Le réseau Corneille
(LGF - Le Livre de Poche, 2004, 599 pages)
Nous sommes fin mai 1944, et c'est la guerre (oui, je voulais commencer mon
résumé par une phrase-choc). Betty est officier de l'armée
anglaise, et accessoirement l'une des plus grandes expertes en matière de
sabotage. Alors, quand on lui donne pour mission de détruire le
système de communication allemand en France, elle se bat pour constituer une
équipe de choc - du jamais vu : une équipe entièrement
constituée de femmes. Des femmes qui auront deux jours pour être
formées et aptes à réagir juste avant le
débarquement...
Le suspense est insoutenable, alors ce sera tout pour les grandes lignes de
l'histoire. Maintenant, entrons dans le vif du sujet, avec la première
phrase du roman : "Une minute avant l'explosion, le calme régnait sur la
place de Sainte-Cécile." J'avoue, j'ai eu peur. On peut aller loin comme ça,
en écrivant qu'un quart d'heure avant de mourir, mon grand-père
était toujours vivant... cool. Puis il faut prendre ce livre pour ce qu'il
est : le livre idéal quand on reste bloqué pendant des heures dans
une gare, une échappatoire formidable pour qui aurait peur de voir son
cerveau fumer (ici, pas de danger), bref, dans son genre, ce roman est totalement
efficace. Il est prenant, même s'il n'en finit pas dans ses rebondissements,
même si les personnages peuvent paraître caricaturaux, même si on
peut se poser des questions sur une fin un peu trop facile à mon goût.
En fait, je suis presque en colère contre Ken Follett, parce qu'il essaie
d'amadouer son lectorat (féminin?) en le comblant par des scènes
désespérantes de bons sentiments - le major allemand qui fait une
déclaration d'amour (la première!) à sa maîtresse alors
que celle-ci sera admirablement tuée quelques pages plus loin (au moins elle
est morte heureuse, c'est pas beau, la vie?), le résistant qui trahit sa
femme pour finalement lui sauver la vie... bla.bla.bla. Malheureusement, j'ai un
coeur d'artichaut, alors je me suis faite avoir plusieurs fois - à s'en
demander si c'est un "thriller" (dixit la 4e de couv') historique qui devient
prétexte à des histoires de guimauves, ou le contraire...
J'exagère - j'ai adoré que ce livre remplisse ses devoirs de
"livre-détente". J'aurais même bien aimé continuer de suivre les
personnages, finalement, c'est trop facile de nous faire vivre avec eux pendant
460 pages pour régler ensuite leur sort en 6 pages...
Note : 3/5 (mais dans ce contexte précis, c'est une bonne note)
(louve-épine)
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