Naissance des fantômes (Gallimard/Folio, 1999, 161 pages)
Ce petit livre raconte l'histoire d'une femme dont le mari, parti acheter du pain,
disparaît. Avec ce roman, Darrieussecq réussit à mettre en mots le
mouvement de la pensée pendant l'attente. Quand on attend, on pense à tout,
à rien, au passé, au futur, à cette cigarette que l'on allume autant qu'au
vide laissé par le disparu. L'absence de l'être aimé devient si forte, si
"présente" à notre esprit qu'elle devient fantôme!
J'ai aimé ce roman pour son exercice de style surprenant et tout à fait
réussi; un peu pour les mêmes raisons qui font que j'aie apprécié
"Soie" de Baricco. Un style impeccable et tout à fait approprié pour
dépeindre une situation donnée.
J'apprécie Darrieussecq pour ses figures de style étonnantes et pour le point de
vue très féminin qu'elle nous propose. Ses femmes disent leur réalité:
c'est touchant et cru à la fois: "... je me suis éloignée bipède et
bien cambrée sans même avoir à trottiner, fière comme
la petite sirène fendue en deux par ses nouvelles jambes, et cisaillée comme elle de
douleur."
Note : 4/5
(Lafillasse)
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