Des nouvelles d'Edouard
(Actes Sud/Babel, 1998, 328)
Tout commence dans les coulisses d'un cabaret gay, ça dure un peu, on peut craindre de
passer un tome entier avec ces travestis et hum... on se lasse d'avance. Mais badaboum, Edouard
se fait assassiner, et en hommage posthume ses amis entreprennent la lecture du journal de son
voyage à Paris; Edouard en a rajouté toute sa vie, et dans ce journal tout autant,
mais il est destiné à la Grosse Femme, sa belle-soeur, et sous la plume
sarcastique se dévoile toute sa profondeur.
On aborde les sentiments d'exil que tout le monde peut ressentir loin de ses racines. On visite
la nature humaine, son snobisme, son chacun-pour-soi. On croise Boris Vian, Simone de Beauvoir
et Jean-Paul Sartre, en l'espace de 36 heures on visite plein de quartiers différents.
On touche du doigt les différences de culture, jusque dans les détails du quotidien.
On parle de Bonheur d'occasion de Gabrielle Roy!
Bref, c'est passionnant, pas moins.
Note : 5/5
(Cuné)
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A vrai dire, je trouve ce livre inégal, et je lui mets seulement 4 étoiles.
Bon début: Premier mouvement, le monde de la nuit, au Coconut Inn (!), avec ses
travestis, ses artifices, sa gouaille. Surprenant, voire irritant pour le lecteur bien
étranger à ce milieu.
Mais j'ai été conquis par le deuxième mouvement: la mort d'Edouard, "la
duchesse". Très belles pages, 37 à 52. Le personnage a du panache et l'émotion
vous étreint. On hésite à lire/dire le texte.
On pense avec l'auteur que "Le jour, ce monde de l'illusion prend une pâleur
pathétique qui serre la gorge". p. 53.
Troisième mouvement, une écriture rétrograde: Edouard fuit le
Québec pour la France en se rappelant les attitudes mondaines et méprisantes de
ses compatriotes québécois de la soi-disant bonne société. Il/elle
cherche sa place, pratiquant mensonges et provocations. Le récit est un peu bavard, on y
trouve une faconde épicée, voire rabelaisienne, et des tournures pour nous
Français, bien exotiques. Mais l'ensemble paraît facile. Par la suite, on voit la
France de 1947 et les Français d'alors par des yeux québécois, nourris de
films et de romans du "réalisme poétique". Là le texte paraît, et
c'était inévitable, bien démodé.
Personnellement, je préfère, et de beaucoup, Michel Tremblay, dans Hotel
Bristol New York,N.Y. paru chez Lemeac/Actes Sud. Un récit court, et humainement
plus consistant. Bien cordialement.
Note : 4/5
(Tribouille)
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Résumé : Précédemment dans "La duchesse et le roturier",
Edouard s'embarquait pour la France et Paris. Dans un journal de voyage pour sa
belle-soeur La grosse femme, il raconte son aventure.
Mon avis : Un tome très différent des précédents, dans
le ton et la construction narrative et j'aime bien. On croit savoir comment va
être le prochain tome de cette chronique et soudain, l'auteur nous gratifie
d'un nouveau tour de passe-passe. Les allers retours dans le temps sont très
bien maîtrisés et on finit par vraiment beaucoup s'y attacher à
ce curieux personnage qu'est Edouard. C'est également dans ce tome là
que l'on se rend compte qu'il vaut mieux lire ces chroniques dans l'ordre pour y
comprendre quelque chose. A savourer tranquillement.
Note : 4/5
(Chimère)
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Dans le livre précédent, nous quittons Edouard qui s'embarque pour
Paris. Maintenant entrons dans ce 4ème tome pour avoir de ses nouvelles,
tout d'abord il nous raconte la traversée vers le Havre et déjà
il est déçu par les fossés sociaux qui se creusent entre les gens ordinaires
et les parvenus de ce voyage. Arrivé à Paris il voudrait partager sa
culture avec les Parisiens mais il est d'emblée sujet aux moqueries
à cause de son accent (n'oublions pas que cela se passe en 1947)
donc la duchesse (alias Edouard) isolé dans sa sexualité comme
dans sa culture s'ennuie et a envie de revoir la grosse femme ce qui
l'incite à rentrer dans son pays en catastrophe et à mentir à
ses proches, tout le monde le croit toujours à Paris sauf la grosse
femme. Le roman débute par la mort d'Edouard, assassiné par
Tooth Pick et c'est par son journal que découvriront Hosanna et
Cuirette que nous apprendrons les mensonges d'Edouard.
Mon avis : Pauvre Edouard, une vie ratée remplie de révolte qui a
forcé mon admiration pour lui car je l'aimais cet homme, il faut
dire qu'en lisant cette chronique, j'ai l'impression de faire partie
de cette famille. J'adooooore!
Note : 5/5
(Lalyre)
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