La petite fille de Monsieur Linh
(Stock, 2005, 159 pages)
C'est l'histoire d'un vieil homme, obligé de quitter, à cause de la
guerre, son pays, plein de chaleur, de beauté, d' odeurs... Après un
voyage interminable passé à la proue d'un navire, à regarder
le sillage du bateau et l'horizon où a disparu le pays où il a
laissé toute sa vie, il débarque dans une grande ville froide,
grise, bruyante, sans odeurs (ou alors celles des fumées des usines ou des
pots d'échappement). Mais il n'est pas seul: dans ces bras qu'elle ne
quitte pas, sa petite fille de deux mois à peine, la seule survivante de sa
famille tuée par les bombes...
A travers l'histoire de Monsieur Linh, c'est l'histoire de tous ces
émigrés qui n'ont pas d'autre choix que de quitter leur patrie, et
de s'exhiler en terre inconnue où ils trouvent une réalité de
la vie totalement différente à la leur: langue, culture, nourriture,
climat... C'est l'histoire de leur déracinement, de leur tristesse infinie,
de leur découragement, de leur solitude. Ce qui fait tenir Monsieur Linh,
c'est sa petite fille. Il veut vivre pour la nourrir, la voir grandir et
s'épanouir "comme une fleur de Lotus". L'amitié d'un homme va-t-il
les sauver?
J'ai à nouveau beaucoup aimé l'écriture de Philippe Claudel,
très épurée, très coulante, et souvent poétique.
Elle m'a souvent fait penser à celle de Marguerite Duras, une
écriture où le lecteur, s'il le veut bien, en mettant en marche son
imagination, découvre tout un monde de non-dits (ou plutôt de
non-écrits) entre les lignes. Comme dans "Les âmes grises", c'est encore
ici une peinture des sentiments, des comportements des hommes face à la
monstruosité et à la stupidité de la guerre. Dans la
dédicace qu'il m'a faite, Philippe Claudel a écrit: "Un
récit au plus près de l'humain". J'ajouterai juste: "plein
d'émotion".
Note : 4.5/5
(Chantal)
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Monsieur Linh a quitté un pays en guerre, un village en ruine et
ravagé pour un ailleurs autrement plus étrange. Une ville, immense,
bondée de gens qui vont et viennent, où l'on parle une langue
différente de la sienne. Qu'importe pour ce vieil homme, il a auprès
de lui sa petite fille, Sang Diû. Un bébé de quelques semaines
qu'il a sauvé, après la mort de ses propres parents, dont le fils de
Monsieur Linh. Homme seul et égaré, il s'est réfugié
dans un dortoir avec d'autres exilés mais il ne s'intègre pas
auprès d'eux. C'est en se baladant dans les rues de la ville qu'il fait la
connaissance d'un homme, gros et imposant, Monsieur Bark. Entre eux deux, une
bienveillante relation s'établit...
L'histoire de Monsieur Linh entraîne le lecteur d'entrée de jeu!
C'est la magie des mots, du style de Philippe Claudel, c'est la puissance d'une
histoire sans tralala. Tout passe par l'émotion et la pureté. C'est
ouah! Au coeur du roman, la personnalité de Monsieur Linh est lumineuse,
bien qu'étant un être marqué et désamparé.
Pourtant cet homme est d'une grande noblesse, sa petite fille nichée dans
le creux de ses bras, calme et silencieuse et on souhaite au vieillard des jours
meilleurs. L'auteur, fidèle à ses proses écorchées,
n'en reste pas là... et c'est un "ravissement" qui laisse sans voix!
Extrait : "La tête de Monsieur Linh est grosse de trop de fatigues, de
souffrances, de désillusions. Elle est lourde de trop de défaites et
de trop de départs. Qu'est-ce donc que la vie humaine sinon un collier de
blessures que l'on passe autour de son cou? A quoi sert d'aller ainsi dans les
jours, les mois, les années, toujours plus faible, toujours meurtri?
Pourquoi faut-il que les lendemains soient toujours plus amers que les jours
passés qui le sont déjà trop?"
Note : 4.5/5
(Clarabel)
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Comme Chantal et Clarabel, je suis tombée sous le charme de la douceur du
récit de Philippe Claudel. J'ai mis un petit bout de temps avant de relever
les indices et de les mettre bout à bout, mais à la scène du
restaurant je savais à quoi m'en tenir. Et en fait ça ne fait que
renforcer l'humanité de cette jolie histoire, que l'on pourrait très
bien se raconter en famille autour de la cheminée le soir... A la fois
triste, et belle, touchante, et souriante. Il ne faut pas s'en priver!
