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Erri De Luca

Montedidio
(Gallimard/folio, 2003, 230 pages)

Naples dans les années cinquante. Montedidio, c'est la plus haute colline de la ville, qui domine la baie de Naples. C'est un quartier populaire, avec ses ruelles, ses boutiques, ses odeurs et ses bruits. C'est là que vit le jeune narrateur (qui n'a pas de nom). Il vient d'avoir treize ans, et a quitté l'école pour travailler comme apprenti chez un menuisier. Pour son anniversaire, son père lui a offert un boomerang. Il ne peut l'envoyer parce que les rues de Montedidio sont trop étroites. Alors le soir il monte sur le toit de son immeuble, où sèche le linge et s'entraîne à le lancer.

Ce roman raconte cette délicate période de transition qu'est l'adolescence. Le héros quitte l'enfance, sa voix se transforme et tous les samedi, il rapporte à sa mère son salaire, ce qui fait de lui un homme. De son boomerang, il va faire un objet magique qui lui permettra de sauter de l'enfance à l'âge adulte. C'est une âme simple, curieuse et optimiste, qui découvre la vie, le monde et les sentiments, et confie ses découvertes à son cahier. Autour de lui, gravitent une jolie collection de personnages : son père, docker, qui apprend à lire à l'école du soir; son patron, Mast'Errico, qui lui apprend son métier avec humanité; Rafaniello, le vieux cordonnier juif bossu qui est persuadé que sa bosse contient deux ailes qui un jour lui permettront de s'envoler jusqu'à Jérusalem; Maria, la jolie voisine, qui le guette dans l'escalier...

Le style est à la fois limpide et plein de poésie, l'histoire est racontée en courts chapitres d'une page maximum par un narrateur plein de sensibilité pour lequel on éprouve très vite beaucoup d'affection.

Extraits :

"Moi, je les comprends les années des gens, mais celles de Rafaniello non. Son visage fait cent ans, ses mains font quarante, ses cheveux vingt, tout roux comme des broussailles."

"Nous vivons en Italie, dit papa, mais nous ne sommes pas Italiens. Pour parler la langue nous devons l'étudier, c'est comme à l'étranger, comme en Amérique, mais sans s'en aller. Beaucoup d'entre nous ne le parleront jamais l'italien et ils mourront en napolitain."

"Maria dit que je suis bien là moi et voilà que je m'aperçois moi aussi que j'existe. Je me pose la question : je ne pouvais pas m'en apercevoir tout seul que j'existais? Il semble que non. Il semble que ce doit être quelqu'un d'autre qui le signale."

"L'an passé, je ne rêvais pas de demander tout ça, c'est arrivé tout seul, sans un désir."

"Comme c'est important d'être deux, homme et femme, dans cette ville. Celui qui est seul est moins qu'un."

"Pour vivre il faut forcément des coups, pour voler aussi, pour se détacher de terre, pour faire monter un bout de bois en l'air, des coups durs."

Note : 5/5
(Papillon)
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Une pure merveille, je n'ose même pas en parler tellement c'est beau!

Note : 5/5
(Calou)
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Un pur chef d'oeuvre!

Je suis tout à fait d'accord avec toi, Calou. Je recommande chaudement la lecture de "Trois chevaux" du même auteur.

Note : 5/5
(Gribouille)
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L'histoire d'un garçon qui devient adulte, de son amitié avec un bossu bien spécial, de la naissance de l'amour...

Encore un récit très poétique, mais qui ne cache rien de la dureté de la vie.

Note : 4/5
(Laetitia)
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Montedidio ou Montagne de Dieu est un quartier populaire perché sur les hauteurs de Naples. C'est là que vit le héros de l'histoire, âgé de 13 ans, qui vient de commencer à travailler chez Mast'errico le menuisier. Dans l'atelier, il côtoie Rafanielo, vieux cordonnier bossu et juif qui ne rêve que de rejoindre son pays. Il passe ses soirées à s'entraîner au "boomeran" que lui a offert son père, il va connaître ses premiers émois amoureux avec Maria et vivre la maladie de sa mère...

Erri De Luca, avec son écriture si limpide et si dépouillée, n'a pas son pareil, pour nous décrire les petits évènements quotidiens de la vie, pour nous transmettre les émotions, pour nous faire sentir le rythme lent du temps qui passe et qui transforme tout doucement et sans retour possible notre vie. J'ai encore une fois été charmée. Erri De Luca est définitivement un de mes auteurs préférés.

Note : 5/5
(Chantal)
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Oui, mais je n'ai pas aimé (ou pas compris?) la fin. Ça m'a déçue.

Note : 3.5/5
(Lassy)
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J'ai eu la possibilité de pouvoir lire le texte entier dans la journée, et celà c'est vraiment la situation idéale! On est complètement immergé, et même avec une mauvaise mémoire on a tous les éléments en tête.

Très beau texte, de la poésie et de la beauté à chaque page! Les années cinquante, les faubourgs napolitains, des gens pauvres et simples, certains ne parlent qu'un patois local et ne maîtrisent pas l'Italien. Par petites touches, l'auteur qui s'exprime par la bouche d'un jeune garçon nous détaille le passage de l'enfance à l'âge adulte. C'est de la poésie déguisée en prose et c'est un régal permanent. Le rythme est un peu lent, peu d'action, mais de belles réflexions. La fin est un peu elliptique (ou magique si l'on préfère), je ne suis pas certain d'avoir tout compris par méconnaissance des textes religieux fondamentaux.

Note : 5/5
(Nimbus)

p.s. par contre je ne lirais pas que ce genre de texte du premier janvier au trente et un décembre!

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Que dire de ce petit livre - plein de poésie, une histoire touchante d'une amitié entre un jeune de 13 ans et d'un juif ayant survécu à l'holocauste, l'histoire d'un amour naissant entre ce jeune garçon et Maria, 13 ans elle aussi mais beaucoup plus mature.

On se laisse complètement emporter par l'écriture et le récit où, malgré les difficultés de la vie, ce jeune garçon réussit à rester positif et naïf.

Comme Nimbus, la fin m'a laissée un peu perplexe et le ton un peu ésotérique des dernières pages m'a - pas agacée - mais déstabilisée...

Mais ça reste que c'est une très belle lecture - probablement encore mieux si on peu le lire en une seule journée.

Note : 4.5/5
(Lagrande)

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Beaucoup de belles choses déjà dites. Naples, fin de la deuxième guerre, un enfant apprenti menuisier et un cordonnier juif se rencontrent. L'enfant consigne ses premiers jours de travail sur des morceaux de papier. Peu à peu, sa découverte de la vie prend forme sous sa plume. Il parle napolitain mais écrit en italien. Comme Erri de Luca enfant, qui a grandi dans un quartier napolitain, laissant à la langue italienne l'honneur d'être celle des livres et de la bureaucratie.

On peut également faire un parallèle entre cette rencontre avec un vieillard juif et la jeunesse d'Erri de Luca dont les parents lui racontaient souvent les horreurs de la guerre et la honte qu'ils avaient d'avoir été contemporains de toutes les atrocités commises sur les juifs. C'est un beau roman poétique et réaliste à la fois. Il y a une douceur très particulière qui se dégage de chaque page et qui fait qu'assez rapidement, on se sent proche de cette histoire.

Note : 3.5/5
(Sahkti)







Tu mio,
Trois chevaux,
Montedidio

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