L'enfant méduse (Gallimard/Folio, 1993, 280 pages)
Présentation : C'est l'histoire, triste à pleurer d'une petite fille joyeuse qui regarde les étoiles en compagnie de son meilleur ami, astronome en herbe. Ils vivent à la campagne, au milieu des oiseaux, des grenouilles et des fées des contes, qu'on leur raconte, et ceux qu'ils inventent, habillent leur vie d'une lumière innocente, celle de l'enfance naïve et pleine de rires. Mais dans un conte de fées, il y a toujours un ogre qui va manger, non pas sa petite victime, mais toute sa joie de vivre. Il y a toujours un monstre et un méchant. L'ogre de notre histoire est un pédophile immonde et terrible (qui n'est autre que son demi-frère, son aîné, le préféré de sa mère qui plus est. Une mère qui ne voit ni n'entend rien...)
Mon avis : Quel roman! Un livre profondément dramatique mais Sylvie Germain réussit là un tour de force, elle parvient à insuffler un véritable souffle lyrique à son récit. Elle ne se contente pas de faire dans le pathétique, elle fait aussi dans le poétique. Toutes ses phrases chantent comme autant de petits poèmes, elle est parvenue à mettre ses mots en musique et à créer une sorte de chant profondément mélancolique. Car c'est avant tout d'un conte cruel dont il s'agit ici: un monde où une douce et tendre fillette se voit malgré elle entraînée dans les ténèbres. Elle voit s'enfuir ses sourires, ses rêves, sa candeur, son insouciance, ses espoirs. Ce monstre lui enlèvera absolument tout mais il lui restera au moins une chose: la haine (et n'est-ce pas cruelle pour une petite fille?). C'est ainsi que s'explique ce titre, magnifique métaphore, qui est une analogie avec la méduse qui pique et est vénéneuse.
L'écriture de Sylvie Germain est remarquable dans la mesure où son texte ne tombe jamais dans le langage crû et violent, même le drame de l'inceste est décrit avec une poésie cruelle, emplie d'émotions troubles et fortes. De ce fait, on ne peut oublier la lecture d'un tel roman, pour moi. Je vous le conseille fortement!
(Emjy23)
********** On retrouve dans ce livre le style très particulier et poétique de Sylvie Germain, malgré un sujet très difficile et délicat à traiter qui est la pédophilie.
Lucie, l'enfant violée, devient une méduse au regard qui tue. Son agresseur devient un ogre, qui lui prend son innocence et sa joie de vivre.
Les personnages principaux, le père, le beau-père et la mère de Lucie ainsi que son demi-frère et quelques membres de la famille proche, sont extrêmement détaillés, surtout leurs psychologies. Ce récit est aussi basé sur la lumière à différentsmoments du jour et en plusieurs saisons.
Malgré la dureté du texte, j'ai beaucoup aimé ce livre et la façon dont le sujet de la pédophilie est traité, mais entouré de beaucoup de poésie et de remarques sur les animaux, la nature ainsi que le rythme des saisons et la façon dont la lumière change, éclairant les événements d'un jour nouveau.
Note : 4/5
(Lauric)
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