La place
(Gallimard/folio, 1986, 113 pages, Prix Renaudot 1984)
L'histoire : Un peu après la mort de son père, l'auteure qui est la
narratrice entreprend le récit de la vie de celui-ci: d'abord garçon
de ferme, puis ouvrier et petit commerçant enfin.
La vie difficile des petites gens au début du XXe siècle est
bien mise en évidence, ainsi que la faible marge de liberté dont ils
disposaient pour améliorer leur condition de vie.
Un autre point intéressant est de voir la distance de plus en plus grande
qui s'installe entre le père qui a eu une éducation minimum, et sa
fille qui a la chance de faire de bonnes études.
Mon avis : C'est un petit format, écrit avec sensibilité et
délicatesse, mais qui est d'une grande densité.
Un bon livre intéressant et agréable.
Note : 4/5
(Nimbus)
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Sincérité, grande pudeur et émotion... Bref, Annie Ernaux,
suite à la mort de son père, avait tenté d'inclure son
personnage dans un de ses romans. Vaines tentatives. Et puis finalement, c'est en
décidant de parler de lui crûment, sans pathos, "d'une
écriture plate" pour dire les nouvelles essentielles. Rassembler les
paroles, les gestes, les goûts du père, les faits marquants de
sa vie. "Aucune poésie du souvenir, pas de dérision jubilante."
Le pari est moitié réussi: Annie Ernaux parvient à retracer
les traits d'un père très honnêtement, avec une pudeur non
affectée. Pour parler d'un homme qui savait à peine lire et
écrire, devenu ouvrier avant de s'élever au rang de
commerçant, toute la fierté des gens de peu, avec leur mode de vie
et leurs expressions de tous les jours, Annie Ernaux les copie en fille
modèle dans son livre, un peu honteuse d'avoir tourné le dos
à ce monde où elle a grandi heureuse, et puis rejeté lors de
son entrée dans le monde bourgeois. Le résultat est juste,
touchant. Car l'auteur a manqué à produire un texte plat, dans son
état brut: l'émotion est présente du début à la
fin, poignante, et vous noue l'estomac devant le récit de la mort du
père. La disparition de cet être cher, bourru dans son genre, mais
aimant et aimé pour ce qu'il était. La place lui en
délivre un terrible et bouleversant hommage.
Un très beau témoignage d'une fille pour son père. A lire,
le mouchoir à portée de main.
Note : 3.5/5
(Clarabel)
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Un livre court, une écriture simple. Annie Ernaux rassemble des souvenirs, des
sensations, des impressions. Il y a beaucoup de nostalgie, et on ne peut
s'empêcher de penser à sa propre enfance, sa propre jeunesse, à
ces petits riens, à ces expressions qui sont enfouies dans notre
mémoire et qu'un rien peut faire ressurgir.
Beaucoup de plaisir. Je lirai d'autres livres de cette auteure.
Note : 4/5
(Odilette)
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