Le Grand Nulle Part
(Rivages Noirs/poche, 1991, 638 pages)
Trois hommes qu'on suit en parallèle. Danny Upshaw, vingt-sept ans et déjà
enquêteur, il est sur une affaire de plusieurs meurtres dans le monde homosexuel. Malcolm
Considine, enquêteur au Bureau du Procureur, un homme assoiffé de pouvoir, qui
était à la libération du camp de concentration de Buchenwald. Buzz Meeks,
ancien policier, il n'y avait pas plus corrompu, maintenant il bosse pour un producteur de
cinéma. Ces trois hommes finiront par se rejoindre.
Le Grand Nulle Part est bien davantage qu'un roman policier. Comme pour Le Dahlia
Noir, c'est une véritable étude sociologique du milieu criminel
de Los Angeles dans les années 50. Dans ce roman-ci c'est la chasse aux communistes qui
est mise en évidence et le cinéma occupe une place
de choix en ce sens. Ellroy montre l'autre côté de la médaille de
Hollywood, les gros producteurs et les vedettes ce n'est pas toujours beau. L'histoire se
concentre aussi sur le milieu homosexuel dans ce qu'il a de plus sordide. Et comme toujours les
manigances et magouilles de toutes sortes des autorités policières en veux-tu,
en voilà!
Faut pas s'attendre à du suspense avant les deux cents dernières pages, James
Ellroy prend son temps, il décrit les choses minitueusement, peu à peu on
comprend où il nous emmène.
La dimension psychologique est renversante, chaque personnage est extrêmement
fouillé dans ses moindres pensées et faits et gestes. Pas de pitié, les
bons comme les méchants meurent, j'ai même versé une larme, c'est qu'on
s'attache à des personnages quand un auteur
sait à ce point les rendre réels.
J'aime passionnément ce genre de romans. J'aime pénétrer à
l'intérieur du sordide c'est tellement loin de ma vie réelle. De plus avec Le Grand Nulle Part j'ai appris beaucoup
sur l'histoire du communisme aux Etats-Unis et c'est très intéressant.
Ce n'est pas une lecture difficile mais qui demande tout de même une bonne concentration,
il y a beaucoup de personnages et ça prend un certain temps pour démêler tout ça,
mais ça n'en vaut le coup car c'est une histoire absolument grandiose.
On n'oublie pas les romans de James Ellroy...
Un livre, un auteur que je vous recommande avec plaisir!
Note : 5/5
(Mousseline)
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Le brillant et jeune (et torturé) enquêteur Danny Upshaw essaie
de faire des liens entre divers meurtres et de résoudre ces
mystérieux et horribles homicides commis sur de jeunes homosexuels
dans le Los Angeles du début des années 50. Au fur et à
mesure que l'histoire (et l'enquête) avance, d'autres aspects de
l'histoire, apparemment anodins au début, viennent s'y greffer. On
se retrouve avec une enquête qui couvre aussi la chasse au
Communistes qu'il y a eu dans les années 50 dans le milieu du
cinéma à Los Angeles.
Encore une fois, Ellroy réussit à nous emporter! En plus d'une
histoire policière extrêmement complexe et intéressante,
nous avons droit, sans que ça soit laborieux, à un cours
d'histoire et de sociologie. Vraiment génial! Et encore une fois,
nous avons droit à une trame policière où le but premier
n'est pas de nous chavirer avec de faux indices pour aboutir à un
climax extraordinaire. C'est beaucoup plus. Certains passages sont plutôt
brutaux (entre autres celui de l'autopsie sur le premier cadavre auquel
les yeux ont été arrachés ; ceux qui ont lu le livre se
souviennent sûrement de ce qui vient avec...), mais pour le
reste rien à redire sinon cette traduction très argotique
française parfois.
C'est très rare pour moi d'être aussi enthousiaste par rapport
à un policier! Vivement le troisième!
Note : 4.5/5
(Mélodie)
(J'ai un peu moins apprécié que Le Dahlia noir... mais un
petit peu seulement.)
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