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Renate Dorrestein

Le champ de fraises
(Belfond, 2006)

Loes, six ans, mène une vie tranquille jusqu'au jour où sa mère est accusée de meurtre. Elles deviennent des indésirables et le paradis de l'enfance va prendre fin pour Loes.

Le livre est découpé en trois temps correspondant aux 6 ans, 12 ans et 18 ans de Loes. On compte 26 chapitres, un pour chaque lettre de l'alphabet mais ce choix ne recèle aucune clef particulière.

Bien que différent stylistiquement (je l'ai trouvé moins bien écrit que les autres romans de l'auteur, avec parfois des expressions vraiment pas communes!), on peut dire que ce titre est typique de l'auteur. Il m'a semblé à la fois moins noir et pourtant plus terrible que ses autres romans. L'ambiance est de plus en plus pesante mais la violence reste très suggestive. L'auteur semble refuser de considérer Loes comme une victime mais nous fait ressentir un malaise permanent qui met le lecteur de plus en plus mal à l'aise (j'en étais au point d'accélérer ma lecture pour me sortir de ce guêpier de malheur). Loes nous paraît réellement porter poisse et l'on voudrait se désolidariser d'elle pour ne pas attirer le malheur sur soi. Elle semble pris au piège de la vie, et une des dernières phrases du livre résume très bien l'histoire : "La vie quelquefois part d'un côté et nous de l'autre". C'est vraiment très sombre, presque trop. Comme toujours, Dorrestein va à contre-courant et nous propose des "morales" qui dérangent. Ici, elle nous assène qu'une mère ne devrait pas se sacrifier pour son enfant : "Ne t'efface jamais pour quelqu'un. Même pas quand il semble qu'il y ait toutes les raisons pour ça" assène la mère de Loes à cette dernière. Ce qui caractérise le mieux le livre, finalement, c'est l'idée de piège, et c'est aussi la signification du titre même si ce dernier ne me convainc pas tout à fait.

A recommander aux fans (et c'est peu dire que j'ai été ravie de lire un nouveau texte de Dorrestein). Quant aux autres, je vous conseille plutôt de commencer par "Sans merci" ou "Un coeur de pierre".

(Flo)
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La vie de Loes, 6 ans, est bouleversée lorsque sa mère s'accuse du meurtre d'un voisin. D'idole de la population enfantine du quartier, elle devient paria, et s'emmure dans la souffrance et le secret pour ne pas révéler son malaise à ses deux "pères" jumeaux. Par bribes, elle nous révèle ce qui s'est passé ce soir-là, le soir où elle a fugué, le soir où le père de son ami a été assassiné... Mais ses souvenirs sont-ils fiables? Et surtout, une enfant de 6 ans a-t-elle assez de maturité pour analyser des évènements aussi violents? A 12 ans, puis à 18, Loes revient sur les évènements de ce soir-là avec un éclairage nouveau. Et la réalité peut être plus douloureuse que des années de rancoeur.

Ce roman est un piège! Le premier chapitre, de par son style, est peu commun, voire pénible à lire. Par la suite, il est ennuyeux et désagréable d'assister aux souffrances de la fillette. Mais la fin est terrible... On s'est tous fait avoir, Loes, sa mère, la rumeur, et le lecteur bien sûr... tout le monde a été piégé, sans même le soupçonner, sûrs qu'on était d'avoir enfin les bonnes réponses.

Note : 4/5 (je persiste et signe, c'est pas un auteur à lire à la plage!)
(louveloba)
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Quel enfant ne serait pas stigmatisé si sa mère était accusée du meurtre sauvage d'un homme? Et bien pas Loes, 6 ans. Quand sa mère est amenée en prison elle reste, seule, avec Lud et Duc, les "garçons" comme sa mère se plaît à les appeler. Ils tenteront du mieux qu'ils peuvent d'adoucir le contre-coup mais Loes ne leur dira jamais tout ce que les autres enfants lui font subir. À 12 ans, ils partiront tous vers une petite île inhospitalière, là où Loes trouvera finalement un groupe d'enfants prêt à l'accueillir dans leurs jeux plutôt disjonctés. Finalement à 18 ans, Loes est prête à voler de ses propres ailes, à avoir sa propre vie.

Ouf! Que ce livre est dur! Dans la première partie, le, ou plutôt, les narrateurs se trouvent être les enfants du village où habite Loes. Ainsi, la narration se fait au "nous", ce qui déstabilise au début, mais on s'y habitue assez vite. Par contre, on ne peut s'habituer à sentir la souffrance et la culpabilité de Loes. Quelques fois on a juste envie de crier et de secouer Loes pour qu'elle sorte de cette léthargie dans laquelle elle se réfugie. Renate Dorrestein arrive à si bien décrire la psychologie et les émotions des personnages que l'on a peine à s'en séparer, mais surtout elle réussit à laisser planer un mystère tout au long du livre et ce n'est qu'à la toute fin que l'on comprend vraiment le pourquoi de beaucoup de choses. Ce qui m'a vraiment frappée c'est l'humour grinçant que l'auteure a inséré un peu partout (surtout dans la première partie) et qui est même présent dans les moments les plus difficiles. Et au lieu d'atténuer ces moments noirs, cela les amplifie, on se sent encore plus mal à l'aise en lisant ces lignes. Bref, je vais certainement tenter de trouver d'autres titres de cette auteure!

Note : 5/5
(Philcabzi5)







Un coeur de pierre,
Sans merci,
Vices cachés,
Le champ de fraises



Renate Dorrestein, née à Amsterdam en 1954, est l'un des écrivains contemporains les plus célèbres des Pays-Bas. Journaliste et rédactrice en chef du mensuel féministe Opzij, elle publie son premier roman en 1983. Auteur d'une dizaine d'ouvrages, "Vices cachés" est le premier traduit en français, bientôt suivi d'"Un coeur de pierre". En 1993, Renate Dorrestein reçoit le prix Annie Romein pour l'ensemble de son oeuvre. Son nouveau roman, "Sans merci", a paru aux Éditions Belfond.




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