Le livre des nuits
(Gallimard/Folio, 1995, 255 pages)
Ce livre, je l'ai lu d'une traite, impossible de m'en détacher. Un livre dur
et impitoyable qui retrace la saga d'une famille maudite. Depuis
Théodore-Faustin Péniel, batelier de son état, qui dût
quitter sa famille pour partir à la guerre, une guerre dont il reviendra fou
et violent, le malheur s'est abattu une fois sur la lignée, il
n'arrêtera plus jamais de pleuvoir des coups du sort. Les rares moments de
bonheur sont aussitôt punis par une main invisible qui ôte la vie
à ces êtres dont la plupart sont attachants. De 1870 à
l'après seconde guerre, pratiquement toute la famille Péniel trouvera
la mort dans des circonstances dramatiques et douloureuses.
Au fur et à mesure de la lecture, on se demande quand ça va s'arrêter,
cette noirceur permanente ne peut pas durer, c'est trop. Et pourtant, même
lorsque qu'enfin "Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup" retrouve le bonheur auprès de
Ruth et son adorable fillette Alma, quand on lit l'amour naissant dans le regard de
Benoît-Quentin, on se prend à espérer que c'est l'heure du
rayon de soleil dans leur vie. Rien de tout cela, ils seront brûlés
vifs par les soldats Allemands ou déportés à Sachshausen. Une
famille qui semble surnaturelle, un patriarche qui "fabrique" des jumeaux, un
péché invisible et silencieux planant sur leurs épaules depuis
toujours et qui jamais ne sera expié.
Comme dans presque tous ses récits, Sylvie Germain aborde une fois de plus la
question du silence de Dieu face à tous ses malheurs et le dilemme crucial
de sa responsabilité dans le malheur des hommes. Victor-Flandrin
Péniel en est persuadé : Dieu ne peut pas exister ou alors il est
monstrueux de permettre de pareilles abominations. En effet, à la lecture de
la longue liste de terribles épreuves qui le secouent, on comprend sa peine
et ses doutes, on partage sa révolte et sa colère, même si
celle-ci se traduit parfois de manière extrêmement violente.
Derrière ces lignes, je devine une question existentielle non
réglée chez l'auteur, son rapport avec Dieu et, plus loin encore,
avec l'autorité suprême supposée diriger le monde. Si ce
message apparaissait de manière flagrante dans "Les échos du
silence", il fut distillé plus discrètement dans "La pleurante des
rues de Prague" ou "Immensités", alors que dans "Le livre des Nuits",
l'énoncé incessant de diverses violences successives nous impose la
question non résolue à ce jour : Que fait Dieu dans tout ça?
Note : 4.5/5
(Sahkti)
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Fin du XIXe siècle. L'auteur dans un texte troublant nous conte l'histoire
d'une famille ou plutôt d'un homme et sa descendance. Cet homme
Victor-Flandrin Péniel, dont le surnom sera Nuit-d'or-gueule-de-loup portant
au cou les larmes de son père, accompagné d'une ombre blonde
mystérieuse vient s'établir dans un hameau entouré de
forêts où rodent encore les loups. Cet homme prendra femme quatre fois et
engendrera une nombreuse descendance et ce toujours marquée par la
gemellité et chaque enfant reçoit la marque du père
c'est-à-dire une petite étincelle dorée dans un oeil.
L'histoire du monde s'écoule et de guerre en guerre (la période du
roman s'étale de 1870 à 1945) marquée de violence, de passion
et catastrophes.
Mon avis : Je ne peux dévoiler toute l'histoire mais dans ce roman il y a du
réalisme avec une pointe de fantastique qui se laisse oublier par le talent
de l'auteur, mais l'on s'attache à cette famille de laquelle émerge
une sorte de réflexion, ce qui au cours de ma lecture m'a procuré
beaucoup de plaisir. Ce sera encore un coup de coeur pour moi et je le recommande
vivement.
Note : 5/5
(Lalyre)
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Que c'est difficile à décrire le sentiment que j'ai eu en terminant
ce livre! Tout au long de la lecture je me disais que ce n'était pas mon
genre de lecture et pourtant je ne pouvais pas lâcher ce livre. J'étais
happée par les mots de Sylvie Germain, par son incroyable inventivité
et par ses personnages excentriques mais attachants. Je me suis surprise à
avoir pitié du pauvre Victor-Flandrin, qui reste fort et droit malgré
tous les malheurs qui lui tombent sur la tête. J'ai aussi beaucoup aimé
la part de magie dans ce roman, ces petits moments de pure folie où
l'iréel semble s'installer si facilement dans le monde concret.
Note : 4/5
(Philcabzi5)
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C'est l'histoire d'une famille qui, génération après
génération, lutte pour se construire une vie belle, poétique
sous la plume de Sylvie Germain, mais sont-ils maudits ou sont-ils rattrapés
par la condition humaine, tous échouent, rattrapés par la mort, la
guerre, la fragilité de l'existence.
Ce livre magnifique m'a rappelé des lectures anciennes d'auteurs flamands
tout aussi somptueux : ceux de Marie Gervers, de Paul Willems... et d'autres
francophones plus récents, la liste est longue. La Belgique, le plat pays,
se reflète le plus parfaitement dans ces histoires d'hommes qui luttent et
qui tombent. Et toujours dans l'écriture une vraie poésie qui rend
l'humain encore plus beau, plus haut, au-delà de la clairvoyance sans
égal qui fait la base du récit.
Note : 5/5
(Zouzou)
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Eh bien, oui, ce fut encore un très grand bonheur de lecture... impossible
pour moi à résumer, à la fois historique, fantastique, il n'y a aucun temps mort,
les évènements s'enchaînent sans cesse les uns à la
suite des autres, le récit est captivant et plein de profondeur,
d'intelligence et d'émotion. J'ai encore une fois adoré! Quelle
imagination, quelle écriture et quel talent!
Note : 5/5
(Chantal)
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