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Philippe Claudel

Les âmes grises
(Stock, 2003, 284 pages)

L'histoire : Afin que vous puissiez apprécier ce livre, il faut que je vous en dise le moins possible! A vingt pages de la fin on ne connaît toujours pas son dénouement. Première guerre mondiale, une très petite ville proche de Verdun, quasiment sur la ligne de front. Le narrateur, que l'on ne parviendra à identifier que lentement, au fil du récit, nous parle de deux meurtres qui ont eu lieu à cette période, et de la façon dont on a alors évacué le problème.

Mon opinion : Voilà un excellent livre à tous les points de vue, avec un titre vraiment bien adapté. L'écriture est simple, précise, sensible, et la construction narrative est une grande réussite: on avance par petite touches, mais plus on en sait et plus on se pose de questions. L'ambiance de la guerre, les personnalités des habitants, les rapports entre les gens,... tout cela est vraiment bien rendu.

Un livre captivant, avec un très bon suspense. Vivement recommandé!

Note : 5/5
(Nimbus)
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Résumé : Le narrateur dont on apprend l'identité plus tard raconte ce qu'il sait de ce qu'il appelle l'Affaire qui a eu lieu pendant la 1ère guerre mondiale dans une petite ville proche du front.

Mon avis : Un mystère à résoudre qui n'est qu'un leurre car le véritable intérêt du roman, c'est le narrateur faisant remonter à la surface les souvenirs les plus pénibles de son existence en prenant comme point de départ L'Affaire (un meurtre d'enfant). Parallèlement, il brosse quelques portraits des personnalités locales de sa ville, il évoque également les répercussions de la guerre sur la communauté. On entre dans le récit par l'écriture qui finit par accrocher. Puis au fil des pages, on se passionne pour la résolution de l'enquête criminelle jusqu'à ce qu'enfin, la véritable intrigue du récit soit révélée dans les derniers chapitres. Un très bon roman bien construit à découvrir.

Note : 4.5/5
(Chimère)
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J'avoue que j'ai trouvé ce livre un peu ennuyant. Le narrateur spirale autour des événements, et aborde le mystère de 4 ou 5 approches différentes, ce qui fait qu'à plus de 100 pages passées, on ne sait toujours pas dans quelle direction on oeuvre, ni quel est le but de l'histoire. C'est une structure qui me lasse, le style travaillé voile le fait que l'intrigue est somme toute assez mince. Il me fait vaguement penser à La petite fille qui aimait trop les allumettes (Gaétan Soucy), et autres romans testamentaires de ce genre.

Note : 3/5
(Venusia)
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Ce livre, c'est avant tout une ambiance, ambiance de guerre dans un petit village tout près du front, où juste derrière une butte, se déroule un des plus grands carnages de la première guerre mondiale, avec le bruit des canons qui n'arrête pas ou qui s'arrête brusquement avant de reprendre..., avec les "feux d'artifice" des obus qui tombent un peu partout, avec le passage de bataillons de jeunes de vingt ans pleins de vie, avec le retour de dizaines de charettes par jour de cadavres ou de corps mutilés, en charpie... c'est l'histoire du narrateur qui va connaître un drame dans son amour, c'est l'histoire d'un crime que l'on va juger horriblement, alors qu'à deux pas de là, on assassine à tour de bras et "légalement"...

"Les âmes grises", c'est tout le monde, c'est nos réactions qui ne sont jamais claires face à l'innommable... C'est un roman gris, dérangeant, mais tellement vrai. Quand on voit de nos jours les immenses cimetières, les restes de tranchées, les paysages et les forêts déformées par les obus (il en reste encore beaucoup fichés dans la terre et encore aujourd'hui, il y a des accidents tous les ans), on ne peut qu'être touché profondément par ce roman. Il me tarde d'en voir l'adaptation cinématographique.

Note : 4.5/5
(Chantal)
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Hiver 1917, un petit village à quelques kilomètres du front. La guerre, on ne la voit pas... on l'entend jour et nuit, on la croise aussi à travers ces soldats, gueules cassées, blessés, agonisants, ou jeunes hommes partant au front qui hantent les ruelles boueuses et se saoulent pour oublier... La guerre, on y pense sans cesse.

