Les souffrances du jeune Werther
(LGF - Livre de Poche, 1999, 220 pages)
Rahlala, j'aurais adoré qu'il y ait déjà une critique du livre
dont je vais parler, ça m'aurait facilité la tâche, je n'aurais
eu qu'à dire "oui, oui, je pense pareil", ni vue ni connue... Raté!
Un dernier détail : je ne vois pas comment parler de ce roman sans
évoquer un point tragique de l'histoire, alors si vous n'avez jamais entendu
parler de ce livre, et si vous avez envie de garder le peu de "suspense" que vous
pourriez y trouver, ne lisez pas ma critique!
Histoire d'être originale, je commence par dire deux mots sur l'histoire :
Werther est jeune, il s'habille en bleu et jaune, et tombe irrésistiblement
amoureux de Charlotte dès qu'il la voit, un soir, alors qu'ils partaient
à un bal... Mais Charlotte est fiancée à Albert. Et Werther de
désespérer, par le biais de lettres envoyées à son ami
Wilhelm (on n'a d'ailleurs jamais écho de ses réponses), car il
brûle d'amour pour une femme qui ne lui est pas destinée...
"Quelquefois je ne puis comprendre comment un autre peut l'aimer, ose l'aimer,
quand je l'aime si uniquement, si profondément, si pleinement, quand je ne
connais rien, ne sais rien, n'ai rien qu'elle!"
Les deux premières parties du roman sont entièrement
épistolaires, et on y suit les états d'âme (de plus en plus
noirs et fous) du jeune Werther... Le dernier fragment prend une nouvelle tournure :
Werther étant mort, le soi-disant éditeur tente de mener
l'enquête pour comprendre ce geste désespéré, et
regroupe différents éléments sur le suicidé, sur
Charlotte, sur l'entourage...
Lorsque ce livre a été publié, en 1774, on a entendu parler
d' "apologie du suicide"... c'est là qu'on voit que les temps ont bien
changé, personnellement, je n'y ai vu aucun encensement de ce genre...
J'ai eu peur de m'ennuyer. Goethe écrit très bien, y'a pas de doute
là-dessus, mais j'ai pris peur devant les envolées lyriques, devant
les larmes de Werther qui s'emporte à chaque page, les sentiments
exacerbés dignes d'un monde merveilleux et paisible. Sauf qu'ici, il n'y a
pas de happy end. Le problème, c'est que l'immense travail sur le style, sur
la construction des phrases (mais en même temps, au XVIIIe, c'est un peu
normal...), étouffe à mon goût la vérité brute de
l'histoire, le côté tragique - mais je reconnais aussi que c'est parce
que je n'ai pas l'habitude de lire de grrrands textes classiques.
J'ai été touchée à partir de la troisième partie,
ce qui me fait vraiment croire que je n'ai pas d'affinité avec le genre
épistolaire (je le soupçonnais depuis un moment - mais je trouve ça
triste de ne pas aimer!). J'ai senti un climat d'urgence, de vraie souffrance, et
j'ai lu ces quarante dernières pages sans pouvoir m'en détacher.
Pour écrire ce roman, Goethe s'est inspiré de sa propre vie et de
celle d'une de ses connaissances, un certain Karl Wilhelm Jerusalem qui, suite
à un chagrin d'amour, s'est logé une balle dans la tête...
C'est sûr, ce livre n'est pas hilarant. C'est même pire que ça
parce que j'en suis arrivée à être touchée par le geste
de Werther (sans le légitimer pour autant)...
"Lever le rideau, et passer derrière... voilà tout! Pourquoi
frémir? pourquoi hésiter? Est-ce que parce qu'on ignore ce qu'il y a
derrière?... parce qu'on n'en revient point?... et que c'est le propre de
notre esprit de supposer que tout est confusion et ténèbres là
où nous ne savons pas d'une manière certaine ce qu'il y a?"
Avant de conclure, je ne peux pas m'empêcher de citer les dires de Goethe,
à propos de la rumeur comme quoi des "milliers d'hommes" se seraient
suicidés après la lecture de Werther : "On condamne une oeuvre qui,
mal comprise par quelques esprits bornés, a tout au plus
débarrassé le monde d'une douzaine d'imbéciles et de
propres-à-rien!"... Hum.
Et pour montrer que Goethe ne faisait aucune apologie suicidaire, quelques mots
plus positifs de l'écrivain allemand : "Le chef-d'oeuvre de l'homme, c'est
de durer."
Note : 4/5
(louve-épine)
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Alors que Werther quitte sa mère, on suit à travers ses lettres
à son ami, sa rencontre avec une jeune femme Lotte. Bien que la sachant
promise à un autre, Albert, Werther ne peut s'empêcher de tomber sous
le charme de Lotte. Chaque instant passé auprès d'elle est une
véritable joie, mais la réalité prend vite le dessus et
commence alors une longue souffrance à laquelle il ne peut
échapper.
Ça faisait longtemps que je voulais le lire et maintenant que c'est chose
faite je suis plutôt satisfaite. Toute l'histoire est racontée
à travers les lettres que Werther écrit à son ami. On observe
tout d'abord la joie, la passion de Werther pour Lotte, ses réflexions. Puis
vient la souffrance puisque Lotte est déjà promise à un autre,
la souffrance de la voir, puis de la quitter. Cette souffrance est palpable,
insupportable. Ce livre est court et n'est pas dur à lire - contrairement
à ce qu'on pourrait penser - on évite donc les longueurs qui auraient
pu vite devenir insupportables étant donné l'histoire.
Note : 4/5
(Van)
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Un livre considéré comme le premier roman "romantique", époque
Sturm und Drang de la fin du 18e – début 19e s. en Allemagne. Une histoire
belle et triste au style qui peut paraître un peu vieillot (mais c'est aussi
son charme) mais dont les thèmes sont toujours actuels : passion (amour
sans issue), souffrance, suicide, obstination, beauté et sublime.
Evidemment, on peut trouver tous ces sentiments très exagérés
mais je dois dire que j'ai trouvé l'écriture très
poétique; c'est émouvant et touchant. De même, j'ai
apprécié aussi le fait qu'il s'agit d'un récit
épistolaire – dommage qu'il soit à sens unique.
A noter que le texte est inspiré d'un fait réel et aussi en grande
partie de la vie de Goethe lui-même.
"Il est pourtant bien certain que dans ce monde, rien ne rend un homme
nécessaire, si ce n'est l'amour."
Note : 3,5/5
(s-lewerentz)
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