La demande
(Gallimard/folio, 140 pages, 2001)
L'histoire se résume en quelques mots: un grand peintre italien de la Renaissance,
accompagné de ses élèves, émigre sur les bords de la Loire à
l'invitation du roi de France. Ce sera son dernier voyage. Entre lui et la servante de la
résidence qu'on lui a allouée se tisse un long dialogue muet qui aboutira
à la fameuse demande, seul moment où la retenue qu'ils se sont imposée
sera vaincue.
Une prose superbe mais par moments trop précieuse à mon goût, ce sera le
seul bémol de ma part pour ce livre qui est accueilli quasi unanimement comme un
chef-d'oeuvre par la critique. Les longues énumérations, et elles sont nombreuses,
ne m'ont jamais plu. C'est une question de goût.
Ceci dit certains passages du livre sont autant de tableaux que je garderai longuement en
mémoire. Michèle Desbordes sait décrire les lumières, elle fait
penser à un Vermeer littéraire. Chez Folio, ils s'en sont bien rendu compte
puiqu'ils ont choisi pour la couverture un extrait d'un tableau de Pieter Janssens, La
balayeuse, qui fait étrangement penser à un Vermeer.
Les lecteurs allergiques au déroulement très lent d'une histoire
n'apprécieront guère le livre, autant les prévenir.
Note : 4/5
(Gribouille_mutine)
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Je partage l'avis de Marie. J'ai beaucoup apprécié cette fable. Quant à
moi, j'ai pensé que ce vieux peintre italien incarnait Léonard de Vinci. C'est
le genre de lecture qui se savoure au coin du feu, dans une ambiance sereine pour en
apprécier la beauté. L'auteur peint avec des mots, par petites touches de
"non-dit", de regards qui valent mieux que de longs discours.
Quelques longueurs parfois, oui, c'est vrai, mais dans l'ensemble j'y ai presque pris autant
de plaisir qu'avec Tracy Chevalier et La Jeune fille à la perle. Pourtant ces
deux oeuvres n'ont rien à voir littérairement parlant mais elles évoquent
toutes deux la fin de vie d'un peintre. Avec, pour La Demande, toutes les nuances et les
couleurs qui soulignent la douloureuse prise de conscience du temps qui s'écoule.
Note : 4.5/5
(Calou)
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L'histoire: Un maître-italien, peintre et architecte, à la fin de sa vie, quitte
son pays, accompagné de plusieurs de ses élèves et d'un serviteur, et
rejoint les bords de la Loire où il s'installe dans une grande maison. Là, il y
trouve une servante. Et c'est l'histoire de la relation entre ces deux êtres que nous
raconte l'auteur... jusqu'à la demande finale.
Ce que j'en pense: Michèle Desbordes n'écrit pas, elle peint avec les mots:
j'avais le sentiment de "lire" une succession de tableaux où les paysages, les couleurs
du ciel, la lumière si changeante selon les heures du jour, les différentes
occupations des personnages, étaient peints avec des mots précis, simples, mais
qui, mis à la suite les uns des autres, donnaient un texte subtil, poétique et
lumineux.
Elle nous raconte la communication toute en silence entre ces deux personnes qui s'observent
longtemps de loin, puis qui se rapprochent petit à petit, jusqu'à se rechercher,
lui qui sait qu'il va bientôt mourir, et elle qui se sent si fatiguée.
Elle nous raconte également la difficile vie des petites gens de cette époque, la
misère, le travail incessant, le froid...
C'est également un livre sur le temps, le temps qui passe inexorablement, mais c'est
aussi un livre sur les pensées, les réflexions de l'homme face à la
vieillesse qui avance et face à la mort qui approche, pendant que non loin de là,
la Loire coule et continuera à couler; sans cesse et sans eux. (Ce livre m'a fait
beaucoup penser à celui de Virginia Woolf: "La promenade au phare".)
Il faut aimer les livres lents, s'installer confortablement et se plonger dans cette histoire
en se laissant porter par le rythme des mots et par le courant des phrases, et on en tire un
grand plaisir et une grande sérénité. En tout cas, ce fut grandement le
cas pour moi.
Sublime.
Note : 5/5
(Chantal)
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Je zappe le résumé car il a déjà été
fait et bien fait auparavant par Gribouille et Chantale. Je vous donnerai
simplement mon avis.
Gribouille avait prévenu "Les lecteurs allergiques au déroulement très lent d'une
histoire n'apprécieront guère le livre." Et bien maintenant je
sais que je fais partie de ces lecteurs. Le déroulement est non
seulement très lent mais il est aussi fastidieux: les longues
énumérations m'ont plus fatigué que fait rêver. Il
n'y a aucune action, c'est plat. Même si la prose est
jolie ça ne m'a pas suffit. C'est un roman de style mais
ça s'arrête là. C'est creux, vide, artificiel: on observe les
personnages mais l'auteur ne parvient jamais à les rendre
intéressants. Je garde de ce livre un très
mauvais souvenir. Je n'avais pas aimé La jeune fille à la
perle et j'aime encore moins celui-ci.
Et ma note sera sans appel : 2/5
(Lhisbei)
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Résumé : Accompagné de ses éléves et à
l'invitation du roi de France, un maître italien peintre et architecte
s'installe dans une maison au bord de la Loire. Les services d'une servante lui ont
été offerts.
Mon avis : Un texte tout en non dit et en retenue, un dialogue silencieux entre
deux individus en apparence très dissemblables. Une très belle
idée que cette rencontre improbable entre un viel artiste qui sent sa fin
venir et une servante dont l'étrange demande permettra de
révéler combien ses deux personnages se comprennent mutuellement sans
avoir besoin de parole. A conseiller vivement.
Note : 4/5
(Chimère)
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