Les âmes grises
(Stock, 2003, 284 pages)
L'histoire : Afin que vous puissiez apprécier ce livre, il faut que
je vous en dise le moins possible! A vingt pages de la fin on ne connaît
toujours pas son dénouement. Première guerre mondiale, une
très petite ville proche de Verdun, quasiment sur la ligne de front.
Le narrateur, que l'on ne parviendra à identifier que lentement, au
fil du récit, nous parle de deux meurtres qui ont eu lieu à
cette période, et de la façon dont on a alors
évacué le problème.
Mon opinion : Voilà un excellent livre à tous les points de
vue, avec un titre vraiment bien adapté. L'écriture est
simple, précise, sensible, et la construction narrative est une
grande réussite: on avance par petite touches, mais plus on en sait
et plus on se pose de questions. L'ambiance de la guerre, les
personnalités des habitants, les rapports entre les gens,... tout
cela est vraiment bien rendu.
Un livre captivant, avec un très bon suspense.
Vivement recommandé!
Note : 5/5
(Nimbus)
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Résumé : Le narrateur dont on apprend l'identité plus
tard raconte ce qu'il sait de ce qu'il appelle l'Affaire qui a eu lieu
pendant la 1ère guerre mondiale dans une petite ville proche du
front.
Mon avis : Un mystère à résoudre qui n'est qu'un leurre
car le véritable intérêt du roman, c'est le narrateur
faisant remonter à la surface les souvenirs les plus pénibles
de son existence en prenant comme point de départ L'Affaire
(un meurtre d'enfant). Parallèlement, il brosse quelques portraits
des personnalités locales de sa ville, il évoque
également les répercussions de la guerre sur la
communauté. On entre dans le récit par l'écriture qui
finit par accrocher. Puis au fil des pages, on se passionne pour la
résolution de l'enquête criminelle jusqu'à ce qu'enfin,
la véritable intrigue du récit soit révélée
dans les derniers chapitres. Un très bon roman bien construit
à découvrir.
Note : 4.5/5
(Chimère)
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J'avoue que j'ai trouvé ce livre un peu ennuyant. Le narrateur
spirale autour des événements, et aborde le mystère de
4 ou 5 approches différentes, ce qui fait qu'à plus de 100
pages passées, on ne sait toujours pas dans quelle direction on
oeuvre, ni quel est le but de l'histoire. C'est une structure qui me
lasse, le style travaillé voile le fait que l'intrigue est somme
toute assez mince. Il me fait vaguement penser à La petite fille qui
aimait trop les allumettes (Gaétan Soucy), et autres romans
testamentaires de ce genre.
Note : 3/5
(Venusia)
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Ce livre, c'est avant tout une ambiance, ambiance de guerre dans un petit
village tout près du front, où juste derrière une butte,
se déroule un des plus grands
carnages de la première guerre mondiale, avec le bruit des canons
qui n'arrête pas ou qui s'arrête brusquement avant de
reprendre..., avec les "feux d'artifice" des obus qui tombent un peu
partout, avec le passage de bataillons de jeunes de vingt ans pleins de
vie, avec le retour de dizaines de charettes par jour de cadavres ou de
corps mutilés, en charpie... c'est l'histoire du narrateur qui va
connaître un drame dans son amour, c'est l'histoire d'un crime que
l'on va juger horriblement, alors qu'à deux pas de là, on
assassine à tour de bras et "légalement"...
"Les âmes grises", c'est tout le monde, c'est nos réactions qui
ne sont jamais claires face à l'innommable... C'est un roman gris,
dérangeant, mais tellement vrai. Quand on voit de nos jours les
immenses cimetières, les restes de tranchées, les paysages et
les forêts déformées par les obus (il en reste encore
beaucoup fichés dans la terre et encore aujourd'hui, il y a des
accidents tous les ans), on ne peut qu'être touché
profondément par ce roman. Il me tarde d'en voir l'adaptation
cinématographique.
Note : 4.5/5
(Chantal)
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Hiver 1917, un petit village à quelques kilomètres du front.
