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Chitra Banerjee Divakaruni

La reine des rêves
(Philippe Picquier, 2006, 385 pages)

La mère de Rakhi interprète l'avenir à travers les rêves, c'est en quelque sorte son métier. Mais cette activité a rendu celle-ci inaccessible et mystérieuse, auréolée de silences et de non-dits qui remontent jusqu'à son temps vécu en Inde, dans sa jeunesse. De son passé, elle n'en dit rien à sa fille qui, elle, meurt d'envie d'en savoir plus. Sa mère la fascine. Aujourd'hui installée en Californie, la famille de Rakhi fait figure d'étrangère au sein d'elle-même : chaque membre enfermé dans sa bulle, chacun taisant ses envies et ses secrets. Désormais, Rakhi est peintre, maman d'une petite Jona, divorcée du père, Sonny et s'occupe aussi de son salon de thé. Son équilibre est précaire, le soutien de sa mère toujours désespéré, et rendu encore plus fragile avec la disparition de celle-ci.

Ce joli roman de Chitra B. Divakaruni ne se passe pas en Inde, mais en Californie, parmi la communauté indienne où se côtoient deux générations. Comme dit la chanson : "Etre né quelque part, Laissez-moi ce repère Ou je perds la mémoire". La mère de Rakhi a choisi d'effacer son passé, de se tourner vers l'avenir, mais sa fille a semblé en souffrir. Vers la fin du roman, les événements de septembre 2001 fouettent violemment les étrangers installés ou nés en Amérique. Les réflexions autour des actes racistes et xénophobes sont très éclairées et justes. Mais le roman en général n'est pas sombre, une lueur d'espoir l'égaie. Au démarrage de l'histoire, Rakhi est une personnalité ronchonne et capricieuse, qui a du mal à gérer sa vie ordinaire, entre sa séparation avec Sonny, l'éducation de sa fille, sa peinture et le salon de thé menacé par la concurrence. On comprend également que ses relations avec sa mère sont complexes. Toutefois, au fil des pages, les rapports vont évoluer, malgré les aléas. Rakhi va gagner en "sagesse", mais surtout se rendre compte "qu'on ne peut pas tout savoir", et qu'on ne gagne pas à en savoir trop. Au contact de son père, elle va enfin comprendre ses racines et sa mère (les passages sur la nourriture indienne, à travers les épices, le thé, et les plats typiques mettent franchement l'eau aux papilles)!

En bref, "La reine des rêves" est un très beau roman, très divertissant, sur la façon de vivre sa vie, avec ou sans racines, qu'on soit ici ou d'ailleurs, éternels déracinés... La note finale apporte, très honnêtement, du baume au coeur.

Note : 4/5
(Clarabel)
**********

Rakhi, jeune artiste peintre et mère d'une fillette s'occupe avec son amie Belle d'un salon de thé. D'origine indienne, elle n'est cependant jamais allée en Inde et sa mère n'a jamais voulu lui parler de ce pays qui la fascinait tant. La mère de Rakhi très mystérieuse n'aimait pas parler non plus de son "métier" d'interprète de rêves, que Rakhi aurait pourtant voulu connaître pour être plus proche de sa mère. Mais n'ayant pas le don, ce monde lui étant fermé, sa mère ne lui en a pas parlé et est restée distante d'elle.

Ce livre est imprégné de la présence de la mère de Rakhi. Celle-ci a toujours eu une sorte de fascination pour ce qu'elle faisait et l'occasion de tenter d'en comprendre plus à ce sujet plus tard va se présenter à elle. On essaye de comprendre aussi, d'en savoir plus, mais pour nous autant que pour Rakhi le mystère demeure. Mais ce livre n'est pas que sur sa mère, on a ensuite son histoire, ou du moins une partie, sa vie avec sa fille, ses peintures et son salon de thé qui marche bien tout d'abord mais qui devra ensuite faire face à toutes sortes d'aléas. On retrouve aussi dans ce livre les difficultés à faire face à la concurrence, le racisme qui s'est accru soudainement après les attentats du 11 septembre.

C'est un livre qu'on lâche avec regret parce qu'on prend plaisir à s'y plonger, d'une grande simplicité, où l'on suit cette femme dans de nombreux moments difficiles, faisant face à des problèmes multiples de la vie. Un bon moment.

Note : 4,5/5
(Van)

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La reine des rêves,
La Maîtresse des épices,
La liane du désir



Arrivée aux Etats-Unis à l'âge de 19 ans pour y suivre des études d'anglais, Chitra Banerjee Divakaruni ressent le besoin d'écrire alors qu'elle est amenée à s'interroger sur ses origines indiennes et sa culture. Elle obtient un doctorat à l'université de Berkeley en 1985, deux ans avant la publication d'un premier recueil de poème, "Dark Like the River". Sa production littéraire interroge la question du biculturalisme, de l'adaptation d'une culture à une autre, en s'appuyant sur sa propre expérience d'immigrée, tout en tâchant de renouer avec ses racines indiennes par la poésie. C'est notamment le cas de "Maîtresse des épices", paru en 1999, ou de "Ma soeur, mon amour" publié en 2001. Dans "Le Palais des illusions" (2008), c'est l'Inde mythique qu'elle recrée, en y intégrant une réflexion sur la condition féminine, sujet qui la préoccupe tout particulièrement et qu'elle avait déjà évoqué dans "Mariage arrangé", un recueil de nouvelles publié en 2001. Parallèlement à sa carrière d'écrivain, Chitra Banerjee Divakaruni enseigne à l'université de Houston, au Texas. L'engagement de Chitra Banerjee Divakaruni pour défendre la cause des femmes en Asie ne se limite pas à ses écrits : elle est aussi présidente et co-fondatrice d'une association, MATRI, qui se bat contre les violences domestiques. source : www.evene.fr




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