Clandestin
(Rivages Noirs/poche, 1990, 461 pages)
La première chose à dire avec Ellroy c'est que ses romans sont
à ne pas mettre dans les mains de n'importe qui. James Ellroy aime
décrire des meurtres immondes mais là où d'autres
s'arrangeraient pour taire les détails à vômir, lui ne se
gène pas pour y aller de sa petite description écoeurante. Les
meurtres dont parle Ellroy sont tous à caractère sexuel avec
sévices et cortège d'hémoglobine. Ce préambule
terminé venons-en au fait...
Malgré que l'on sache dès la première ligne du roman que l'on
entre en enfer, que l'on va suivre un long chemin qui descendra dans les pires
pièces des âmes tordues, que l'on va voir la face sombre de l'homme et
l'horreur dans toute sa splendeur on ne peut décrocher d'un roman d'Ellroy.
Vous êtes happés et c'est avec crainte et cependant avec un attrait
maladif que vous dévorez les pages comme l'histoire dévore les
personnages. Un roman d'Ellroy (surtout ceux qui ont pour cadre le Los Angeles des
années 50) c'est comme un corps que l'on plongerait dans de l'acide
sulfurique. Cela mange tout et peut hanter certaines de vos nuits. Nous ne sommes
pas en face de thriller mais bien de choses terriblement véridiques et
même banales. Car derrière ces personnages communs se cachent les
pires êtres et les plus sordides joies...
Un premier tour pour se mettre en jambe avec ce "Clandestin" qui guide un flic de LA,
plein de son assurance virile et mâle qui va jouer sa vie à la
roulette russe pour aller au bout d'une enquête qui se terminera pour lui sur
le bord de son lit...
A lire pendant une nuit d'insomnie quand le sommeil est vraiment introuvable, sinon
c'est à vos risque et péril.
Une anecdote, l'histoire se passe il y a 8 ans déjà. C'était
mon premier Ellroy. J'avais envie de le lire, un peu. Alors je suis allé
dans un café pour me plonger dans l'ambiance. Il était 13h00 quand je
suis entré, il était 03h00 du matin quand je suis sorti de
l'établissement. Le livre était terminé mais j'avais
oublié de prévenir ma future épouse... Je vous dis pas le
savon.
Note : 4/5
(Claude)
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