Le marin de Gibraltar
(Gallimard/folio, 1977, 427 pages)
Lors de vacances en Italie avec sa fiancée, une conversation avec un
conducteur de camion provoque une remise en question existentiel du narrateur, un
rédacteur deuxième classe à l'état civil du
Ministère des Colonies. La canicule de Florence est la goutte qui fait
déborder le vase de son écoeurement, il plaque tout: boulot,
fiancée, avenir... En même temps, il fait la connaissance d'une riche
héritière américaine qui parcourt en yacht les ports du monde
à la recherche de son amour perdu: le marin de Gibraltar. Le narrateur
embarque sur le navire de la jeune femme et une relation passionnée mais
ambiguë se développe entre eux. Leur relation est-elle
condamnée à s'effacer derrière le marin?
Le début du livre est intéressant: le désespoir du narrateur,
sa perte d'intérêt face à tous les aspects de sa vie... Ce
personnage sans force, qui a toujours vécu suivant le flot des
événements, fascine par sa soudaine prise de conscience et son
revirement majeur. Mais lorsqu'il rencontre l'héritière et qu'ils
partent à la recherche du marin de Gibraltar, l'histoire s'embourbe. Ils
vivent une relation passionnée trouble, à la fois menacée et
nourrie par le possible retour de l'ancienne flamme. Toutefois, leurs existences se
limitent alors à beuveries, dialogues laconiques, errances dans les
cafés des ports. La langueur du livre illustre leur état, mais cela
s'étire et même ennuie. La dernière partie, alors qu'ils
poussent les recherches jusqu'au centre de l'Afrique, comprend un pénible
long dialogue d'ivrognes à sept voies. La discussion est sans grand
fondement, les répliques sans intérêt et le tout ne va nulle
part.
Mon expérience de cette lecture est mitigée, du grand
intérêt à l'ennuie. Je donne une note moyenne, mais
l'intérêt est en relation inversement proportionnelle au
numéro de la page...
Note : 3.25/5
(le réaliste-romantique)
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