Message de Frolix 8
(J'ai lu, 1999, 254 pages)
Ce roman met en scène l'univers habituel de Philip K. Dick : un monde
policier totalitaire. Les humains y sont divisés en trois "espèces",
soit les Exceptionnels, les Nouveaux hommes et les Ordinaires. Les premiers sont
dotés de pouvoirs psychiques, telles la télépathie et la
précognition (des "précogs"), les seconds disposent d'un double
cerveau hypertrophié, super intelligents, tandis que les derniers sont... le
reste, les ordinaires. Le pouvoir est aux mains des deux premiers groupes,
légèrement antagonistes, qui se l'échangent
régulièrement. L'alcool est formellement interdit, mais les autres
drogues sont en vente libre et fortement utilisées. Cette
société est très stable, perturbée seulement par les
tracts de quelques Résistants épars et, de toute manière,
sous surveillance, jusqu'à ce qu'un message du traître Provoni
parvient à la Terre : parti dans les étoiles chercher de l'aide pour
renverser le gouvernement, il revient avec un "ami" de Frolix 8. Est-ce que le
gouvernement va réussir à repousser l'envahisseur? Et est-ce que ce
dernier veut vraiment "aider" les humains, ou bien ne désir-t-il pas plutôt
les soumettre?
C'est un livre intéressant dans le style dickien. Pour en avoir lu un grand
nombre, je n'y ai pas trouvé grande originalité. Cependant tout ce
qu'on espère à la lecture de cet auteur s'y trouvait : Dick critique
la paranoïa du gouvernement américain de l'époque, la fille aux
cheveux noirs fait sont apparition à la page 46, un peu de mysticisme
chrétien sous-tend l'intrigue... J'ai aussi apprécié quelques
bons coups amusants, telle la comparaison entre l'activisme politique et la
dépendance à la drogue :
"- C'est toujours comme ça qu'ils procèdent, le premier livret
[de propagande] est gratuit, le second est cinq pops [unité
monétaire], le suivant dix, et puis..."
Ça ne renouvelle pas le genre, mais c'est un bon livre dans cette veine.
Note : 3.75/5
(le réaliste-romantique)
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