biblio-net