Note : 3.5/5
(Cuné)
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C'est pour moi un roman coup de coeur! Je ne l'ai pas laché une fois
commencé! L'écriture est très fluide et sa poésie nous
entraine au gré de sa rythmique auprès de ce vieux monsieur qui
cherche à protéger le plus possible sa toute petite fille! L'histoire,
bien qu'elle soit triste laisse apparaître une pointe d'optimisme par le
biais de la relation d'amitié qui s'installe entre Mr Spark et Mr Lihn! Les
personnages sont très attachants! Un petit bijou!
Note : 5/5
(Elfe)
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Sur fond d'exil et de solitude naît une belle amité entre deux hommes
qui ne parlent pas du tout la même langue, ne se comprennnent mais, qui
malgré tout sont attentifs l'un à l'autre.
Beau beau roman. Coup de coeur pour moi aussi.
Note : 5/5
(MicKaeline)
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Un jour, Monsieur Linh quitte son pays sur un bateau. Monsieur Linh est un vieil
homme et son pays est ravagé par la guerre. De sa vie passée il ne
reste rien : sa famille a été tuée et son village
brûlé. Rien, sauf sa petite-fille, un tout petit bébé
qu'il tient précieusement au creux de ses bras. C'est pour cet enfant qu'il a
pris la route de l'exil. Et puis le bateau accoste dans un pays étrange et
étranger où tout est surprenant pour Monsieur Linh : les gens, les
maisons, la langue, les rues, les magasins. Et le froid, surtout. Et pourtant
Monsieur Linh part à la découverte de son nouvel environnement,
timidement, pas à pas, comme un enfant qui apprend à marcher. C'est
son amour pour la petite fille qui le pousse en avant... Un jour, un homme vient
s'asseoir sur le même banc que lui. S'engage alors une conversation muette
entre deux hommes semblables dans leur solitude et différents dans leur
culture. Commence alors une improbable amitié.
Un magnifique roman qui parle de l'exil et du recommencement. A quoi s'accroche-t-on
pour survivre quand on a tout perdu et qu'il faut pourtant continuer à
vivre? Et un livre sur l'amitié, aussi, sur la capacité à
créer des liens au-delà de tout langage. Une cigarette offerte, un
bonjour accepté, une reconnaissance mutuelle... Le style de Philippe Claudel
est minimaliste, et pourtant que d'émotion il fait passer. En quelques mots,
il fait revivre le pays perdu de Monsieur Linh avec ses rizières, ses
buffles, ses maisons sur pilotis. Puis le cauchemar du départ. Les
personnages sont parfaitement construits, en quelques traits essentiels. Et quand
on arrive à la surprenante fin de l'histoire, que je ne peux vous
dévoiler, on mesure toute l'humanité qu'il y a dans le personnage de
Monsieur Bark! C'est peut-être cela la clé de l'amitié :
accepter l'autre dans sa différence et dans ses bizarreries...
Note : 5/5
(Papillon)
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Beaucoup d'éléments m'ont attirée dans ce roman. D'abord la
dignité de Monsieur Linh, qui inspire le respect. Ensuite la
difficulté d'exprimer la douleur, le regret, la solitude. Exercice difficile
car il est très facile de tomber dans le pathos ou de trop décrire ce
qui ne peut que se vivre dans le silence de l'âme.
Une partie de l'histoire m'a également fait penser à un magnifique
film vu récemment "L'Arc - The Bow" de Kim Ki-Duk, qui relate la difficile
relation entre un homme seul et âgé qui a recueilli une fillette
à l'âge de sept ans et l'élève sur un bateau au milieu
de la mer en attendant qu'elle ait dix-sept ans et qu'il puisse l'épouser.
Difficultés de la relation, de la promiscuité, de
l'incompréhension.
Beaucoup d'émotion dans ce film tout comme dans ce roman de Philippe
Claudel, dans un style assez différent des "Ames grises", ai-je
trouvé, parce que plus intériorisé, témoignant d'une
autre forme de tristesse, plus proche de l'espoir résigné.
Peut-être certaines longueurs, certains passages prévisibles mais
l'écriture demeure belle et fluide, une véritable émotion s'en
dégage. J'ai aimé l'ambiance, le poids de l'incommunicabilité
entre les êtres, celui de la folie douce aussi qui peu à peu se
dégage du récit.
Note : 4/5
(Sahkti)
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