Au château d'Argol
(Librairie Jose Corti, 1938, 181 pages)
Jusqu'à présent, je n'avais lu qu'un seul ouvrage de Gracq:
Le rivage des Syrtes. Une belle allégorie sur la crainte de l'autre, l'attente du pire... Que l'on
provoque même quand il ne vient pas. Cela reste un de mes livres préférés.
Avec Au château d'Argol la déception a été à la hauteur de
mes attentes! Livre incompréhensible et presqu'illisible!
Cela m'ennuie de dire cela car l'homme est un modèle de probité intellectuelle,
et probablement le meilleur prosateur français de la seconde moitié du
20ième siecle.
L'ouvrage date de 1938, c'est le premier livre de Gracq, et il est considéré
comme le premier roman surréaliste.
Trois personnes de qualité se retrouvent, en vase clos au château d'Argol: deux
hommes et une femme. On comprend rapidement que celle-ci n'est qu'un objet.
Chaque homme est fasciné par l'autre, qui est à la fois son double et son
contraire.
Pas d'intrigue, pas de dialogue, pas d'action, simplement des situations.
Et l'on a alors "des âmes qui frémissent", des visions ou des rêves, des
morts qui ressucitent, une fin tragique. Mais la fin de quoi?
Incompréhensible!
L'écriture est grammaticalement parfaite, mais d'une complexité inutilement excessive.
Très déçu!
Note : 1/5
(Nimbus)
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Je suis tout à fait d'accord avec Nimbus dans ses propos. L'intrigue dans ce
récit est mince et qualifier le texte de "roman" au sens traditionnel du
terme me paraît pour le moins abusif. Mais pour l'auteur, il me semble que
les enjeux se situent ailleurs. Julien Gracq a, en effet, une conception
esthétisante et totalement intellectuelle du roman. C'est la raison pour
laquelle ses personnages sans vie, sans voix puisqu'il n'y a aucun dialogue sont
totalement placés dans des situations sous la férule d'un
narrateur-écrivain omnipotent. Ils ne sont, chacun, que le faire-valoir
subjectif, immatériel d'une prosodie complexe et magnifique, magique et
mystérieuse. Le signe au service du Signe dans cette nature étrange.
Le livre est très beau parce que très bien écrit peut-être
trop, d'ailleurs. La perfection technique engendre, en effet, une certaine froideur
doublée d'une grande austérité.
A découvrir, cependant,
pour les grands amoureux de la prosodie.
Note : 3/5
(Danslapoche14)
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