Ce roman, c'est avant tout une ambiance, faite de tensions et de non-dits. C'est aussi une remarquable galerie de portraits : pathétiques, éteints, lâches profitant du malheur des autres ou traînant leur misère... Chacun a une histoire, chacun a une souffrance. Quand la petite Belle de jour est retrouvée morte étranglée, c'est un drame supplémentaire. C'est un homme qui raconte. Son métier de policier aidant, il va chercher à comprendre, en douceur, en prenant son temps. Il écrit ces vies brisées, son secret, ces âmes grises enfin...

Joséphine : "Les salauds, les saints, j'en ai jamais vus. Rien n'est ni tout noir, ni tout blanc, c'est le gris qui gagne. Les hommes et leurs âmes, c'est pareil... T'es une âme grise, joliment grise, comme nous tous..."

Ce livre m'a emportée sur le front, dans ce village, la boue grise des rues collée à mes chaussures. J'ai vu passer devant moi : Joséphine et sa carriole puante de peaux écorchées, le vieux procureur solitaire, la jeune institutrice et son sourire, le juge suffisant et écoeurant, le jeune Breton, la petite Belle de jour.

Quel talent! De la pudeur, de la poésie et en même temps la violence des sentiments, la tragédie. Ce livre m'a beaucoup touchée et il résonne encore. Je n'en suis pas sortie. C'est un véritable coup de coeur. Je n'ai qu'une hâte, lire d'autres romans de cet auteur.

Note : 5/5 (parce que 6/5 ça n'existe pas...)
(Odilette)
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Philippe Claudel, par des petits riens et des scènes sans prétention arrive parfaitement à restituer l'ambiance de cette période de guerre et ce qui pouvait traverser les habitants de cette partie de l'est de la France. Comme ce sentiment de culpabilité parce qu'on a la chance (est-ce une chance, vraiment?) de travailler dans une usine qui emploie toute la main-d'oeuvre locale et doit continuer à tourner pendant la guerre, permettant ainsi aux ouvriers de ne pas rejoindre l'appel. Culpabilité face à ces hommes bien portants qui partent au combat et reviennent mutilés ou fous, quand ce n'est pas les deux à la fois.

L'essentiel n'est pourtant pas là. Il nous saisira au détour d'une révélation, un faits divers monstrueux qui nous est raconté : le meurtre d'une gamine surnommée Belle de Jour, dont le corps est retrouvé au bord d'un canal. Un crime non élucidé qui appelle rumeurs, vengeances et actes meurtriers. Des morts de personnages connus car décrits par l'auteur, qui peu à peu portent au second plan la mort de tous ces anonymes de la Grande Guerre. Non pas que leurs décès soient moins importants que celui de la fillette, mais cette histoire de village nous est familièrement chère, chacun de nous se retrouve un peu dans les protagonistes, par leurs défauts, leurs qualités, leurs envies et leurs frustrations. Pas d'effet de manche, de sensationnel, juste la vie quotidienne à travers les regards de quelques personnes, suffisant pour nous donner le plaisir de lire un bon roman sous la plume de Philippe Claudel.

Note : 3/5
(Sahkti)
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Une étude de caractères davantage qu'une intrigue policière. Tout le long du livre, il est question de victimes et de bourreaux. J'ai été un peu gênée par certains personnages au caractère outré : le juge et son alter-ego le colonel, le "méchant" médecin qui se délecte à l'idée d'étudier sa victime... A l'inverse, j'ai apprécié cette peinture des "âmes grises" : le procureur, le narrateur... aux âmes tourmentées, à la fois victimes et bourreaux.

J'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans la première partie du livre qui me semblait brouillonne, je n'arrivais pas à comprendre où l'histoire voulait nous mener, la seconde partie est un petit bijou!

Note : 3.5/5 (à cause de la première partie)
(Doriane)

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Philippe Claudel, né, en 1962, agrégé de français, a choisi, après quelques années de lycée, d'enseigner à des enfants handicapés moteur, à la maison d'arrêt de Nancy, puis à l'Université de Nancy II. Il devient en 2004, directeur d'une nouvelle collection de romans chez Stock. "Le pari d'Ecrivains": qui publie 4 fois par an des textes d'écrivains avec pour seule contrainte, que le vin serve de toile de fond ou soit simplement évoqué. Pour "Les âmes grises", il a reçu le prix Renaudot 2003, et le prix des lectrices de Elle 2004.




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