La guerre, on ne la voit pas... on l'entend jour et nuit, on la croise aussi
à travers ces soldats, gueules cassées, blessés, agonisants, ou
jeunes hommes partant au front qui hantent les ruelles boueuses et se saoulent pour
oublier... La guerre, on y pense sans cesse.
Ce roman, c'est avant tout une ambiance, faite de tensions et de non-dits.
C'est aussi une remarquable galerie de portraits : pathétiques,
éteints, lâches profitant du malheur des autres ou traînant leur
misère... Chacun a une histoire, chacun a une souffrance.
Quand la petite Belle de jour est retrouvée morte étranglée,
c'est un drame supplémentaire. C'est un homme qui raconte. Son métier
de policier aidant, il va chercher à comprendre, en douceur, en prenant son
temps. Il écrit ces vies brisées, son secret, ces âmes grises
enfin...
Joséphine : "Les salauds, les saints, j'en ai jamais vus. Rien n'est ni tout
noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est
pareil... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous..."
Ce livre m'a emportée sur le front, dans ce village, la boue grise des rues
collée à mes chaussures. J'ai vu passer devant moi : Joséphine
et sa carriole puante de peaux écorchées, le vieux procureur
solitaire, la jeune institutrice et son sourire, le juge suffisant et
écoeurant, le jeune Breton, la petite Belle de jour.
Quel talent! De la pudeur, de la poésie et en même temps la violence
des sentiments, la tragédie. Ce livre m'a beaucoup touchée et il
résonne encore. Je n'en suis pas sortie. C'est un véritable coup de
coeur. Je n'ai qu'une hâte, lire d'autres romans de cet auteur.
Note : 5/5 (parce que 6/5 ça n'existe pas...)
(Odilette)
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Philippe Claudel, par des petits riens et des scènes sans prétention
arrive parfaitement à restituer l'ambiance de cette période de guerre
et ce qui pouvait traverser les habitants de cette partie de l'est de la France.
Comme ce sentiment de culpabilité parce qu'on a la chance (est-ce une
chance, vraiment?) de travailler dans une usine qui emploie toute la main-d'oeuvre
locale et doit continuer à tourner pendant la guerre, permettant ainsi aux
ouvriers de ne pas rejoindre l'appel. Culpabilité face à ces hommes
bien portants qui partent au combat et reviennent mutilés ou fous, quand ce
n'est pas les deux à la fois.
L'essentiel n'est pourtant pas là. Il nous saisira au détour d'une
révélation, un faits divers monstrueux qui nous est raconté :
le meurtre d'une gamine surnommée Belle de Jour, dont le corps est
retrouvé au bord d'un canal. Un crime non élucidé qui appelle
rumeurs, vengeances et actes meurtriers. Des morts de personnages connus car
décrits par l'auteur, qui peu à peu portent au second plan la mort de
tous ces anonymes de la Grande Guerre. Non pas que leurs décès soient
moins importants que celui de la fillette, mais cette histoire de village nous est
familièrement chère, chacun de nous se retrouve un peu dans les
protagonistes, par leurs défauts, leurs qualités, leurs envies et
leurs frustrations. Pas d'effet de manche, de sensationnel, juste la vie
quotidienne à travers les regards de quelques personnes, suffisant pour nous
donner le plaisir de lire un bon roman sous la plume de Philippe Claudel.
Note : 3/5
(Sahkti)
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Une étude de caractères davantage qu'une intrigue policière.
Tout le long du livre, il est question de victimes et de bourreaux. J'ai
été un peu gênée par certains personnages au
caractère outré : le juge et son alter-ego le colonel,
le "méchant" médecin qui se délecte à l'idée
d'étudier sa victime... A l'inverse, j'ai apprécié cette
peinture des "âmes grises" : le procureur, le narrateur... aux âmes
tourmentées, à la fois victimes et bourreaux.
J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans la première partie du livre
qui me semblait brouillonne, je n'arrivais pas à comprendre où
l'histoire voulait nous mener, la seconde partie est un petit bijou!
Note : 3.5/5 (à cause de la première partie)
(Doriane)
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